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5 unités de Tsahal ont violé les droits de l’Homme – avant la guerre – selon les États-Unis

Washington a dit avoir reçu de nouvelles informations de la part d'Israël sur la 5e unité - ce serait le Bataillon Netzah Yehuda - Jérusalem redoutant des sanctions imminentes

Des troupes du bataillon Netzah Yehuda opérant à Beit Hanoun, dans le nord de Gaza, sur une image publiée le 4 avril 2024. (Crédit : Armée israélienne)
Des troupes du bataillon Netzah Yehuda opérant à Beit Hanoun, dans le nord de Gaza, sur une image publiée le 4 avril 2024. (Crédit : Armée israélienne)

WASHINGTON — Les États-Unis ont établi que cinq unités appartenant aux forces de sécurité israéliennes avaient été responsables de violations flagrantes des droits de l’Homme – c’est la première fois que Washington tire une telle conclusion au sujet de Tsahal, a noté le département d’État dans la journée de lundi, même s’il n’a pas interdit à ces unités de pouvoir bénéficier de l’aide militaire américaine.

Les incidents en question ne se sont pas produits à Gaza et ils sont antérieurs à la guerre qui oppose, depuis le mois d’octobre, Israël et le Hamas dans la bande de Gaza.

Israël a procédé à des « corrections » dans quatre de ces unités de manière à se conformer à la loi américaine qui interdit la délivrance d’une assistance militaire à des forces de sécurité qui se rendent coupables de tels abus et qui n’ont pas été amenées à rendre des comptes devant la justice, a déclaré aux journalistes le porte-parole-adjoint du département d’État, Vedant Patel.

Patel a refusé d’entrer dans le détail des violations des droits de l’Homme qui ont été examinées par les responsables américains, refusant également de donner les noms des unités impliquées et de révéler la nature des mesures prises pour rectifier les choses.

« Quatre de ces unités ont remédié de manière efficace à ces violations, ce qui est ce que nous attendons de nos partenaires », a expliqué Patel. En ce qui concerne la cinquième unité impliquée, Washington n’a pas encore déterminé si les initiatives prises pour faire changer la situation étaient suffisantes et l’administration en discute encore avec Israël, a-t-il poursuivi.

Cette unité serait le Bataillon Netzah Yehuda de l’armée israélienne, le bataillon qui avait été impliqué dans la mort, en 2022, d’un ressortissant américano-palestinien de 78 ans, Omar Asad.

Des informations qui avaient laissé entendre, la semaine dernière, que les États-Unis pourraient appliquer des sanctions à l’unité Netzah Yehuda avaient été condamnées avec force par les dirigeants israéliens, avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le ministre de la Défense Yoav Gallant et d’autres qui avaient ouvertement appelé Washington à s’abstenir de prendre des mesures punitives.

Des officiels israéliens de premier plan, notamment Gallant et Benny Gantz, ministre au sein du cabinet de guerre, la cellule de commandement militaire gouvernementale, avaient évoqué le sujet avec le secrétaire d’État américain Antony Blinken au cours de deux entretiens distincts, tentant de dissuader l’administration Biden d’imposer des sanctions à Netzah Yehuda, un bataillon de la brigade d’infanterie Kfir qui accueille des soldats religieux et qui est largement constitué de nationalistes ultra-orthodoxes.

Dans un courrier adressé au président de la Chambre américaine Mike Johnson, une lettre dont le contenu a été rendu public mardi, Blinken a annoncé que les États-Unis ne prendraient aucune décision concernant l’aide apportée au bataillon avant de réexaminer de nouvelles informations qui ont été transmises par l’État juif.

Un responsable israélien a dit au Times of Israel, lundi, que Jérusalem « rejette catégoriquement toute tentative de porter atteinte à l’armée israélienne et au droit à l’auto-défense d’Israël ».

Il a ajouté que rien – ni l’Iran et ses proxies, ni les conclusions tirées par le département d’État américain, ni d’éventuels mandats d’arrestation émis par la Cour pénale internationale – n’empêcherait Israël d’atteindre ses objectifs de guerre.

Le porte-parole-adjoint du département d’État Vedant Patel et le secrétaire d’État américain Antony Blinken lors d’un point-presse consacré au rapport 2022 sur les pratiques en matière de droits de l’Homme au département d’État de Washington, le 20 mars 2023. (Crédit : AP Photo/Andrew Harnik)

Au début du mois, Blinken avait dit avoir pris des décisions concernant les accusations qui laissaient entendre qu’Israël avait contrevenu à une série de lois américaines qui interdisent d’apporter une assistance militaire aux individus ou aux unités qui se rendent coupables de violations flagrantes des droits de l’Homme.

La loi Leahy, qui avait été rédigée par le sénateur américain Patrick Leahy à la fin des années 1990, interdit toute aide militaire aux individus ou aux unités des forces de sécurité qui ont contrevenu aux droits de l’Homme sans avoir eu à en répondre devant la justice.

Des troupes du bataillon Netzah Yehuda de la Brigade Kfir opérant dans le nord de Gaza, à Beit Hanoun, sur une image publiée le 23 avril 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Le Bataillon Netzah Yehuda avait été créé en 1999 pour accueillir les Juifs ultra-orthodoxes et autres membres du mouvement national-religieux en accommodant au mieux leurs croyances religieuses.

Le bataillon a été au cœur de plusieurs controverses, dans le passé, en lien avec l’extrémisme de droite et avec des violences anti-Palestiniennes. La mort d’Asad, en 2022, qui s’était éteint alors qu’il avait été arrêté, menotté et ensuite abandonné dans un froid glacial par les soldats, les yeux bandés, avait fait scandale.

Suite à cet incident et après d’autres informations portant sur des violences commises sur des Palestiniens par les troupes de l’unité, l’armée israélienne avait décidé de retirer cette dernière de Cisjordanie, où elle était stationnée, au mois de décembre 2022.

Aucune démarche n’avait néanmoins été entreprise pour faire assumer la responsabilité individuelle de leurs actes aux soldats, avec des incidents répétés de mauvaise conduite à l’égard des Palestiniens qui étaient devenus endémiques au sein du bataillon, a expliqué un responsable américain au Times of Israel au début de la semaine, expliquant la décision sans précédent de venir peut-être sanctionner une unité militaire israélienne.

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