Roger Waters, critique virulent d’Israël, a répliqué lundi au rocker australien Nick Cave, qui a déclaré qu’il avait décidé de faire des concerts dans l’État juif cette semaine pour résister aux critiques de l’ex-leader de Pink Floyd et prendre position contre les militants du boycott d’Israël.

Waters et d’autres musiciens qui soutiennent le boycott d’Israël ont publié une déclaration blâmant Cave pour avoir donné deux concerts en Israël dimanche et lundi, tous deux se jouant à guichets fermés.

« Nick, avec tout le respect que je vous dois, votre musique est sans rapport avec cette question, tout comme la mienne, ainsi que celle de Brian Eno, celle de Beethoven, ce n’est pas une question de musique, c’est une question de droits de l’Homme ».

Lors d’une conférence de presse dimanche, avant son premier concert, Cave a parlé de son amour pour Israël et de sa décision de s’opposer au BDS.

« Si vous venez ici, » dit-il, « vous devez subir l’humiliation publique de Roger Waters et de ses partenaires et personne ne veut s’embarrasser publiquement ».

Waters a en effet attaqué Cave, l’accusant d’une « arrogante indifférence » et d’une « implacable indifférence » devant la détresse des Palestiniens.

« Si à un moment donné, vous voulez sortir du noir, » dit-il, « tout ce que vous avez à faire est d’ouvrir les yeux, nous, BDS, serons ici pour vous accueillir dans la lumière. »

Waters qui est bassiste et chanteur, mais aussi un critique d’Israël, est connu pour harceler publiquement les artistes qui doivent se rendre dans l’état juif ou y jouer.

En 2013, l’Anti-Diffamation League (ADL), qui avait déjà défendu Waters contre des accusations d’antisémitisme, a reconnu que les « théories de conspiration antisémites » s’étaient « infiltré dans la totalité » des opinions de l’ancien leader des Pink Floyd.

Brian Eno, qui est devenu célèbre avec Roxy Music dans les années 1970, était un peu plus mesuré dans sa réponse à Cave.

Le musicien et compositeur britannique Brian Eno. (Crédit : CC-BY-2.0 / cosciansky / Wikimedia)

Il a noté une affinité avec Israël. « En fait, je partage un anniversaire avec Israël : moi aussi je suis né le 15 mai 1948. C’est une coïncidence aléatoire, mais c’est peut-être en partie pour ça que je suis prédisposé à [éprouver de] la sympathie et [de] l’admiration pour le pays, mais aussi pour ses réalisations techniques, intellectuelles et sociales, » a-t-il écrit.

« J’admire encore toutes ces choses, mais, alors que j’apprends davantage sur la situation méprisable que les ambitions israéliennes ont créée pour les Palestiniens, je ressens une crainte grandissante. Pour moi, il semble qu’Israël s’enfonce dans un trou profond et sombre, où il se trouvera sans doute aux côtés de Trump et d’autres nationalistes du monde entier. »

Cave avait dit qu’Eno était directement responsable de sa décision de jouer à Tel Aviv.

Nick Cave, chanteur de rock australien. Illustration.(Crédit : Alterna2/CC BY/Wikipedia)

« Pendant 20 ans, j’ai dit : ‘Laissons tomber’, a déclaré M. Cave à propos des projets de venir en Israël. « Il y a quelques années, Brian Eno m’a envoyé une lettre et m’a demandé de signer pour exclure Israël, et j’ai envoyé une lettre disant que je ne signerais pas. J’ai compris que je ne signerais pas mais je ne ferais pas non plus de concerts en Israël – et cela me semblait être une peur. Alors j’ai appelé mon groupe et j’ai demandé à ce qu’on se produise en Israël. »

Cave a dit : « Il est soudainement devenu très important de prendre position, contre moi, contre ceux qui tentent d’arrêter les musiciens, d’intimider les musiciens, de censurer les musiciens et de faire taire les musiciens. »

Cave a expliqué qu’il était en Israël pour deux raisons : « J’aime Israël et j’aime les Israéliens », a-t-il dit, et il voulait prendre « une position de principe contre quiconque tente de censurer et de faire taire les musiciens. Donc vraiment, vous pourriez dire, d’une certaine manière, que le BDS m’a fait venir jouer en Israël. »