100 députés européens à Auschwitz invités à plus de sévérité sur l’antisémitisme
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100 députés européens à Auschwitz invités à plus de sévérité sur l’antisémitisme

Ministres et parlementaires à la conférence de Cracovie, reçoivent des projets de lois plus strictes sur le discours de haine, l'éducation et le commerce des souvenirs nazis

Yaakov Schwartz est le rédacteur adjoint de la section Le monde juif du Times of Israël

  • Le rabbin Menachem Margolin, (à gauche), et le rabbin Slomo Koves, lors d'une visite d'Auschwitz dans le cadre de la délégation de l'EJA, le 21 janvier 2020. (Yoni Rykner/ EJA)
    Le rabbin Menachem Margolin, (à gauche), et le rabbin Slomo Koves, lors d'une visite d'Auschwitz dans le cadre de la délégation de l'EJA, le 21 janvier 2020. (Yoni Rykner/ EJA)
  • Des membres de la délégation de l'EJA visitent Auschwitz, le 21 janvier 2020. (Yoni Rykner/ EJA)
    Des membres de la délégation de l'EJA visitent Auschwitz, le 21 janvier 2020. (Yoni Rykner/ EJA)
  • Des membres de la délégation de l'EJA devant les portes d'Auschwitz, le 21 janvier 2020. (Yoni Rykner/ EJA)
    Des membres de la délégation de l'EJA devant les portes d'Auschwitz, le 21 janvier 2020. (Yoni Rykner/ EJA)
  • Des membres de la délégation de l'EJA visitent Auschwitz, le 21 janvier 2020. (Yoni Rykner/ EJA)
    Des membres de la délégation de l'EJA visitent Auschwitz, le 21 janvier 2020. (Yoni Rykner/ EJA)
  • Des membres de la délégation de l'EJA traversent un baraquement de Birkenau, connu sous le nom de "baraquement de la mort", où les femmes étaient envoyées lorsqu'elles étaient proches de la mort, le 21 janvier 2020. (Yoni Rykner/ EJA)
    Des membres de la délégation de l'EJA traversent un baraquement de Birkenau, connu sous le nom de "baraquement de la mort", où les femmes étaient envoyées lorsqu'elles étaient proches de la mort, le 21 janvier 2020. (Yoni Rykner/ EJA)

CRACOVIE, Pologne – Une délégation de plus d’une centaine de ministres et de parlementaires européens a visité mardi les camps de la mort nazis d’Auschwitz-Birkenau. Une coalition de dirigeants juifs européens a encouragé les législateurs à renforcer les lois sur l’antisémitisme dans leurs pays respectifs.

Cette visite faisait partie d’une conférence qui s’est tenue les 20 et 21 janvier – juste avant l’anniversaire de la libération du camp le 27 janvier 1945 – et qui a exhorté les participants à modifier ou à adopter des lois concernant les stéréotypes antisémites, les initiatives éducatives et la vente de souvenirs nazis à des fins lucratives ou « d’intérêt personnel macabre ».

Le texte a été rédigé dans un langage législatif concret par les parrains de la délégation, l’Association juive européenne (EJA) et la Ligue européenne d’action et de protection (APL), avec le partenariat supplémentaire du B’nai Brith Europe, du Centre Simon Wiesenthal, du réseau européen de la Marche des vivants, et de communautés et organisations de toute l’Europe.

« J’ai eu la chance de parler avec de nombreux participants de cette délégation, et j’ai été satisfait de voir que beaucoup d’entre eux estiment que cette visite a eu un impact énorme sur eux », a déclaré le rabbin Menachem Margolin, chef de l’EJA, au Times of Israel.

Des délégués européens participent à un symposium dans le cadre de la conférence de l’EJA avant l’anniversaire de la libération d’Auschwitz, le 20 janvier 2020. (Yoni Rykner/ EJA)

« Ils sont prêts à travailler avec nous pour rédiger la législation que nous avons promue lors de la conférence, et nous ne doutons pas qu’une fois que chaque pays aura adopté cette législation, la situation sera bien meilleure, car elle interdira simplement de nombreuses expressions d’antisémitisme – ce qui réduira l’incitation, et naturellement, elle réduira, sans conteste, les incidents », a déclaré M. Margolin.

