30 000 demandes d’allocations-chômage effacées suite à un problème Internet
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30 000 demandes d’allocations-chômage effacées suite à un problème Internet

L'Autorité fiscale n'est pas parvenue à sauver 20 % des candidatures déposées dans la matinée, contraignant des milliers de personnes à remplir un nouveau dossier

Un homme passe devant des magasins fermés dans le centre commercial Mamilla à proximité de la Vieille Ville de Jérusalem, le 22 avril 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)
Un homme passe devant des magasins fermés dans le centre commercial Mamilla à proximité de la Vieille Ville de Jérusalem, le 22 avril 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Un dysfonctionnement du site Internet de l’Autorité fiscale cette semaine va contraindre des dizaines de milliers d’Israéliens ayant perdu leur revenu dans le contexte de la crise entraînée par le coronavirus à refaire une demande d’allocations-chômage.

Environ 30 000 personnes – soit un cinquième de toutes celles qui s’étaient inscrites pour pouvoir bénéficier d’allocations – ont reçu un message texto, dans la matinée de jeudi, leur disant que les informations dont ils avaient fait part sur le site n’avaient pas été correctement enregistrées.

« Bonjour, en raison d’un dysfonctionnement survenu au niveau de la saisie des données, nous vous demandons de renouveler votre demande d’indemnisation », disait le message. « Nous sommes désolés de ce dérangement. »

Le système permettant au public de soumettre ses requêtes d’indemnisation pour ce mois-ci avait ouvert aux premières heures de la journée de jeudi. Certains s’étaient levés en pleine nuit pour figurer parmi les premiers à s’inscrire, ont expliqué les médias.

Environ 120 000 autres étaient parvenus à soumettre leur dossier, jeudi à midi.

Les allocations devraient être versées dans les prochains jours.

Avec l’économie qui a été pratiquement à l’arrêt, les chiffres du chômage ont grimpé en flèche. 1,2 million d’Israéliens ont rapporté ne plus avoir d’activité au mois d’avril – ce qui a provoqué une hausse du taux de chômage historique de 27 %.

Ce taux était à un niveau de 4 % avant la pandémie de coronavirus.

Les propriétaires de PME et des activistes lors d’un rassemblement réclamant un soutien financier du gouvernement israélien à Jérusalem, le 2 mai 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le mois dernier, le gouvernement a approuvé un plan à hauteur de 8 milliards de shekels visant à renforcer le soutien apporté aux Israéliens auto-entrepreneurs et aux propriétaires de PME durement frappés par le coronavirus. Les autorités avaient été accusées de ne pas aider les entreprises obligées à fermer leurs portes dans le cadre de la pandémie.

Ce plan inclut une subvention de 400 000 shekels maximum pour les entreprises et les ONG, une somme qui dépendra du degré de réduction forcée de leurs activités, a indiqué le ministère des Finances. Les fonds seront directement payés par l’Autorité fiscale dès le début du mois de mai, a poursuivi le communiqué, qui n’a pas précisé comment seraient définis les critères d’éligibilité à ces indemnisations.

Mais un grand nombre d’Israéliens ont exprimé leur indignation après n’avoir reçu que plusieurs centaines de shekels par le biais des allocations-chômage – et parfois moins – après des années passées à verser une importante partie de leurs revenus à l’Institut d’assurance national.

Des mouvements de protestation ont été organisés quasi quotidiennement ces dernières semaines par des groupes variés qui ont réclamé une plus grande aide de la part du gouvernement, et même alors que les autorités ont commencé à prendre des initiatives visant à rouvrir l’économie, le nombre de nouvelles infections au coronavirus ne cessant de diminuer.

Parmi ces groupes, les auto-entrepreneurs qui se plaignent depuis longtemps d’être maltraités par l’Etat et par les autorités fiscales. Ils indiquent que si ces dernières prélèvent des montants importants sur leurs revenus, ils ne jouissent d’aucun des avantages en termes de sécurité sociale dont bénéficient les salariés.

Israël, jusqu’à présent, a accordé 6 000 shekels aux auto-entrepreneurs pour les aider à traverser la crise entraînée par la pandémie et, la semaine dernière, l’Etat juif a approuvé un plan qui inclut une seconde indemnisation à hauteur de 70 % du revenu habituel – et pour un montant maximal de 10 500 shekels. Mais pour de nombreux Israéliens concernés, ces indemnisations – qui peuvent mettre un certain temps à arriver sur les comptes en banque – ne sont pas suffisantes.

Les économistes estiment qu’il faudra un an ou plus pour que l’économie, en Israël, se remette de la crise, et qu’un certain nombre d’entreprises pourraient ne jamais s’en remettre.

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