Un survivant de l’Holocauste de 111 ans qui a échappé aux persécutions des nazis et au goulag Soviétique a consacré sa vie à prouver que la neshama, [âme], continue d’exister même lorsque notre corps n’est plus là.

Il a été nommé l’homme vivant le plus âgé le mois dernier.

Alexander Imich, un scientifique occulte, âgé de 111 et 92 jours, a reçu le titre après son prédécesseur, Arturo Licata, décédé en Italie le 24 avril à l’âge de 111 ans et 357 jours — juste avant son 112e anniversaire.

Malgré des coups durs, comme la perte de ses économies en bourse, ou la perte de la majorité de sa vision due à une dégénérescence maculaire, Imich est décrit dans le New York TImes comme un homme fin tel un baton avec un « nombre de cheveux enviable » qui continue de sourire  » les yeux dansants. »

Lorsqu’il n ‘est pas occupé à rassembler des informations sur les fantômes et les esprits, Imich reste fidèle à son patrimoine juif, demandant à son entourage de lui servir des boulettes de matzah, du gefilte fish et de la soupe de poulet — avec du chocolat et de la glace pour le dessert.

Avant de recevoir le titre d’homme le plus vieux du monde, Imich était connu comme pour être l’homme le plus vieux des Etats Unis, ce qui a amené Rabbi Pinny Marozov le directeur du centre Habad de Coney Island à partir à sa recherche un peu plus tôt cette année.

Juste avant son 111e anniversaire, Marozov est venu lui rendre visite à Manhattan après avoir pris connaissance du fait que cette personne âgée juive vivait seule.

Mais Imich se trouvait à l’hôpital de la ville Roosevelt après avoir fait une chute. Marozov l’a retrouvé et l’a aidé à mettre les tefillin, promettant de revenir à son appartement pour fixer une mezouzah sur l’encadrement de sa porte.

Les racines juives de Imich remontent très loin : il est né dans une riche famille juive en Pologne en 1903, presque quatre décennies avant que la guerre ne change à jamais la vie juive dans le pays.

Il a annoncé au New York Times qu’il pouvait encore se rappeler le jour où une voiture à pour la première fois traversé son village à Czestochowa, dans le sud de la Pologne.

Son père, qui possédait une entreprise de décoration, était aussi un amateur d’aviation. Il a construit une piste d’atterrissage pour les avant-gardistes passionnés d’aviation de l’époque. De la même manière, son fils, qui réside maintenant à New York, considère que l’avion est la plus grande invention de son vivant.

Ayant grandi à Czestochowa, Imich n’aurait pu savoir que sa vie aurait pris un tournant inattendu : depuis le sud de la Pologne à travers l’Union soviétique, puis vers l’Ouzbékistan, pour finalement s’installer à Manhattan.

Mais il a été amené par la marée turbulente de l’histoire européenne d’une guerre à l’autre, d’un pays à l’autre, jusqu’à ce qu’il prenne finalement ses marques aux États-Unis.

Lorsqu’il n’avait que 15 ans, Imich s’est battu lors de la Première guerre à laquelle il a participé, durant le conflit polonais-soviétique de 1919-1921.

Lorsque la guerre fut finie, le jeune écolier transformé en soldat voulut rester et devenir capitaine dans l’armée navale polonaise, mais on l’en empêcha car il était juif.

“Je décidais de devenir zoologue et de voyager dans des pays exotiques en Afrique,” a-t-il annoncé au New York Times. Mais après qu’il eût l’impossibilité d’avancer en zoologie, il devint professeur de chimie et développa une fascination avec l’occulte et les séances de spiritisme.

Cependant, l’éruption de la Seconde Guerre mondiale fit interrompre ses études et l’apparition d’un danger grave pour la communauté importante de 4 millions de Juifs en Pologne se fit plus vif.

En 1939, lorsque la Pologne fut envahie par les nazis, Imich prit la fuite avec sa seconde épouse, Wela, pour atteindre Bialystok, lorsque celle-ci tomba sous domination soviétique.

