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24 États n’ont que peu ou pas progressé dans la restitution d’œuvres spoliées

La WJRO a révélé le noms d'économies majeures et d'États membres de l'UE en infraction lors d'un événement co-organisé par le Département d'État en faveur de la restitution

Des touristes regardent une peinture contestée de Wassily Kandinsky au musée Stedelijk d'Amsterdam, le 10 juillet 2019. (Crédit : Cnaan Liphshiz/JTA)
Des touristes regardent une peinture contestée de Wassily Kandinsky au musée Stedelijk d'Amsterdam, le 10 juillet 2019. (Crédit : Cnaan Liphshiz/JTA)

La plupart des 47 pays inclus dans un rapport dévoilé lors d’un événement du Département d’État sur la restitution des œuvres d’art pillées pendant la Shoah n’ont fait que peu ou pas de progrès en la matière, selon une récente enquête.

Le rapport publié mardi, intitulé « Holocaust-Era Looted Cultural Property : A Current Worldwide Overview » (« Les biens culturels pillés à l’époque de la Shoah »), évalue les progrès réalisés par les pays dans la mise en œuvre des principes de la Conférence de Washington de 1998 sur les œuvres d’art volées par les nazis.

La World Jewish Restitution Organization (WJRO) a dévoilé le rapport lors d’un événement organisé conjointement avec le Département d’État au US Holocaust Memorial Museum à Washington. Le Département d’État a également publié une série des meilleures pratiques qui, selon lui, « renforcent les principes de Washington, notamment en reconnaissant que des ventes forcées ont eu lieu et en soulignant l’urgence de résoudre les dernières réclamations concernant les biens ». À ce jour, 21 pays ont adopté cette série de pratiques optimales.

Ensemble de lignes directrices formulées en décembre 1998, les principes de Washington sont issus de la Conférence de Washington sur les œuvres d’art volées par les nazis. Cette conférence a réuni des représentants de 44 pays, des représentants d’ONG et des observateurs du marché de l’art. Ces lignes directrices, juridiquement non contraignantes, évoquent la nécessité d’identifier les objets d’art spoliés par les nazis afin de retrouver leurs propriétaires dans le cadre des négociations de restitution.

Les 47 pays concernés par cette enquête ont approuvé la déclaration de Terezin de 2009, qui reprend les principes de la Conférence de Washington.

Le rapport de mardi énumère 24 pays qui ont fait « peu ou pas de progrès » dans la mise en œuvre des principes de la Conférence de Washington. Cette liste comprend certaines des principales économies mondiales ainsi que des États membres de l’Union européenne (UE) et l’International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA).

Le secrétaire d’État Antony Blinken pendant une conférence de presse après une réunion avec le président argentin Javier Milei au palais présidentiel de la Casa Rosada de Buenos Aires, le 23 février 2024. (Crédit : Juan Mabromata/AFP)

L’Espagne, le Portugal, le Danemark, la Finlande, l’Estonie, l’Irlande, la Roumanie, la Bulgarie, la Lituanie, la Lettonie, Chypre et Malte, pays membres de l’UE, font partie des 24 pays non-conformes, tout comme l’Australie. D’autres pays importants figurent sur la liste : le Brésil, la Russie, l’Ukraine et la Turquie, ainsi que six pays des Balkans et l’Uruguay.

« La Shoah n’a pas seulement été le plus grand génocide de tous les temps. C’était l’un des plus grands vols de masse de l’Histoire », a déclaré le secrétaire d’État américain Anthony Blinken dans un discours pré-filmé pour l’événement de mardi, intitulé « 25e anniversaire des principes de Washington sur l’art confisqué par les nazis ».

Blinken, qui est Juif, a déclaré que sa famille en Pologne faisait partie des innombrables victimes de la dépossession nazie. Un soldat au service de l’Allemagne nazie a volé l’alliance de la mère du beau-père de Blinken, aujourd’hui décédé, avant de la faire monter dans un train à destination d’un camp de la mort, raconte-t-il dans la vidéo.

« Sur les millions d’œuvres d’art et de biens culturels volés par les nazis, d’innombrables objets n’ont toujours pas été restitués à leurs propriétaires », a souligné Blinken.

« Aujourd’hui, trop de gouvernements, de musées, de marchands, de galeries et de particuliers demeurent réfractaires aux efforts de restitution. »

Stuart Eizenstat, négociateur pour la Claims Conference, négociant avec des représentants du gouvernement allemand, à Berlin, le 9 mai 2023. (Crédit : Claims Conference)

Stuart Eizenstat, conseiller spécial de Blinken pour les questions relatives à la Shoah, a déclaré lors de l’événement commémoratif que même si les meilleures pratiques et les lignes directrices initiales « ne sont pas juridiquement contraignantes, elles sont moralement importantes ».

La restitution par des organismes publics ou des particuliers « ne consiste pas seulement à rendre ce qui a été pris ; elle vise à reconnecter les familles et les communautés à leur patrimoine », a déclaré Gideon Taylor, président de la WJRO.

Israël, le Canada et la Suisse ont fait des « progrès substantiels », selon le rapport, mais leurs efforts ne sont pas à la hauteur de ceux des sept pays qui ont fait des progrès « majeurs » : les États-Unis, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la France, les Pays-Bas, l’Autriche et la République tchèque.

En 2022, la municipalité d’Amsterdam a réglé un long litige concernant un tableau de grande valeur de Wassily Kandinsky qu’elle a reconnu avoir été volé par les nazis à des propriétaires juifs, mais qu’elle a tout de même conservé au Stedelijk Museum, propriété de la ville, en invoquant l’importance culturelle de l’œuvre. La municipalité a remis aux héritiers de Robert Lewenstein et Irma Klein l’œuvre de 1909 « Painting With Houses ».

Gideon Taylor (à gauche), président de la World Jewish Restitution Organization, avec des responsables de la restitution, dont Stuart E. Eizenstat, conseiller spécial du secrétaire d’État pour les questions relatives à la Shoah (deuxième à partir de la droite) et Ellen Germain, envoyée spéciale du Département d’État des États-Unis pour les questions relatives à la Shoah (à droite) au Musée commémoratif de la Shoah des États-Unis à Washington, le 5 mars 2024. (Crédit : Butcherphotography/World Jewish Restitution Organization)

Treize pays ont fait « quelques » progrès dans l’adoption des principes de Washington, selon l’enquête.

« Dans de nombreux pays, les musées continuent d’ignorer la nécessité d’effectuer des recherches sur la provenance et, dans la plupart des pays, ces recherches ne sont pas considérées comme un élément essentiel de la pratique institutionnelle des musées », précise également le rapport.

La recherche sur la provenance s’est néanmoins « considérablement développée et est devenue beaucoup plus sophistiquée, en partie grâce à un meilleur accès aux archives et à l’effet de la numérisation », note le rapport.

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