16 nouveaux députés entrent à la Knesset en vertu de la « Loi norvégienne »
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16 nouveaux députés entrent à la Knesset en vertu de la « Loi norvégienne »

Cette loi prévoit que les ministres peuvent démissionner et laisser leur place à des députés de leur parti ; les membres de la coalition avaient décrié son utilisation antérieure

Les députés lors d'une session spéciale en l'honneur de la Journée de Jérusalem à la Knesset, le 10 mai 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Les députés lors d'une session spéciale en l'honneur de la Journée de Jérusalem à la Knesset, le 10 mai 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La Knesset devrait accueillir au moins seize nouveaux députés – le chiffre correspondant au nombre de législateurs ayant commencé à démissionner du parlement, cette semaine, conformément aux dispositions offertes par la dite « Loi norvégienne » controversée qui permet aux ministres de quitter leurs fonctions à la Knesset pour pouvoir se focaliser exclusivement sur leurs activités au sein du gouvernement.

La loi autorise tout député nommé à un poste du cabinet à présenter sa démission temporaire de la Knesset, cédant alors son siège à la personne figurant à la place suivante sur la liste du parti.

Quand le dernier gouvernement avait utilisé la Loi norvégienne, ses critiques les plus féroces avaient été les députés des formations Yesh Atid et Yamina, qui étaient alors dans l’opposition et qui avaient dénoncé l’augmentation massive des dépenses publiques – mais il semble néanmoins que toutes les factions de la nouvelle coalition d’unité soient déterminées à profiter aujourd’hui de la législation.

Ses partisans estiment que les ministres n’ont pas le temps nécessaire pour prendre en charge correctement leur travail parlementaire et qu’ils se trouvent donc dans l’incapacité de servir le public de manière efficace.

Toutefois, certaines formations ont paru se montrer plus sensibles aux inquiétudes portant sur les dépenses publiques que d’autres, n’autorisant qu’un ou deux ministres à quitter les bancs du Parlement.

Les dirigeants de HaYamin HaHadash Naftali Bennett, à gauche, et Ayelet Shaked, à droite, avec l’activiste des droits des sourds et malentendants Shirley Pinto, le 8 janvier 2019 (Crédit : HaYamin HaHadash)

Au sein de Yamina, le ministre des Affaires religieuses, Matan Kahane, a présenté sa démission au début de la semaine et il est remplacé à la Knesset par la première législatrice malentendante de toute l’Histoire du pays, Shirley Pinto. Mardi, Shai Mimon, numéro neuf sur la liste de Yamina, a annoncé qu’il quittait la faction en raison de la décision prise par son président, le Premier ministre Naftali Bennett, de rompre sa promesse électorale de ne jamais siéger dans un gouvernement aux côtés du parti islamiste Raam. Cette décision permettra à Yamina d’accueillir deux nouveaux parlementaires – l’oleh français Yomtob Kalfon et l’immigrante russe Stella Weinstein — après le départ de la Knesset, dans les prochains jours, de la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked et du vice-ministre au bureau du Premier ministre Abir Kara.

Du côté d’Yisrael Beytenu, les trois ministres du parti – le ministre des Finances, Avigdor Liberman, celui de l’Agriculture, Oded Forer et Hamad Amar, ministre au sein du ministère des Finances – quitteront leurs fonctions de députés en vertu de la Loi norvégienne, ouvrant la porte de la Knesset à Limor Magen Telem, Elina Bardatz Yalov et Yossi Shain. Shain est conseiller de longue date de Liberman et il est maître de conférences en sciences politiques à l’université de Tel Aviv.

Trois des députés de Kakhol lavan sur quatre vont quitter le parlement et ils seront remplacés par Ruth Wasserman Lande, Alon Tal et Mofid Mara. Lande est un ancien diplomate qui était stationné à l’ambassade israélienne, au Caire. Mara deviendra le sixième député druze de la Knesset et il a juré de se battre contre la Loi sur l’état-nation controversée qui, selon ses critiques, discrimine les citoyens non-Juifs du pays.

Au sein de Yesh Atid, seuls deux sur six membres du cabinet vont présenter leur démission, permettant l’entrée de Yasmin Sacks Friedman et de Tanya Mazarsky à la Knesset.

Zeev Elkin et Yoaz Hendel (Tikva Hadasha), pour leur part, céderont leur place aux deux législateurs figurant après eux sur la liste du parti – le maire d’Eilat, Yitzhak Halevi et l’ancien parlementaire Zvi Hauser.

Elkin est ministre de la Construction et du Logement et il occupera aussi les postes de ministre des Affaires de Jérusalem et de ministre assurant la liaison entre la Knesset et le gouvernement. Hendel, pour sa part, a hérité du portefeuille des Communications.

Le parti Meretz a annoncé que son président, Nitzan Horowitz, et la numéro deux de la formation, Tamar Zandberg, démissionneraient eux aussi, laissant leur siège à Michal Rozin et à Gabi Lasky, avocate spécialisée dans la défense des droits de l’Homme. Horovitz est ministre de la Santé et Zandberg a la charge du ministère de l’Environnement dans le nouveau gouvernement.

Gaby Lasky, avocate de Ahed Tamimi, âgée de 16 ans, avec le père de Tamimi, Bassem, devant le tribunal militaire d’Ofer le 20 décembre 2017 (Crédit : Hadas Parush / Flash90)

C’est le parti Travailliste qui a affiché le plus de réticence à l’idée d’utiliser la loi, annonçant cette semaine que seul un de ses ministres sur trois démissionnerait pour permettre à Naama Lazimi, membre du conseil municipal de la ville de Haïfa, de faire son entrée à la Knesset.

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