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5e semaine de manifestations contre la refonte du système judiciaire en Israël

Lapid a déclaré que les manifestants "refusent de vivre dans un pays non-démocratique" ; le maire de Tel Aviv a déclaré que "si les mots cessent, les actions commenceront"

Des milliers de manifestants rassemblés contre le remaniement judiciaire prévu par le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu, à Tel Aviv, le 4 février 2023. (Crédit : Gili Yaari /Flash90)
Des milliers de manifestants rassemblés contre le remaniement judiciaire prévu par le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu, à Tel Aviv, le 4 février 2023. (Crédit : Gili Yaari /Flash90)

Des dizaines de milliers d’Israéliens se sont rassemblés samedi pour la cinquième semaine consécutive afin de protester contre la volonté du gouvernement de remanier radicalement le système judiciaire.

En plus des principales manifestations à Tel Aviv, de plus petites manifestations ont eu lieu à Jérusalem, Haïfa et dans un certain nombre d’autres villes.

Le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, a participé au rassemblement de Haïfa, déclarant que les manifestants étaient venus « pour sauver le pays ».

« Nous nous battrons ici dans les rues, nous nous battrons à la Knesset, nous nous battrons devant les tribunaux, nous sauverons notre pays, car nous refusons de vivre dans un pays non-démocratique », a déclaré Lapid.

À Tel Aviv, le maire Ron Huldaï a déclaré à la foule que « si les mots cessent, les actions vont commencer ». « Nous nous battons pour notre foyer… un État sioniste, juif et démocratique. Nous nous battons pour nos croyances fondamentales », a-t-il déclaré.

« C’est l’occasion de parvenir à de larges accords, et si les mots s’arrêtent, les actions commenceront. Nous ne nous arrêterons pas aux places publiques. Nous ne serons pas indifférents, nous ne réagirons pas par l’acceptation », a ajouté Huldaï.

Des Israéliens manifestant contre les projets du nouveau gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu de remanier le système judiciaire, à Tel Aviv, en Israël, le 4 février 2023. (Crédit : AP Photo/Maya Alleruzzo)

L’ancien chef de la police, Roni Alsheich, s’est également adressé aux manifestants à Tel Aviv, dénonçant avec force les propositions avancées par la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu pour remanier le système judiciaire, qui prévoient notamment de limiter fortement les pouvoirs de contrôle judiciaire de la Haute Cour de justice et de cimenter le contrôle politique sur la nomination des juges.

« La proposition équivaut à un coup d’État, ni plus ni moins », a déclaré Alsheich. « En tant que [Juif] pratiquant, je dois dire qu’il n’y a également rien de juif dans ce qui est proposé. »

« Contenir le pouvoir est une valeur juive fondamentale et profonde qui ne doit pas être abandonnée », a-t-il ajouté.

« J’ai honte, en tant que Juif croyant et pratiquant, du comportement des politiciens. J’entends des affirmations répétées selon lesquelles la communauté religieuse est devenue le ‘bouclier de la corruption publique’. »

Une manifestante âgée de 44 ans, Dania Shwartz, a déclaré à l’AFP que les manifestants étaient en train de se « réapproprier » le drapeau israélien.

« Si vous regardez autour de vous, il y a beaucoup de drapeaux israéliens et pendant de nombreuses années, le drapeau israélien a été un symbole de la droite, sans raison (…) Nous sommes des patriotes et nous voulons que ce pays continue d’exister. Les drapeaux israéliens appartiennent à nous tous, ce n’est pas une question d’être de droite ou de gauche », a-t-elle déclaré. « Ce nouveau gouvernement essaiera de faire passer des lois qui affecteront mes enfants », a-t-elle ajouté.

Environ 40 000 personnes ont assisté aux rassemblements à Tel Aviv, selon le quotidien Haaretz. Il y a deux semaines, environ 100 000 personnes avaient manifesté dans cette même ville.

Le journal estime à 60 000 le nombre de participants à la manifestation de samedi, dont au moins 10 000 à Haïfa, 2 000 à Jérusalem, 2 000 à Raanana et 2 000 autres à Kfar Saba.

