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2 activistes pro-Palestine profanent la statue de Lord Arthur Balfour à Londres

La profanation de la statue de l’ex-Premier ministre a eu lieu le jour anniversaire de la déclaration éponyme de 1917, par laquelle Londres a soutenu la création du foyer juif

Lord Arthur James Balfour, secrétaire aux Affaires étrangères du Royaume-Uni en 1917, et le texte de la déclaration qui porte son nom et soutient l'établissement d'un foyer national juif en Palestine. (Crédit : Domaine public/Wikipédia)
Lord Arthur James Balfour, secrétaire aux Affaires étrangères du Royaume-Uni en 1917, et le texte de la déclaration qui porte son nom et soutient l'établissement d'un foyer national juif en Palestine. (Crédit : Domaine public/Wikipédia)

Deux femmes, militantes pro-palestiniennes, ont été interpellées samedi après avoir jeté du ketchup sur la statue de l’ex-Premier ministre britannique, Lord Arthur Balfour, au Parlement de Londres.

Les membres du groupe Palestine Action ont utilisé des laissez-passer touristiques pour accéder au hall des députés de la Chambre des communes, où se trouve la statue.

La statue du comte de Balfour avait été dévoilée le 9 mai 1962, rappelle le UK Daily News, en hommage à celui qui fut Premier ministre conservateur de 1902 à 1905.

Au poste de ministre des Affaires étrangères, en 1917, Balfour avait signé la Déclaration éponyme soutenant l’établissement d’un « foyer national pour le peuple juif » dans ce qui allait devenir la Palestine mandataire.

Cette décision, considérée comme ayant conféré au mouvement sioniste une reconnaissance officielle et le soutien de la part d’une grande puissance, est depuis amèrement dénoncée par les Palestiniens.

« Les Palestiniens souffrent depuis 105 ans à cause de cet homme, Lord Balfour – il a donné leur patrie alors que ce n’était pas à lui de la donner », a déclaré l’une des activistes, en versant du ketchup sur la statue de calcaire, à la manière d’un « faux sang ».

Les deux femmes se sont collées au socle de la statue et ont agité un drapeau palestinien miniature, aux cris de « Palestine libre ».

La police londonienne a déclaré dans un communiqué que les policiers avaient été alertés à 11h20 « de [la présence de] deux femmes, entrées dans le parlement avec des billets touristiques ».

« Elles s’étaient collées à une statue, dans le hall des députés de la Chambre des communes et avaient versé du ketchup sur la statue et sur un mur », a ajouté la police.

Les deux femmes ont été arrêtées pour dégradations criminelles.

Dans un communiqué, Palestine Action a revendiqué « avoir frappé au cœur même du gouvernement ».

« Les Britanniques ont donné le départ du nettoyage ethnique de la Palestine, réalisant l’objectif sioniste de construire leur ‘maison’ là où se trouvaient déjà des communautés, des villes, des villages, des fermes et des terres ancestrales palestiniennes, riches en patrimoine, culture et histoire ancienne », dit le communiqué.

En 1947, alors que le mandat britannique sur la Palestine touchait à sa fin, l’ONU a adopté un plan de partage de la terre destiné à favoriser la création de deux États, un juif et un arabe.

Les communautés juives d’Israël avaient accepté le plan, mais les dirigeants arabes l’ont refusé et ont déclenché une guerre qui a conduit à la création d’Israël en 1948.

Beaucoup d’Arabes ont fui ou ont été expulsés lors de ce conflit.

Palestine Action s’en est également prise au fabricant d’armes israélien Elbit Systems, qui a des installations en Grande-Bretagne, estimant que
« les Palestiniens captifs de Gaza étaient utilisés comme des animaux de laboratoire pour le développement des armes israéliennes ».

Sur son site Internet, Palestine Action se décrit comme « un réseau d’action directe de groupes et d’individus dont le but est de prendre des mesures directes contre les installations britanniques d’Elbit Systems, appelant à leur fermeture, et exigeant du gouvernement britannique qu’il cesse d’être complice de la colonisation de la Palestine ».

En 2017, lors des événements marquant le centenaire de la Déclaration Balfour, un groupe de pression avait demandé au gouvernement britannique de présenter des excuses officielles pour cette déclaration.

Le ministère britannique des Affaires étrangères avait alors publié une réponse expliquant que « la Déclaration Balfour était une déclaration historique au sujet de laquelle le gouvernement de Sa Majesté n’avait pas l’intention de s’excuser ».

« Nous sommes fiers du rôle que nous avons joué dans la création de l’État d’Israël. Notre tâche consiste maintenant à favoriser l’émergence de la paix », ajoutait-il.

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