4 morts dans la chute d’une grue sur un chantier de Yavne
Rechercher

4 morts dans la chute d’une grue sur un chantier de Yavne

Trois personnes ont été tuées par des blocs en béton qui leur sont tombés dessus, un 4ème individu a été piégé en haut de la grue. Le ministre du Travail semble blâmer les ouvriers

Rescue forces at the scene after a fatal construction crane collapse at a site in Yavneh, May 19, 2019. (Magen David Adom)
Rescue forces at the scene after a fatal construction crane collapse at a site in Yavneh, May 19, 2019. (Magen David Adom)

Quatre personnes ont été tuées dimanche lors de l’effondrement d’une grue sur un chantier de construction dans la ville de Yavne, au centre du pays.

La grue s’est écrasée sur le Boulevard Jabotinsky dans la zone industrielle de la ville.

Trois des hommes ont perdu la vie lorsque des blocs de béton, utilisés pour équilibrer la grue, sont tombés et se sont écrasés au sol depuis une hauteur d’une douzaine de mètres.

Les équipes de secours ont prononcé la mort de trois ouvriers sur les lieux du drame.

Les services de secours et les médecins ont tenté – en vain – de ranimer un quatrième homme qui avait été piégé au sommet de la grue.

« Un effondrement partiel de grue a eu lieu sur un site de construction à Yavne », a indiqué la police israélienne dans un communiqué, ajoutant que « de nombreuses personnes » avaient été touchées quand des morceaux de l’engin étaient tombés à terre.

Le mois dernier, un ouvrier était mort d’une électrocution sur le même chantier, à Yavne.

La police a noté qu’elle enquêtait sur l’incident.

Selon des activistes luttant contre les accidents mortels au travail, l’accident de grue de dimanche élève le bilan des morts sur des chantiers à 20 depuis le début de l’année.

Les morts d’ouvriers du secteur de la construction surviennent presque chaque semaine en Israël en raison, très largement, de mesures de sécurité qui ne sont que médiocrement appliquées.

Jeudi dernier, deux ouvriers ont été tués dans des incidents distincts dans les villes de Petah Tikva et de Bnei Brak.

Selon l’organisation Worker’s Hotline, 35 employés du secteur de la construction avaient été tués sur leur lieu de travail en 2017 – un chiffre qui s’était élevé à 38 en 2018.

Le ministre des Affaires sociales Haim Katz prend la parole lors d’une réunion du Comité des finances à la Knesset le 5 mars 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Répondant à l’incident de dimanche, le ministre du Travail et des Affaires sociales Haim Katz a semblé rejeter les critiques et rejeter le blâme sur les ouvriers.

« Je ne crois pas que les accidents soient dus à la négligence des contractants », a-t-il déclaré. « Certains ouvriers ne respectent pas les normes de sécurité malgré la hauteur à laquelle ils travaillent ».

L’année dernière, une grève générale avait été évitée au dernier moment après que le syndicat de la Histadrout eut conclu un accord avec le gouvernement pour améliorer les conditions de sécurité pour les ouvriers du secteur de la construction. La grève devait dénoncer le manque de réglementation sécuritaire sur les chantiers, suite à la mort de plusieurs douzaines de travailleurs.

Les nouvelles mesures adoptées l’année dernière rendent les normes européennes sur les échafaudages obligatoires, établissent une régulation des grues et prévoient le renforcement d’autres règles de sécurité.

Tandis que les accidents sur les sites de construction sont communs au sein de l’Etat juif, la main-d’oeuvre employée dans le secteur est majoritairement composée de Palestiniens ou de travailleurs étrangers. Le sujet est rarement au centre des débats publics.

Seule une moitié d’incidents ayant entraîné la mort d’ouvriers sur de tels sites, entre 2011 et 2015, a fait l’objet d’une enquête, selon une étude menée par le centre de recherche et d’information de la Knesset. Les investigations, dans ces dossiers, ont été closes dans plus de 50 % des cas en raison d’un manque de preuves, avait fait savoir la radio israélienne au mois de septembre.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...