Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche envisager de faire interdire le Mouvement islamique en Israël, considéré comme proche du Hamas à qui Israël impute l’enlèvement de trois israéliens le 12 juin, a t-on appris dans un communiqué.

« Le Mouvement islamique prêche constamment contre l’Etat d’Israël et ses membres reconnaissent publiquement leur parenté avec des organisations terroristes comme le Hamas », a déclaré dimanche le Premier Ministre, annonçant qu’il avait demandé « aux autorités compétentes d’envisager de déclarer illégale la ‘branche nord’ du Mouvement islamique », basé à Nazareth et Oum al-Fahm (nord d’Israël).

Cette décision intervient après une manifestation vendredi à Oum al-Fahm, l’une des principales villes arabes d’Israël, contre l’opération militaire en Cisjordanie lancée le 12 juin après l’enlèvement de trois Israéliens près d’un bloc de colonies.

Selon le Premier ministre israélien, des dirigeants arabes israéliens ont publiquement appelé à l’enlèvement de soldats durant ce rassemblement.

« En général, c’est la +branche nord+ du Mouvement islamique qui est derrière ce genre de manifestations et d’appels » a estimé le Premier ministre israélien, ajoutant que « la plupart des Arabes israéliens ne cautionnent pas ces prises de position » et appelant les dirigeants de la minorité arabe en Israël à condamner ces appels à la violence.

« Nous n’avons pas peur de ces menaces », a rétorqué le Mouvement islamique dimanche dans un communiqué qui fustige « l’entêtement aveugle » de M. Netanyahu à le délégitimer.

Le Mouvement islamique est une organisation légale en Israël mais étroitement surveillée. Une de ses factions est soupçonnée d’être en contact avec le mouvement islamiste palestinien Hamas, qui contrôle sur le plan sécuritaire la bande de Gaza.

Le chef de la « branche nord » du Mouvement islamique, le cheikh Raëd Salah, emprisonné à plusieurs reprises, s’est vu interdire de quitter le territoire pour des « raisons de sécurité » depuis le 18 juin.

La communauté des Arabes israéliens, descendants des 160.000 Palestiniens restés sur leur terre après la création d’Israël en 1948, compte aujourd’hui plus de 1,4 million de personnes, soit 20% de la population totale. Elle souffre de discriminations, notamment en matière d’emploi et de logement.