WASHINGTON – Les États-Unis avaient l’intention de s’abstenir de voter jeudi sur la résolution rédigée par l’Égypte au Conseil de Sécurité des Nations unies, qui condamne les implantations israéliennes, selon NBC News.

Des sources ont confirmé à la chaîne de télévision que les États-Unis comptaient renoncer à leur droit de veto et allaient permettre au vote de se dérouler avant que le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi ne demande un délai supplémentaire, apparemment à cause de pressions exercées de la part de la diplomatie israélienne.

La résolution, qui imposerait à Israël de stopper son activité dans les implantations en Cisjordanie et à Jérusalem Est, devait être soumise au vote jeudi après-midi.

Le Secrétaire d’État américain John Kerry avait l’intention de délivrer un discours élaboré pour expliquer le raisonnement des États-Unis et la raison pour laquelle une telle position a été adoptée, ce qui aurait marqué une rupture par rapport à la politique américaine qui consiste à opposer son veto aux résolutions unilatérales de la communauté internationale à l’encontre d’Israël.

Plusierus diplomates et politiques occidentaux ont affirmé que les Égyptiens ont repoussé ce vote à cause d’une pression israélienne.

L’Égypte, le premier pays arabe à avoir fait la paix avec Israël, a rencontré les diplomates de la Ligue arabe pour revoir les textes. Les diplomates ont déclaré qu’il n’y avait pas de calendrier dans lequel inscrire le vote, et qu’il pourrait être repoussé indéfiniment.

« Le retard du vote est une étape importante, mais nous nous rendons compte que cette question n’est pas encore résolue. Nous continuons nos efforts diplomatiques sur tous les fronts pour faire en sorte que cette résolution honteuse ne passera pas au Conseil de sécurité, » a déclaré l’envoyé israélien à l’ONU, Danny Danon.

Juste avant que le report du vote ne soit annoncé, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a appelé les États-Unis à opposer son veto à la résolution.

Dans une déclaration en vidéo, le Premier ministre israélien a imploré l’administration Obama à « se lever aux Nations unies et à opposer un veto aux résolutions anti-Israël », en mettant en avant « l’un des piliers de l’alliance entre les États-Unis et Israël. »

« J’espère que les États-Unis n’abandonneront pas cette politique », a-t-il dit.

« J’espère qu’ils appliqueront les principes du président Obama dans son discours à l’ONU en 2011 : la paix ne viendra pas grâce aux résolutions de l’ONU, mais seulement par des négociations directes entre les parties. Et c’est pourquoi cette résolution proposée est mauvaise. Elle est mauvaise pour Israël; mauvaise pour les États-Unis et mauvaise pour la paix. »

Plus tôt dans la journée, le président-élu Donald Trump a également donné son avis, en disant que cette résolution « est extrêmement injuste » vis-à-vis des israéliens.