Une femme israélo-canadienne qui s’est rendue en Irak pour combattre aux côtés des Kurdes ce mois-ci aurait été enlevée par des combattants de l’Etat islamique, ont rapporté les médias israéliens dimanche, citant des médias syriens liés aux djihadistes.

Gill Rosenberg, 31 ans, aurait été capturée par les djihadistes près de la ville de Kobani au cours des derniers jours, selon des rapports. L’ancienne soldate de Tsahal native du Canada aurait été enlevée après que les djihadistes aient perpétré trois attentats-suicides dans la région, et son état demeure inconnu.

Les rapports n’ont pas été confirmés par l’Etat islamique. En Israël, le ministère des Affaires étrangères a fait savoir qu’il était à la recherche de rapports tout en soulignant que les sites qui donnaient des informations étaient « de crédibilité douteuse. »

Deux combattants kurdes cités par Kol Israel ont jeté un doute sur les rapports. L’un des deux, un combattant américain, a fait savoir que Rosenberg ne s’est jamais rendue à Kobani. Un autre soldat sur le terrain a affirmé qu’il n’avait rien entendu au sujet d’un enlèvement présumé.

Dans son dernier message Facebook à jour, Rosenberg a écrit le 20 novembre que quelqu’un avait « managé » la gestion de son profil pendant deux semaines, et a demandé que les gens ne lui envoient pas de messages « car ce n’est pas moi. »

L’EI a lancé samedi une attaque sur la ville frontalière de Kobani entre la Turquie et la Syrie. L’assaut a commencé quand un kamikaze au volant d’un véhicule blindé a fait exploser un engin sur la frontière entre Kobani et la Turquie, ont déclaré l’Observatoire syrien pour les droits de l’homme (OSDH) basé en Grande-Bretagne ainsi que Nawaf Khalil, un porte-parole du puissant Parti démocratique kurde.

L’Etat islamique a revendiqué trois attentats suicides à proximité du passage frontalier de Kobani.

Première femme étrangère à rejoindre les forces kurdes, Gill Rosenberg a quitté son domicile de Tel Aviv le 2 novembre et s’est arrêtée à Amman avant de s’envoler à Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan d’Irak.

Rosenberg a dit à Kol Israel qu’elle voulait apporter son concours à la lutte nationale kurde, et qu’elle avait bon espoir que son expérience dans l’armée israélienne serait utile aux Kurdes. Selon sa page Facebook, elle a servi dans le commandement de la Défense passive de Tsahal.

Rosenberg a posté des photos d’elle-même dans les montagnes d’Irak et du Kurdistan syrien.

« Dans l’armée israélienne, nous disons « Aharai » – Après moi. Montrons à l’EI ce que cela signifie ! » a-t-elle écrit.

En 2009, Rosenberg a été arrêtée dans une opération conjointe de la police israélienne et du FBI sur des soupçons d’avoir fait partie d’un réseau d’une loterie trompant des citoyens américains âgés et convainquant ces personnes sans méfiance à payer pour des services fictifs, selon le site Walla. Les membres du réseau, qui comprenaient 11 autres citoyens israéliens mis à part Rosenberg, auraient volé jusqu’à 25 millions de dollars.

Rosenberg a été plus tard reconnue coupable de cette escroquerie et condamnée à quatre ans de prison dans une prison américaine, bien que son mandat ait finalement été raccourci ; elle a été finalement renvoyée en Israël, a rapporté la Dixième chaîne.

L’EI a commencé son offensive vers Kobani à la mi-septembre, en réussissant à conquérir des parties de la ville ainsi que des dizaines de villages voisins. La ville est plus tard devenue l’objet de frappes aériennes de la coalition sous commandement américain.

Des combattants kurdes ont progressé lentement dans Kobani depuis fin octobre, lorsque des dizaines de combattants peshmergas irakiens ont rejoint les Kurdes de Syrie dans les batailles. Les combats ont tué des centaines de combattants des deux côtés au cours des deux derniers mois.

Si elle est confirmée, Rosenberg serait la deuxième captive israélienne détenue par le groupe djihadiste. Le journaliste israélo-américain Steven Sotloff a été décapité par l’EI début septembre. Sotloff a disparu en Syrie en août 2013, et les djihadistes n’auraient été au courant de son ascendance juive et de sa citoyenneté israélienne qu’après sa mort.

Lazar Berman a contribué à ce rapport.