4 villes espagnoles abandonnent des motions de boycott d’Israël
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4 villes espagnoles abandonnent des motions de boycott d’Israël

Ce revirement intervient pendant une répression judiciaire sans précédent contre les résolutions soutenant le BDS

Drapeaux israéliens et espagnols ainsi que des pancartes "Ensemble avec Israël" pendant un rassemblement organisé par la Fédération des communautés juives d'Espagne (FCJE) et la communauté juive de Madrid devant l'ambassade d'Israël à Madrid, le 18 octobre 2015 (Crédit : PEDRO ARMESTRE / AFP)
Drapeaux israéliens et espagnols ainsi que des pancartes "Ensemble avec Israël" pendant un rassemblement organisé par la Fédération des communautés juives d'Espagne (FCJE) et la communauté juive de Madrid devant l'ambassade d'Israël à Madrid, le 18 octobre 2015 (Crédit : PEDRO ARMESTRE / AFP)

Quatre municipalités espagnoles ont abandonné leur ancienne politique de soutien au boycott de l’Etat juif suite à des actions juridiques de partisans d’Israël.

En pleine répression judiciaire sans précédent en Espagne contre ce phénomène, trois des quatre revirements du mois dernier ont suivi des injonctions de la cour qui suspendaient les motions municipales votées en soutien d’un boycott, a annoncé dans un communiqué la semaine dernière ACOM, une organisation pro-Israël madrilène.

La quatrième municipalité, Sant Sadurnì d’Anoià, une ville de 12 000 habitants en Catalogne, a annulé sa propre motion de soutien au mouvement de Boycott, Désinvestissements et Sanctions (BDS) après une menace d’ACOM de porter plainte.

Deux des jugements ont été rendus le 31 mai, quand les 3e et 4e cours administratives de Barcelone ont annulé les politiques pro-BDS des villes catalanes de Sant Adria de Besòs et Sant Quirze del Vallès, qui comptent au total 55 000 habitants.

Le mois dernier, une cour administrative d’Oviedo avait jugé qu’une motion de soutien au mouvement BDS votée en janvier par le conseil municipal de Langreo, dans le nord de l’Espagne, était discriminatoire et devait être annulée.

En mai également, le Ministerio Fiscal, une autorité juridique consultative chargée de garantir l’égalité dans le système judiciaire, avait recommandé d’annuler la motion pro-BDS votée à Gijon, dans le nord, pour s’être déclarée « un espace sans apartheid israélien ». Le Ministerio, qui est une cour constitutionnelle, avait cité des lois anti-discrimination dans son jugement contre Gijon.

Les jugements anti-BDS sont récents en Espagne, qui a pendant des années était vue comme un centre du lobbying anti-Israël en Europe.

Parallèlement à ces jugements, des motions proposant d’adopter les politiques du BDS ont échoué dans cinq municipalités espagnoles ces derniers mois. Trois autres communes ont néanmoins voté des motions pro-BDS – l’ACOM a promis de les vaincre au tribunal.

Le gouvernement d’Espagne a à plusieurs reprises exprimé son opposition au mouvement BDS, qui est illégal dans la France voisine car jugé discriminatoire.

Le parti au pouvoir en Grande-Bretagne travaille à une législation similaire, avaient annoncé les autorités en début d’année.

L’Espagne a récemment pris des mesures qui ont déplu aux partisans du BDS, notamment en proposant en janvier 107 000 dollars de dédommagement à une université de Cisjordanie pour son exclusion d’une compétition scientifique pour des raisons politiques.

Contrairement aux parlements de Grande-Bretagne, de France et d’autres pays européens, qui ont promis un soutien inconditionnel à un Etat palestinien, le Congrès espagnol a voté en 2014 une motion non contraignante disant qu’il ne soutiendrait qu’un Etat palestinien fondé par un accord de paix via des négociations avec Israël – une formulation qui a été saluée comme une victoire diplomatique pour Israël et ses partisans.

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