L’ancien chef de la police, Roni Alsheikh, prenant la parole lors d’une manifestation anti-gouvernement, à Tel Aviv, le 4 février 2023. (Crédit : Mouvement pour un gouvernement de qualité en Israël)

Lors de la manifestation de Jérusalem, les manifestants se tenaient emmitouflés, parapluies levés contre la bruine constante, arborant drapeaux israéliens et pancartes.

La manifestation a commencé par des chants et des discours, suivis de la marche hebdomadaire vers la Place de France, près de la résidence officielle du Premier ministre, à Jérusalem.

Parmi les intervenants figurait Yoav Dotan, professeur de droit à l’université hébraïque, qui s’est élevé contre les tentatives du gouvernement actuel de créer « un assaut total » contre la police, l’armée et les ministères.

« La chose la plus importante que nous puissions faire est d’être ici », a déclaré Dotan. « Pour gagner cette bataille, nous la gagnerons en étant ici – les milliers qui sont déjà là – et en amenant les milliers d’autres qui partagent le même sentiment. Nous avons besoin qu’un demi-million de personnes descendent dans les rues. »

Nazier Magally, responsable de la recherche au think-tank Shaharit, a reconnu que les arabophones comme lui n’étaient pas nombreux dans la foule.

« Peu d’Arabes se manifestent, ils ne pensent pas faire partie de tout cela », a déclaré Magally. « Ils ont des critiques à formuler à l’égard du système judiciaire, et ils devraient prendre leurs responsabilités parce qu’il n’y a pas de doute sur ce qu’il y a à corriger dans ce système. »

Des manifestants contre le gouvernement de Netanyahu rassemblés devant la résidence présidentielle, à Jérusalem, le 4 février 2023. (Crédit : AH/Times of Israel)

Les propositions présentées par le ministre de la Justice, Yariv Levin, accorderaient au gouvernement un contrôle total sur la nomination des juges, y compris les juges de la Cour suprême ; limiteraient sévèrement la capacité de la Haute Cour de justice à annuler des lois ; et permettraient à la Knesset de légiférer à nouveau sur les lois que la Cour parvient à annuler avec une majorité simple de 61 des 120 députés de la Knesset.

Les critiques ont organisé une série de grandes manifestations, affirmant que ces changements videront les tribunaux de leur substance, laisseront les droits des minorités sans protection et concentreront un pouvoir presque illimité entre les mains de la coalition au pouvoir. Les partisans affirment que le système actuel donne aux juges et aux avocats non-élus trop de pouvoir sur les représentants élus.

Malgré les objections de la Procureure générale, du président de la Cour suprême et de nombreux autres juristes, économistes, hommes d’affaires, universitaires, et dirigeants de sociétés du secteur high-tech, entre autres, le gouvernement a promis de poursuivre ses projets. La commission de la Constitution, du Droit et de la Justice de la Knesset doit poursuivre ses travaux sur les projets de loi cette semaine. Selon la Douzième chaîne, les responsables de la coalition espèrent les soumettre à un premier vote en plénière d’ici fin février.

Samedi, le Procureur général adjoint, Gil Limon, a spécifiquement mis en garde contre la proposition de la coalition visant à empêcher la Haute Cour d’utiliser la notion juridique du « caractère raisonnable » pour juger les décisions du gouvernement.

« La motivation est un pouvoir sans limite et le résultat sera un pouvoir sans limite », a-t-il déclaré, cité par Haaretz.

Dans une prise de position rendue publique jeudi, la Procureure générale, Gali Baharav-Miara, a déclaré que les projets du gouvernement lui donneraient un pouvoir pratiquement illimité, sans prévoir aucune protection institutionnelle des droits individuels ou du caractère démocratique d’Israël. Dans leur forme actuelle, Baharav-Miara ne devrait pas pouvoir défendre les plans devant la Haute Cour de justice si des requêtes venaient à être déposées.

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