3 militaires américains tués dans une fusillade en Jordanie
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3 militaires américains tués dans une fusillade en Jordanie

Une "enquête conjointe" sera menée par Amman et Washington pour déterminer les circonstances et les causes de l'incident

La Citadelle d'Amman, le centre historique de la capitale jordanienne (Crédit : CC BY David Bjorgen/Wikimedia Commons)
La Citadelle d'Amman, le centre historique de la capitale jordanienne (Crédit : CC BY David Bjorgen/Wikimedia Commons)

Trois militaires américains ont été tués vendredi dans une fusillade à l’entrée d’une base militaire jordanienne dans le sud du royaume, dans des circonstances qui demeurent encore floues.

Un officier jordanien a été blessé dans cette fusillade qui s’est produite à l’entrée de la base aérienne du roi Faisal, à al-Jafr, dans le sud du royaume, selon l’armée jordanienne.

« Trois militaires américains au total ont péri aujourd’hui en Jordanie. Des premières informations avaient fait état d’un mort et de deux blessés. Les deux blessés ont été transportés dans un hôpital de Amman où ils sont décédés », a indiqué un responsable américain à Washington.

« Les militaires se trouvaient dans des véhicules s’approchant de la porte d’un camp d’entraînement militaire jordanien, où ils se sont retrouvés sous les tirs d’armes légères », a-t-il ajouté.

Selon un autre responsable américain interrogé par l’AFP, un Jordanien a ouvert le feu sur le véhicule où se trouvaient des militaires américains.

Mais les raisons pour lesquelles il a ouvert le feu, volonté « délibérée » de tuer les soldats américains ou « malentendu » ne sont pas encore claires, a précisé ce responsable sous couvert d’anonymat.

L’armée jordanienne a confirmé en début de soirée le bilan de trois morts de Washington, après avoir fait état dans un premier temps de deux morts et deux blessés (un Américain et un officier jordanien).

L’armée a expliqué qu' »un échange de tirs a eu lieu (…) après la tentative d’un véhicule de formateurs d’entrer dans la base ».

Dans une première version, l’armée jordanienne avait rapporté que la fusillade s’était produite quand les formateurs américains avaient ignoré les ordres des gardes de la base qui leur demandaient de s’arrêter.

Enquête conjointe

Une « enquête conjointe » sera menée par Amman et Washington pour déterminer les circonstances et les causes de l’incident, a déclaré à l’AFP une source gouvernementale.

Interrogée au sujet de la thèse d’une attaque terroriste, cette source a indiqué que « l’incident semble différent des méthodes utilisées dans les attaques terroristes ». Mais « il faut attendre les résultats de l’enquête », a-t-elle souligné.

L’ambassade des Etats-Unis en Jordanie a reconnu un « incident de sécurité impliquant du personnel américain » dans une déclaration reçue par l’AFP, sans donner d’autres détails.

Un responsable jordanien a déclaré à l’AFP que la base du roi Faisal servait de camp d’entraînement pour des militaires de « différentes nationalités », sans donner d’autres précisions.

La Jordanie, un des principaux alliés de Washington dans la région, entretient des relations très étroites avec les Etats-Unis, notamment dans le domaine militaire.

Par ailleurs, le royaume participe activement à la coalition internationale conduite par Washington contre le groupe Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak, deux pays voisins de la Jordanie.

En 2015, l’armée américaine, qui comptent près de 2.200 militaires dans le royaume, avait annoncé le début d’un programme de formation de rebelles syriens modérés en Jordanie pour lutter contre le groupe EI.

Washington y a entraîné aussi des membres des services de sécurité palestiniens et irakiens.

Les Etats-Unis, de même que la France, ont déployé dans le royaume des avions pour mener des opérations contre le groupe EI.

En novembre 2015, deux formateurs américains et un Sud-africain avaient été tués par un policier jordanien dans un centre d’entraînement de la police à l’est d’Amman. Cette attaque n’avait pas été revendiquée.

La Jordanie a été aussi cet été le théâtre de deux attentats. L’un contre les services de renseignements, qui a fait cinq morts et l’autre contre des gardes frontières, revendiqué par l’EI, qui avait tué sept personnes.

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