1 500 personnes manifestent contre la corruption à Tel Aviv
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1 500 personnes manifestent contre la corruption à Tel Aviv

L'ancien chef du Shin Bet appelle Moshe Kahlon à quitter la coalition suite aux soupçons accrus qui pèsent contre Netanyahu

Des Israéliens lors d'un rassemblement hebdomadaire contre la corruption à Tel Aviv, le 16 février 2018 (Crédit : (Miriam Alster/Flash90)
Des Israéliens lors d'un rassemblement hebdomadaire contre la corruption à Tel Aviv, le 16 février 2018 (Crédit : (Miriam Alster/Flash90)

Environ 1 500 personnes se sont rassemblées samedi soir au cours de la manifestation hebdomadaire à Tel Aviv contre la corruption publique, suite aux recommandations policières de traduire devant la justice le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour des faits de corruption et à l’émergence d’une nouvelle enquête impliquant deux de ses collaborateurs les plus proches.

Carmi Gillon, ancien chef des services de sécurité du Shin Bet, a appelé le ministre des Finances Moshe Kahlon à extraire son parti Koulanou de la coalition au pouvoir au vu des soupçons contre Netanyahu.

Reconnaissant avoir voté pour Koulanou lors des élections de 2015, Gillon a fait appel à Kahlon, lui disant : « Vous êtes une personne intelligente et vous avez de l’intégrité. Qu’est-ce qui vous transforme donc en rhinocéros qui oublie son honnêteté ? »

Dans la matinée de samedi, le chef de l’Union sioniste de l’opposition a indiqué que Netanyahu devait démissionner s’il était interrogé dans une affaire criminelle impliquant des faits de corruption présumés dans l’achat pour plusieurs milliards de shekels de sous-marins et autres vaisseaux à un fabricant naval allemand.

« Si Netanyahu est interrogé après lecture de ses droits dans l’affaire des sous-marins alors il devra démissionner », a déclaré Avi Gabbay lors d’un événement culturel au Kibboutz Yagur. « Ce mélange de corruption et de sécurité de l’Etat mènera à l’annulation de cet accord d’acquisition par les Allemands et portera directement préjudice à notre sécurité ».

Tandis que Netanyahu n’a pas été désigné comme un suspect dans ce dossier, appelé l’Affaire 3000, un reportage diffusé vendredi par la chaîne Hadashot a indiqué que le procureur général Avichai Mandelblit a autorisé les enquêteurs à recueillir la semaine prochaine le témoignage du Premier ministre et – si cela s’avère nécessaire – à l’interroger après lecture de ses droits.

Un certain nombre de proches associés de Netanyahu et notamment ses deux avocats personnels ont été appréhendés ou interrogés dans cette affaire.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu sur l’INS Tanin, sous-marin construit par la firme allemande ThyssenKrupp, à son arrivée en Israël, le 23 septembre 2014. (Crédit : Kobi Gideon/GPO/Flash90)

Le reportage à la télévision a laissé entendre que les enquêteurs pourraient également interroger Netanyahu dans l’enquête de corruption sur Bezeq, l’Affaire 4000.

Hadashot a fait savoir que la police s’intéressait à la version de Netanyahu dans les événements qui entourent l’Affaire 4000 et qu’elle pourrait faire appel à lui dans les meilleurs délais. Les responsables estiment que les principaux suspects dans ce dossier, dont plusieurs ont passé la semaine en détention, pourraient être bientôt libérés et qu’ils pourraient alors commencer à communiquer les uns avec les autres pour accorder leurs déclarations respectives.

Dans l’Affaire 4000, Netanyahu aurait octroyé des avantages en termes de régulations à la plus importante entreprise de télécommunications israéliennes, Bezeq, en échange d’une couverture médiatique plus favorable des actions de du Premier ministre et de sa famille sur le site Walla, propriété de Shaul Elovitch, principal actionnaire de Bezeq.

Netanyahu fait face aux appels croissants de l’opposition qui lui demandent de démissionner alors que les enquêtes à son encontre ne cessent de prendre de l’ampleur. La semaine dernière, la police a recommandé que Netanyahu soit inculpé pour fraude, abus de confiance et corruption dans deux dossiers distincts.

Dans l’Affaire 1000, Netanyahu et sa femme auraient reçu des dons illicites de la part de bienfaiteurs milliardaires, notamment du producteur de Hollywood d’origine israélienne, Arnon Milchan, pour un montant total de 1 million de shekels. En retour, M. Netanyahu est accusé par la police d’être intervenu au profit de Milchan dans des affaires relatives à la législation, aux relations d’affaires et aux visas.

L’Affaire 2000 porte sur un accord de contrepartie présumé illicite entre Netanyahu et Arnon Mozes, éditeur du Yedioth Ahronoth, selon lequel le Premier ministre aurait affaibli un quotidien concurrent, Israel Hayom, soutenu par Sheldon Adelson, en échange d’une couverture plus favorable de la part du Yedioth.

Netanyahu a nié toutes malversations dans les deux affaires.

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