Le ministre de l’Energie Yuval Steinitz a déclaré lundi qu’Israël est prêt à continuer à soigner les victimes de la guerre en Syrie mais que le pays n’accueillera incontestablement plus de réfugiés.

Le ministre a cité les raisons de ce positionnement durant un entretien accordé à la radio israélienne. Il estime notamment que l’intégration de Syriens pourrait amener l’Autorité palestinienne à renouveler sa demande qu’Israël accueille des Palestiniens de Syrie.

« On doit faire la différence entre les deux choses » a expliqué Steinitz. « Soigner les blessés est une chose, donner la citoyenneté à des civils est complètement autre chose ».

Depuis 2013, Israël a pris en charge 3 000 blessés syriens qui ont traversé la frontière pour y recevoir des traitements médicaux dans des hôpitaux de terrains spéciaux ou dans des centres médicaux israéliens.

Cette politique de prise en charge médicale des Syriens blessés continuera et, si possible, Israël accueillera des enfants blessés originaires d’Idlib, cette province du nord du pays entre les mains des rebelles qui a été bombardée par les avions de guerre du régime d’Assad, a ajouté Steinitz. Plus de 80 personnes sont décédées dans l’attaque, dont 27 enfants. De nombreuses victimes montraient les symptômes d’une exposition au gaz sarin chimique.

« C’est un détail technique et seulement un détail technique [d’étendre les efforts humanitaires pour y intégrer] les enfants blessés en provenance d’Idlib, que ce soit par des armes chimiques ou autres. C’est notre politique », a déclaré Steinitz qui a noté qu’Idlib est bien plus reculé sur le territoire syrien que les zones frontalières dont les blessés provenaient majoritairement jusqu’à aujourd’hui.

Un enfant syrien inconscient transporté à l'hôpital de Khan Sheikhun, une ville tenue par les rebelles de la province d'Idleb, après une attaque au gaz toxique, le 4 avril 2017. (Crédit : Omar Haj Kadour/AFP)

Un enfant syrien inconscient transporté à l’hôpital de Khan Sheikhun, une ville tenue par les rebelles de la province d’Idleb, après une attaque au gaz toxique, le 4 avril 2017. (Crédit : Omar Haj Kadour/AFP)

Une réunion du cabinet sécuritaire organisée dimanche s’est penchée sur une proposition visant à faire venir au sein de l’état juif des enfants syriens blessés lors de l’attaque de la semaine dernière pour y être pris en charge au niveau médical.

Cette proposition – avancée par le ministre des Renseignements israéliens Yisrael Katz — a reçu le soutien de tous les membres du cabinet à l’exception du ministre de la Défense Avigdor Liberman, selon les médias israéliens.

Liberman et l’establishment chargé de la sécurité devraient s’opposer à cette initiative en raison des difficultés que poseront une coordination avec la Turquie, pays où sont actuellement soignés de nombreux blessés.

Mais Steinitz s’est montré inflexible en affirmant que les Syriens ne feront que recevoir des traitements adéquats en Israël et ne bénéficieront en aucun cas d’un octroi de citoyenneté.

« Il y a suffisamment de pays dans le monde qui peuvent prendre des réfugiés comme citoyens », a-t-il expliqué.

Israël s’inquiète également sur le fait qu’une telle démarche ne ravive la demande émanant des leaders palestiniens d’accueillir des Palestiniens de Syrie. Israël avait accepté de le faire dans le passé à la condition que les Palestiniens concernés abandonnent leur revendication au « retour » au sein des frontières israéliennes. Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas avait refusé la demande israélienne et aucun accord n’avait permis aux Palestiniens de Syrie de venir en Israël.

« De notre point de vue, nous ne sommes pas un pays ordinaire. Les Palestiniens tentent constamment de faire venir des habitants palestiniens et arabes ici, en Israël », a ajouté Steinitz.

« Le monde est grand. Faire entrer des Syriens blessés, sans aucun doute, oui. Faire rentrer des résidents en provenance de la Syrie, sans aucun doute, non ».

Steinitz a également salué la frappe aérienne américaine vendredi survenue suite à l’attaque aux armes chimiques à Idlib, disant qu’elle avait montré aux dictateurs du monde entier qu’ils ne pourraient pas utiliser impunément d’armes conventionnelles sur les civils.

« Cette frappe a envoyé un message clair : Que tous les dictateurs, et certainement Assad, que tous les dictateurs qui utilisent des armements non-conventionnels contre des civils paieront un lourd tribut. Et c’est un message très important, pas seulement pour Assad, mais également pour l’Iran et la Corée du nord, et pour tous les autres dictateurs dans le monde. »

Des Egyptiens fuient le site d'un attentat terroriste dans une église copte d'Alexandrie, en Egypte, le jour du dimanche des Rameaux, le 9 avril 2017. (Crédit : AFP/STRINGER)

Des Egyptiens fuient le site d’un attentat terroriste dans une église copte d’Alexandrie, en Egypte, le jour du dimanche des Rameaux, le 9 avril 2017. (Crédit : AFP/STRINGER)

Steinitz a également appelé la communauté internationale et en particulier les Etats Unis et la Russie à terminer le travail commencé en 2013 de débarrasser la Syrie de ses stocks d’armes chimiques.

Il a également vivement recommandé qu’un soutien international soit accordé au président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi pour permettre la stabilisation économique et sécuritaire de son pays.

Dimanche, des cellules issues de l’état islamique en Egypte ont fait au moins 43 morts et environ 100 blessés lors de deux explosions simultanées à l’occasion de la messe du dimanche des Rameaux dans deux églises coptes chrétiennes du nord de l’Egypte. C’est la dernier d’une série d’attentats commis par des groupes djihadistes, qui ont tué des centaines de civil et de membres des services de sécurité dans le pays.

« Nous sommes très intéressés, comme tout le monde libre et raisonnable, par le fait que la situation en Egypte se stabilise et que l’Egypte puisse sortir de la situation compliquée dans laquelle le pays se trouve. Si l’Egypte s’effondre, cela sera un danger non seulement pour Israël et le Moyen orient mais aussi pour l’Europe ».

Les agences de presse et l’équipe du Times of Israël ont contribué à cet article.