Alors que les bombes continuent de tomber sur Alep, la journaliste israélienne Lucy Aharish est passée de l’hébreu à l’anglais le temps d’une émission sur la Deuxième chaîne jeudi, pour lancer un message redoutable aux téléspectateurs du monde entier.

« À Halab, en Syrie, à seulement huit heures de route de Tel Aviv, il y a un génocide qui a lieu », a dénoncé Aharish, la première présentatrice arabe des informations d’Israël, en utilisant la prononciation arabe pour Alep.

« Vous savez quoi ? Permettez-moi d’être plus précise : c’est un holocauste. Oui, un holocauste. Peut-être que nous ne voulons pas entendre, ni nous en préoccuper, qu’au 21e siècle, à l’ère des réseaux sociaux, dans un monde où l’information arrive dans le creux de notre main, dans un monde où l’on peut voir et entendre les victimes et leurs histoires sur les horreurs en temps réel – dans ce monde, nous sommes debout et nous ne faisons rien alors que les enfants sont abattus à chaque instant ».

Aharish a nommé plusieurs pays européens et les Etats-Unis et les a accusés de « ne rien faire » alors que des civils mourraient. Elle a accusé les Nations unies d’ « hypocrisie » pour avoir organisé des réunions et de s’être « essuyé les larmes quand ils voient l’image d’un père tenant le corps de sa petite fille ».

« J’ai honte en tant qu’être humain, car nous avons choisi des leaders incapables d’être éloquent dans leur condamnation et puissants dans leur action », a-t-elle déploré. « J’ai honte parce que le monde arabe a été pris en otage par des terroristes et des meurtriers et parce que nous ne faisons rien. J’ai honte parce que la majorité pacifique de l’humanité est à nouveau insignifiante ».

Des Syriens quittent un quartier d'Alep tenu par les rebelles pour la partie sous contrôle gouvernementale pendant une opération des forces du gouvernement syrien pour reprendre la ville assiégée, le 13 décembre 2016. (Crédit : Karam al-Masri/AFP)

Des Syriens quittent un quartier d’Alep tenu par les rebelles pour la partie sous contrôle gouvernementale pendant une opération des forces du gouvernement syrien pour reprendre la ville assiégée, le 13 décembre 2016. (Crédit : Karam al-Masri/AFP)

Au cours de la vague d’attaque au couteau de l’année dernière en Israël, Aharish, qui a grandi à Dimona, a tenu un discours contre les dirigeants arabes israéliens qui a suscité des réactions polarisées à travers les différentes communautés d’Israël.

« Les dirigeants arabes… ajoutent du feu à l’ambiance [explosive] au lieu de comprendre qu’une fois que cela va se calmer, nous serons ceux qui en paieront le prix », avait-elle déclaré en octobre 2015.