Le couple fut envoyé dans un goulag pour avoir refusé de prendre la nationalité soviétique.

Par inadvertance, cela a pu être le moment qui leur a sauvé la vie. Bialystok était occupée par les nazis en 1941, et ses 50 000 Juifs étaient entassés dans un petit ghetto de la ville.

Beaucoup de ceux qui ont survécu aux conditions du ghetto furent transportés aux camps de la mort de Treblinka et de Majdanek, où ils étaient systématiquement tués.

Pendant ce temps, Alexander et Wela, étaient en territoire soviétique, loin des nazis. Après deux ans dans le camp proche de la Scandinavie, le couple fut envoyé par bateau à Samarcande (Ouzbékistan). Finalement, ils furent autorisés à retourner en Pologne.

Mais, alors qu’ils étaient sur le point de terminer leur long périple depuis l’Asie centrale, ils comprirent que la majorité de leurs familles et amis étaient morts dans l’Holocauste.
En 1952, la famille quitta la destruction et le chaos qui régnaient en Pologne et déménagea aux Etats-Unis, s’installant au Connecticut puis à New York.

Aux Etats-Unis, Wela travailla en tant que psychologue; son travail inspira Imich qui abandonna la chimie et se plongea dans la parapsychologie, tout en continuant à écrire des livres sur les phénomènes paranormaux pour les scientifiques et le grand public.
Après la mort de Wela en 1986, Imich continua à étudier les sciences occultes.

Il fut un académicien actif dans ses vieux jours, recevant même un prix pour sa recherche en parapsychologie et établissant le Centre de Recherche des Phénomènes Anormaux dans le but de démontrer l’existence des phénomènes paranormaux.

En 1995, à l’âge de 92 ans, il publia Les Contes incroyables du Paranormal, continuant ses efforts infinis pour prouver aux scientifiques que la “neshama,” le terme juif qui désigne l’âme, survit à la mort physique.

L’illusioniste Uri Geller, un prétendu médium qui rencontra Imich en 1972 après avoir quitté Israel pour les Etats-Unis, déclara à la presse juive que le livre d’Imich était “le livre le plus fascinant et le moins commun qu’il n’ait jamais lu dans son domaine: l’inconnu, avec l’appui de nombreux témoignages.”

“Je le considère comme un génie,” a dit Geller. “Ma seule explication pour sa longévité est qu’il connaît le secret qui permet d’extraire de l’énergie pure depuis l’Univers et depuis l’au-delà. »

Conversant avec le New York Times depuis son appartement dans l’Upper West Side, Imich, qui souffre de divers problèmes de santé, et se trouvait à l’hopital lorsque le titre lui a été discerné, semblait nonchalant concernant son vieil âge et son nouveau titre.

“Ce n’est pas comme si c’était le prix Nobel,” a-t-il dit, en sifflant et en faisant des pauses.

Interrogé sur le secret de sa longévité, Imich a répondu qu’un combinaison de « bons gènes », l’arrêt de la cigarette, le fait d’éviter l ‘alcool et de rester physiquement actif- il était autrefois un gymnaste ,a-t-il dit, et un bon – et ne pas avoir eu d’enfants a sans doute contribué à le faire accéder à un âge si avancé.

Il a ajouté qu’il mangeait de façon modérée et que le chocolat et la glace étaient sa nourriture favorite.

“Je n’aurais jamais pensé être si vieux,” a-t-il déclaré au journal.

En 2005, Il a indiqué au Life Extension magazine que son père, qui voulait être un docteur mais qui fut poussé à tenir l’entreprise familiale, lui avait appris à adopter un style de vie de manière à préserver sa santé qui incluait de l’exercice journalier.

Bien qu’il soit l’homme le plus vieux du monde, Imich n’est pas la personne la plus vieille au monde : celle-ci serait plutôt Misao Okawa âgé de 116 ans qui vit au Japon.

Outre Okawa, il existe 66 femmes dans le monde qui sont plus âgées qu’Imich.