L’Union des organisations islamiques de France (UOIF), proche de la confrérie des Frères musulmans, a dit avoir découvert avec « stupeur et colère » sa présence sur une liste d' »organisations terroristes » établie par les Emirats arabes unis.

Cette liste publiée samedi par cet Etat participant à la coalition internationale anti-djihadistes menée par Washington recense 83 groupes, basés pour la plupart en Syrie.

Al-Qaïda, l’organisation Etat islamique (EI), la confrérie des Frères musulmans et ses diverses déclinaisons dans le monde y figurent.

« C’est avec stupeur et colère que l’UOIF a découvert qu’elle figurait dans une liste d’organisations qualifiées de terroristes par les autorités politiques des Emirats arabes unis », indique mardi l’organisation française sur sur site internet.

« Plusieurs autres organisations musulmanes occidentales sont également injustement listées », poursuit le communiqué, qui cite le Conseil des relations américano-islamiques (Cair), l’ONG internationale Islamic Relief ou encore la Fédération des organisations islamiques en Europe (FOIE), toutes proches ou issues des Frères musulmans.

« Cette qualification, aussi insultante que ridicule, porte atteinte non seulement aux musulmans de France et à leurs institutions représentatives mais aussi à notre pays et à son image dans le monde », estime l’UOIF, qui « étudie toutes les voies et se réserve le droit d’agir afin d’obtenir réparation ».

L’UOIF, qui revendique 250 associations membres dont des gestionnaires de mosquées, est l’une des principales organisations structurant le paysage musulman français.

Si elle ne participe plus aux instances dirigeantes du Conseil français du culte musulman (CFCM), l’instance représentative de la première communauté musulmane d’Europe (4 à 5 millions de membres), l’UOIF organise chaque année au Bourget, près de Paris, un événement présenté comme le plus gros rassemblement musulman du monde occidental, avec plus de 150 000 visiteurs.

Ces dernières semaines, l’organisation française a condamné à plusieurs reprises les agissements du groupe EI, signant un « appel des musulmans de France » à son encontre et fustigeant la « déportation de chrétiens en Irak ».

Dans un communiqué, la présidente du parti d’extrême droite Front national Marine Le Pen a, elle, « réitéré sa demande de dissolution » de l’UOIF, évoquant « la dangerosité d’une organisation qui défie en permanence la République et encourage à la radicalisation », et qui « représente la mouvance intégriste de l’islam en France ».