Le pape François a rencontré dimanche le patriarche orthodoxe de Constantinople Bartholomée à la basilique du Saint-Sépulcre à Jérusalem, pour une rencontre œcuménique historique en faveur de l’unité des chrétiens, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Les chefs catholique et orthodoxe venaient de signer une déclaration commune appelant à progresser dans le rapprochement entre leurs Eglises, près de dix siècles après le grand schisme qui les a séparées.

Bartholomée Ier, le patriarche orthodoxe de Constantinople, que le pape François rencontre dimanche à Jérusalem, est le chef spirituel des orthodoxes, la troisième confession chrétienne dans le monde.

Bartholomée et François se sont déjà rencontrés en mars 2013, à l’occasion de l’intronisation du nouveau souverain pontife au Vatican.

Ce dialogue œcuménique marquera une nouvelle étape dans le rapprochement entre catholiques et orthodoxes, 50 ans après le sommet historique à Jérusalem entre le pape Paul VI et le chef de l’Eglise orthodoxe de l’époque, Athénagoras.

Le logo du Vatican pour le pèlerinage de François dépeint d’ailleurs une accolade entre Pierre et son frère André, les premiers disciples qui représentant les mondes catholique et orthodoxe, sur une barque naviguant sous la devise « Qu’ils soient un ».

Les chrétiens « n’ont pas d’autre alternative que de poursuivre ce chemin de la réconciliation et de l’unité », a affirmé Bartholomée samedi dans l’Osservatore Romano, le quotidien du Vatican, en qualifiant sa rencontre avec François d' »événement d’une grande importance ».

Le patriarche de Constantinople, devenue Istanbul, exerce une primauté honorifique et historique sur les autres patriarches du monde orthodoxe.

Il est « primus inter pares »: cela ne lui donne pas le droit d’intervenir dans les affaire religieuses des autres Eglises orthodoxes mais lui confère une préséance spirituelle et protocolaire, que lui contese cependant le patriarche de Moscou.

Dans l’orthodoxie, il existe 14 Eglises autocéphales: patriarcat d’Antioche et de tout l’Orient, patriarcat d’Alexandrie et toute l’Afrique, patriarcat de Moscou et de toute la Russie, etc.

L’Eglise orthodoxe de Constantinople observe le rite byzantin et sa langue liturgique est le grec.

Le patriarche de Constantinople a une autorité directe sur les rares orthodoxes de Turquie, gère des territoires grecs (Mont Athos, Patmos, îles du Dodécanèse, Crète), ainsi que les communautés de la diaspora grecque en Amérique, Europe occidentale et Océanie.

Cet ensemble représente environ 3,5 millions de fidèles.

Le rôle religieux de Constantinople remonte à l’empereur Constantin qui a fait en 313 du christianisme la religion officielle de l’Empire d’Orient et de Constantinople sa capitale, jusqu’à ce que le schisme de 1054 ne divise la chrétienté.