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5 chefs de banques à Netanyahu : Stoppez la réfonte qui « transforme Israël en dictature »

Des chefs d'entreprise demandent au Premier ministre d'interrompre le processus législatif litigieux, estimant qu'il "sape les fondements de la démocratie"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une session en séance plénière de la Knesset, le 20 mars 2023. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une session en séance plénière de la Knesset, le 20 mars 2023. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)

Les mises en garde contre la réforme judiciaire se sont poursuivies mardi de la part du monde des affaires, avec un groupe de dirigeants de banques et d’autres leaders de l’industrie qui ont déclaré au Premier ministre Benjamin Netanyahu que le processus législatif « transformera Israël en dictature ».

Parmi les signataires de la lettre adressée au premier ministre par le Forum des entreprises israéliennes figurent les dirigeants de certaines des entreprises les plus prospères du pays, ainsi que les cadres supérieurs de cinq banques.

« Nous vous demandons d’arrêter immédiatement les mesures législatives prévues, au premier rang desquelles la loi visant à modifier la commission de sélection des juges », peut-on lire dans la lettre, en référence au projet de loi sur les nominations judiciaires qui renforcera le contrôle de la coalition sur la sélection des juges, y compris les juges de la Haute Cour.

« Cette loi nuit gravement au système judiciaire et sape les fondements de la démocratie basés sur la séparation des pouvoirs et l’indépendance du système judiciaire, et transforme Israël en dictature », peut-on lire dans la lettre.

« Cette décision portera gravement atteinte à l’économie israélienne et, au-delà, à la société israélienne dans son ensemble, à sa résilience, à sa sécurité et à ses valeurs », indique la lettre.

« Le groupe rejette avec dégoût les menaces et les attaques contre les gardiens d’Israël, la Haute Cour de justice, le procureur général, Tsahal, le Shin Bet et la police », ajoute la lettre.

La bourse de Tel Aviv, le 25 décembre 2018. (Crédit : Adam Shuldman/Flash90)

Les signataires étaient dirigés par le leader du forum, Harel Wiesel, PDG du groupe Fox, et comprenaient les dirigeants de la Banque Mizrahi Tefahot, de la First International Bank of Israel, de la Banque Hapoalim, de la Banque Leumi et de la Banque d’escompte d’Israël.

Les cadres supérieurs des groupes d’assurance Phoenix et Harel ont également signé la lettre, de même que les dirigeants du groupe Azrieli et de Deloitte, ainsi que les chefs des groupes hôteliers Isrotel, Dan et Fattal et des géants de la distribution Shufersal, Strauss et Super-Pharm.

Par ailleurs, des fonctionnaires du ministère des Finances auraient averti le ministre des Finances Bezalel Smotrich que le plan visant à affaiblir le système judiciaire nuirait à l’économie et « pourrait conduire à une baisse continue de la croissance… estimée entre 0,2 % et 0,4 % ».

Le document prévient qu’une baisse à ce rythme pourrait conduire à une « diminution de la croissance annuelle du PIB de 2,8 % à 5,6 % en une dizaine d’années », a rapporté la Douzième chaîne.

Malgré les manifestations de masse et l’opposition d’acteurs économiques de premier plan et d’anciens responsables politiques appelant à la protection des freins et contrepoids, le gouvernement s’est déclaré déterminé à aller de l’avant avec le train de mesures proposé. Les changements juridiques accorderaient au gouvernement un contrôle total sur la nomination des juges, y compris les juges de la Haute Cour, et limiteraient considérablement la capacité de la Haute Cour à annuler la législation.

Cette semaine, les dirigeants des partis de la coalition ont déclaré qu’ils avaient l’intention de faire passer certains des changements judiciaires controversés avant que la Knesset ne s’arrête pour Pessah au début du mois d’avril, puis de reprendre le processus législatif qui vise à réformer radicalement le système judiciaire après les congés parlementaires, en demandant instamment à l’opposition d’utiliser ce temps pour des « négociations ». Parallèlement, l’opposition a refusé de négocier avec le gouvernement en raison de l’insistance de ce dernier à ne pas geler le processus législatif, ce qui a conduit à une impasse.

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