3 morts en une journée sur les chantiers de construction israéliens
Rechercher

3 morts en une journée sur les chantiers de construction israéliens

Les militants disent que "l'anarchie permanente" dans l'industrie et les "défaillances multi-systèmes" entraînent la mort de dizaines de travailleurs chaque année

Un chantier de construction à Petah Tikva où trois travailleurs ont été grièvement blessés lors d'une chute, le 14 juin 2018 (Roy Alima / Flash90)
Un chantier de construction à Petah Tikva où trois travailleurs ont été grièvement blessés lors d'une chute, le 14 juin 2018 (Roy Alima / Flash90)

Trois ouvriers en construction ont perdu la vie dans des accidents du travail lundi, ce qui porte à 27 le nombre total de décès dans des incidents similaires en 2018.

Au cours d’une période similaire l’année dernière, 19 travailleurs sont morts sur les chantiers de construction, marquant une augmentation de 43 % du nombre de décès, sans compter les passants, a rapporté le quotidien Haaretz.

Lundi matin, deux ouvriers sont tombés d’un échafaudage du 15e étage d’un site dans la ville de Rosh Ha’ayin. Les deux hommes étaient des résidents palestiniens de Cisjordanie. La police a ouvert une enquête et quatre personnes ont été arrêtées, dont l’entrepreneur, le contremaître et le directeur de la sécurité sur le site.

Plus tard dans la journée de lundi, un ouvrier du bâtiment chinois est tombé dans la ville de Lod, au centre d’Israël.

Un ouvrier travaille sur un toit d’un chantier de construction à Jérusalem, le 5 août 2015 (Nati Shohat/Flash90).

Reuven Ben Shimon, fondateur du forum de prévention des accidents, a déclaré qu’une réglementation plus stricte est nécessaire pour empécher d’autres accidents mortels et que la mort des travailleurs de la construction a un impact sur l’économie.

« Le prix sanglant de l’industrie de la construction témoigne de l’anarchie et de l’impuissance des autorités et du gouvernement israélien, qui ne lève pas le petit doigt face au carnage des travailleurs de la construction », a déclaré Ben Shimon.

« Il s’agit d’un échec national avec un lourd prix économique de plus de 4,5 milliards de shekels payés chaque année par les contribuables aux victimes et à leurs familles », a-t-il dit à Haaretz.

Ben-Shimon a également précisé que 70 % des blessures causées dans l’industrie de la construction, de modérées à mortelles, étaient liées à une chute.

Hadas Tagari, qui a mis en place la coalition contre les accidents de chantier, a décrit les décès comme étant le résultat d’une « défaillance multi-système ».

« Selon la police, dont la responsabilité est d’enquêter, le responsable de la sécurité ne fait pas une évaluation professionnelle appropriée. Le bureau du procureur de l’État, pour sa part, affirme que les enquêtes sont menées avec négligence et qu’il est donc difficile de présenter des actes d’accusation », a déclaré M. Tagari à Hadashot.

« Et les tribunaux, quand il y a un acte d’accusation et une condamnation des années après l’accident, demandent pourquoi l’acte d’accusation n’a pas été déposé après un an. »

MK Eyal Ben-Reuven, membre du Sous-comité des accidents de construction, a demandé au gouvernement d’agir.

« Nous devons immédiatement édicter des réglementations concernant les immeubles ayant une grande hauteur avec des filets de sécurité », a-t-il déclaré à Haaretz.

« Il devrait également y avoir des règlements obligatoires pour les échafaudages. Ils existent dans d’autres pays et il est temps de les appliquer ici. »

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...