WASHINGTON – Le président Barack Obama a rassemblé les partisans de l’accord sur le nucléaire iranien lors d’une conférence téléphonique jeudi soir, les exhortant à faire entendre leur voix dans le but de convaincre le Congrès de ratifier l’accord.

Selon les participants à l’appel, le président a mis en garde ses interlocuteurs, qui comprenait des membres d’un certain nombre d’organisations progressistes et anti-prolifération, qu’ils luttaient contre 20 millions dollars dépensés en spot publicitaires destinés à influencer le Congrès contre l’accord.

Les responsables de la Maison Blanche ont énuméré un certain nombre de groupes dont les supporters ont participé à la conférence téléphonique, y compris Americans United for Change et MoveOn.org, et le projet Truman, mais il y avait aussi un certain nombre d’autres organisations comme J Street.

Pendant la conversation, Obama a appelé à plusieurs reprises établis le parallèle entre l’examen en cours du Congrès de l’accord avec l’Iran et l’approche de l’implication, très impopulaire, en Irak, en expliquant : « certaines des mêmes forces qui nous ont mis en Irak » sont maintenant activement en campagne pour faire annuler l’accord controversé. Obama a ajouté que l’un de ses principaux objectifs en tant que président, en plus de la non-prolifération des armes nucléaires, était de « mettre fin à la guerre en Irak, mais aussi de mettre fin à l’état d’esprit qui nous a impliqué dans la guerre ».

Le président a parlé de l’accord en lui-même, faisant valoir : « Je suis absolument convaincu que cela est non seulement la meilleure [solution] dans une série de mauvaises solutions, mais en fait c’est une très bonne affaire dont nous devrions être fiers et qui réalise les objectifs de sécurité critiques, non seulement pour nous, mais pour nos alliés et le monde, y compris Israël ».

Mais quand bien même Obama a consacré son temps à aborder les points de discussion de l’administration, en expliquant pourquoi l’accord était si efficace – et renforçait son engagement envers la sécurité d’Israël – son message final était plus un appel aux armes.

Le président a demandé aux militants de s’opposer à ceux qui étaient contre l’accord en leur demandant ce qu’ils auraient fait mieux ou différemment, tout en jetant le doute sur les motivations de ceux qui mènent l’opposition à son initiative historique en politique étrangère.

« Tous les arguments mis en avant avec cet accord sont inexacts ou présupposent que c’est ce que nous aurions dû faire si nous devions négocier pour obtenir un accord dans lequel l’Iran renonce à toute possibilité de paix pour obtenir une puissance nucléaire », a déclaré Obama, disant que cet un accord n’a existé que « dans les rêves ».

« Il n’y a pas un expert qui suggère que l’Iran aurait accepté cela », a-t-il soutenu. « Dans le monde réel, c’est un accord qui fait le travail ».

« Ce que vous avez à dire est que l’Iran ne ferait pas cela, et la seule façon de le faire est effectivement si nous devions aller à la guerre », a-t-il ajouté.

Obama a averti que le Congrès pourrait être influencé par les « 20 millions de dollars de publicité payées par des lobbyistes » – un chiffre qu’il a répété tout au long de la conversation. Ce montant est identique au montant que le American Israel Public Affairs Committee [lobby juif américain AIPAC] aurait été prêt à consacrer à ses efforts pour s’opposer à l’accord au cours de la période d’examen du Congrès.

J Street a récemment déclaré que ce serait son budget pour soutenir l’accord, mais le montant total représente moins de 20 % du budget total de l’AIPAC investi pour s’opposer à l’accord.

Le Congrès devrait voter en septembre soit une résolution d’approbation ou soit une résolution de désapprobation à l’accord sur le nucléaire.

Obama a promis d’imposer son veto sur la désapprobation, et la Maison Blanche doit veiller à ce qu’au moins un tiers des membres de l’une des deux Chambres vote en faveur de l’accord afin de soutenir le veto présidentiel.

Obama a critiqué « les journalistes et les anciens fonctionnaires de l’administration qui sont responsables de nous avoir impliqué dans la guerre en Irak et qui ont fait ces mêmes affirmations en 2002-2003 sur l’Irak ».

Le même thème a été utilisé à plusieurs reprises pour rallier les interlocuteurs et les pousser à agir.

« Vous allez voir les mêmes forces, qui nous ont mis dans la guerre en Irak, nous mèner loin de l’occasion d’avoir une solution diplomatique, » a averti à nouveau Obama.

Il a exhorté les participants à appeler les membres du Congrès pour qu’ils rendent public leur soutien politique à l’accord, en sous-entendant que dès maintenant les voix les plus fortes entendues étaient celles qui s’y opposaient.

« L’une des frustrations que j’ai toujours eues à propos de la guerre en Irak est que tout le monde est devenu vraiment actif et vraiment médiatique après qu’il eut été trop tard », a-t-il déploré.

Obama a noté que, contrairement à la période qui a précédé la guerre en Irak, « l’avantage est que nous avons maintenant un président dans le Bureau ovale qui est de votre côté », mais il a ajouté un avertissement : « aussi important soit mon poste, cela ne suffit pas ».

« Quand vous avez un tas de gens qui signent de gros chèques pour les campagnes politiques, et les milliardaires qui donnent au super PAC (le comité d’action politique)… cette opportunité pourrait éclipser », a-t-il conclu.