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2 jeunes d’implantation inculpés pour jets de pierres sur un village palestinien

Un suspect, âgé de 17 ans, est accusé d'avoir agressé un soldat de Tsahal lors d'un incident survenu le mois dernier dans le sud de la Cisjordanie, qui a fait au moins 12 blessés

Des habitants d'implantation masqués près du hameau palestinien d'al-Mufaqara dans les collines du sud de Hébron, le 28 septembre 2021. (Autorisation)
Des habitants d'implantation masqués près du hameau palestinien d'al-Mufaqara dans les collines du sud de Hébron, le 28 septembre 2021. (Autorisation)

Les procureurs ont déposé jeudi des actes d’accusation à l’encontre de deux mineurs israéliens pour leur implication présumée dans une récente attaque de jets de pierres contre un village palestinien dans les collines du sud d’Hébron – une pratique rare de la part du ministère public.

Des dizaines d’Israéliens ont lancé des pierres sur des maisons et des voitures palestiniennes dans le petit hameau d’al-Mufaqara, un groupe d’habitations situé à proximité de deux avant-postes israéliens illégaux. Le ministre des Affaires étrangères, Yair Lapid, avait dénoncé cette attaque comme étant « terroriste ». L’incident avait également suscité des condamnations de la part de l’Union européenne et des Nations unies.

Les deux suspects, âgés de 15 et 17 ans, sont tous deux résidents de la région d’Hébron. Le plus jeune des deux a été accusé de tentative d’agression et de dégradation volontaire, et a également été inculpé pour émeute.

L’autre a été inculpé d’agression aggravée d’un fonctionnaire pour avoir prétendument agressé un officier de l’armée israélienne qui, selon l’acte d’accusation, tentait d’éloigner les assaillants du petit village de bergers palestiniens.

Les autorités israéliennes déposent rarement des actes d’accusation contre des Israéliens qui se livrent à des actes d’autodéfense et de vandalisme contre des Palestiniens. Le groupe de défense des droits Yesh Din a indiqué en 2020 que 91 % des enquêtes de police menées entre 2005 et 2019 avaient été classées sans inculpation.

Selon l’acte d’accusation, des dizaines de Juifs masqués et armés de gourdins et de couteaux sont entrés dans le village et ont jeté des pierres sur les résidents, brisé les fenêtres de plusieurs maisons, libéré un troupeau d’animaux de son enclos, vandalisé des voitures et causé d’autres dommages matériels.

L’attaque a fait au moins 12 blessés palestiniens, dont un garçon de trois ans, selon des témoins israéliens et palestiniens.

Mohammad Bakr Hussein, 3 ans aurait été blessé par des pierres jetées par des habitants d’implantations israéliens dans le sud des collines d’Hébron, le 28 septembre 2021. (Autorisation)

Le garçon, Mohammad Bakr Hussein, a été touché à la tête par des pierres et transporté d’urgence à l’hôpital Soroka de Beer Sheva. Selon sa famille, les médecins craignent que Mohammad ait subi des dommages cérébraux durables suite à l’attaque.

« Deux personnes ont été inculpées ? Comment est-ce possible ? Il y avait des dizaines de colons qui nous ont attaqués ce jour-là ! Dites au monde que la ‘justice’ en Israël va dans la mauvaise direction », a déclaré Mahmoud, le grand-père de Mohammad, lors d’un appel téléphonique.

Des témoins ont déclaré à l’époque que certains Palestiniens avaient jeté des pierres sur les résidents d’implantations. Trois Israéliens ont également été blessés, selon les médias.

Les États-Unis, l’Union européenne et l’ONU ont condamné ces violences, l’ONU les qualifiant « d’attaque contre des civils palestiniens ».

Ces inculpations interviennent dans le contexte d’une récente recrudescence des attaques d’Israéliens extrémistes, dont beaucoup visent spécifiquement les oliveraies palestiniennes avant la récolte automnale des olives en Cisjordanie, qui a commencé au début du mois.

Les agressions et les actes de vandalisme perpétrés par des Juifs extrémistes contre les Palestiniens et les forces de sécurité israéliennes en Cisjordanie sont communément appelés des attaques « Prix à payer ». Les auteurs de ces actes prétendent qu’ils viennent en représailles à la violence palestinienne et aux politiques gouvernementales considérées comme hostiles au mouvement des implantations.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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