La dernière décennie a vu une augmentation des attaques antisémites mortelles à travers le continent, y compris des attaques violentes en Belgique, en France et en Allemagne.

L’homme d’affaires libanais Abdallah Chatila a reçu le prix du Roi David lors de la conférence. Chatila a récemment acheté une cache de souvenirs nazis aux enchères pour 600 000 euros (660 000 dollars) et a donné les objets à la fondation du Keren Hayessod, qui les a à son tour donnés au mémorial de la Shoah en Israël, Yad Vashem. L’homme d’affaires a cité comme motivation le désir d’éviter que les objets ne tombent entre les mains des fétichistes nazis.

L’homme d’affaires libanais Abdallah Chatila (à gauche) reçoit le prix King David des mains du rabbin Menachem Margolin, chef de l’EJA, lors du dîner de la délégation de l’EJA à Auschwitz, le 20 janvier 2020. (Yoni Rykner/ EJA)

Chatila a déclaré qu’il était personnellement touché par la violence croissante contre les Juifs en Europe, puisque la mère d’une de ses amies proches a été parmi les quatre personnes assassinées lors d’une fusillade au Musée juif de Belgique en 2014.

« Après que sa mère a été tuée, mon amie n’a plus jamais été la même », a déclaré Chatila à la conférence. « Pas seulement parce qu’elle a perdu sa mère, mais parce qu’elle était l’enfant de survivant de la Shoah qui venait des camps, et qu’elle pensait pouvoir échapper à la haine – mais au Musée juif, à Bruxelles, en Europe, au centre du monde, elle a été tuée avec trois autres. Cela n’est pas possible. Pas de nos jours ».

Emanuel et Miriam Riva, Dominique Sabrier et Alexandre Strens ont été tués par Mehdi Nemmouche en mai 2014.

« Nous avons la responsabilité de nous défendre et de faire tout ce que nous pouvons pour améliorer notre situation », a déclaré le rabbin Slomo Koves, chef de l’APL, au Times of Israel. « Nous ne pouvons pas rester sur le côté et dire que la situation est mauvaise et attendre que d’autres fassent le travail ».

Le rabbin Menachem Margolin, (à gauche), et le rabbin Slomo Koves, lors d’une visite d’Auschwitz dans le cadre de la délégation de l’EJA, le 21 janvier 2020. (Yoni Rykner/ EJA)

Koves, qui est également le rabbin exécutif de la communauté EMIH affiliée au mouvement Habad en Hongrie (Unified Hungarian Jewish Congregation), a déclaré que l’antisémitisme a été réduit avec succès en Hongrie après avoir atteint son plus haut niveau en 30 ans, qui a culminé avec l’élection au Parlement de membres du parti antisémite Jobbik qui ont ouvertement tenu des « propos racistes et antisémites ».

« Nous, la communauté juive, avons réalisé que nous devions nous rassembler et nous unir sur la question de la lutte contre l’antisémitisme, et c’est ainsi que nous avons fondé l’APL », a-t-il déclaré.

Selon M. Koves, l’objectif de l’APL est de collecter des données détaillées, qui sont ensuite utilisées pour déterminer les actions qui peuvent être prises dans le cadre juridique d’un pays donné pour lutter contre l’antisémitisme.

Des membres de la délégation de l’EJA visitent Auschwitz, le 21 janvier 2020. (Yoni Rykner/ EJA)

Parmi les réalisations de l’organisation, a déclaré M. Koves, il y a la création d’un système de surveillance qui suit et signale les attaques antisémites en Hongrie sur une base mensuelle, et l’ouverture de 100 affaires juridiques au nom d’individus et de la communauté dans son ensemble, qui luttent contre des problèmes allant du déni de la Shoah aux agressions verbales ou physiques antisémites. L’APL a également vu une poignée de changements législatifs basés sur ses recommandations, et a recommandé plus de 400 révisions de manuels scolaires « pour améliorer le contenu en ce qui concerne les Juifs, l’antisémitisme, l’histoire de la Shoah et l’État moderne d’Israël », a-t-il déclaré.

M. Koves a déclaré qu’il aimerait voir le programme s’étendre à 14 autres pays européens ayant une importante population juive.

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