7 anecdotes juives inattendues aux Oscars 2017
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7 anecdotes juives inattendues aux Oscars 2017

Nous avons inspecté les coulisses de la cérémonie des Oscars, organisée dimanche soir. Nous avons découvert que le réalisateur de ‘La La Land’ est allé dans une école hébraïque, que le dernier Harry Potter est une allégorie de l’antisémitisme, que le documentaire sur le violon d’un survivant de l’Holocauste pourrait recevoir un prix…

La compositeur Justin Hurwitz, à gauche, et le réalisateur Damien Chazelle lors de la première de  'La La Land' à  l'AFI Fest 2016, présenté par Audi au Chinese Theatrele novembre 2016 à Hollywood, en Californie. (Crédit : Chris Weeks/Getty Images pour Audi via JTA)
La compositeur Justin Hurwitz, à gauche, et le réalisateur Damien Chazelle lors de la première de 'La La Land' à l'AFI Fest 2016, présenté par Audi au Chinese Theatrele novembre 2016 à Hollywood, en Californie. (Crédit : Chris Weeks/Getty Images pour Audi via JTA)

JTA — L’Académie du cinéma et des sciences est heureuse d’oublier 2016, année où elle avait subi de vives critiques pour n‘avoir nominé que des artistes blancs dans les catégories majeures des Oscars pour la deuxième année consécutive.

Mais pour l’Académie, cette année, les choses paraissent très différentes. La cérémonie des Oscars, qui aura lieu dimanche soir, présente une bien plus grande diversité d’acteurs nominés et une liste plus forte de films en compétition.

Tandis que l’ambiance globale de la soirée s’annonce plutôt gaie cette année – indépendamment du malaise à Hollywood qui a suivi l’élection de Donald Trump – il y a moins de fils conducteurs juifs que d’habitude. Alors nous avons un peu creusé et recherché quelques friandises juives inattendues parmi les nominés.

Le réalisateur de « La La Land » est catholique mais il est allé dans une école hébraïque

Damien Chazelle n’est pas encore un nom du sérail – mais cela pourrait être davantage le cas dès dimanche soir dans la mesure oà son film « La La Land » a été nominé dans pas moins de 14 catégories.

Chazelle, 32 ans, qui s’est fait connaître en 2014 avec son film « Whiplash », a grandi dans un foyer catholique de Princeton, dans le New Jersey. Mais, ses parents n’étant pas satisfaits du catéchisme qu’il recevait à l’école du dimanche à l’église, l’ont inscrit dans une école hébraïque. Il y est resté pendant quatre ans.

“J’ai connu cette période de la vie où j’étais très, très investi dans l’hébreu et dans l’Ancien Testament, puis je suis parti avec ma classe en Israël lorsque nous étions en sixième”, a expliqué Chazelle au Jewish Journal of Los Angeles en 2015.

« Je ne pense pas qu’ils aient seulement su que je n’étais pas Juif, on va dire que j’étais « de passage' ».

Il y a enfin des personnages juifs dans l’univers de « Harry Potter ».

Les livres de J.K. Rowling consacrés à la vie du petit sorcier ont enchanté les lecteurs du monde entier pendant des années, et il était déraisonnable de penser que la série puisse toucher complètement à sa fin.

Le premier des cinq nouveaux films de la saga sur « l’univers » de Potter, basé sur le livre de Rowling en 2001 Les animaux fantastiques », est sorti à l’automne dernier.

Cette oeuvre divertissante est nominée dans deux catégories : celle de la création de costumes et de la conception de production – et présente également deux personnages juifs, ce qui est une première dans l’univers de Harry Potter.

Dan Fogler est ainsi Jacob Kowalski, habitant du quartier du Lower East Side qui tente d’ouvrir sa propre boulangerie et Katherine Waterston interprète Tina Goldstein, employée du Congrès Magique aux Etats Unis.

L’histoire peut être également perçue comme une allégorie de l’antisémitisme dans les années 1920.

Un film sur le violon d’un survivant de l’Holocauste, « Joe’s Violin », en bonne place pour remporter l’Oscar du meilleur documentaire (court métrage)

Lorsque Joe Feingold, survivant de l’Holocauste de 93 ans originaire de Pologne et habitant à New York, a cessé de jouer du violon il y a quelques années, il l’a donné à une campagne qui offrait des instruments de musique à des élèves dans le besoin.

L’instrument a terminé entre les mains de Brianna Perez, une élève de 12 ans inscrite au Bronx Learning Global Institute for Girls.

Mais ce n’était pas un violon ordinaire — Feingold l’a acheté dans un camp de déportés juste après la guerre et a ainsi retrouvé le plaisir de la musique qui l’habitait avant l’Holocauste.

Le documentaire de 24 minutes de Kahane Cooperman sur l’histoire du violon et une rencontre entre Feingold et Perez est, comme l’a écrit un journaliste de JTA de manière très précise, une « œuvre émouvante jusqu’aux larmes’. Le court métrage a aujourd’hui une chance de remporter le prix.

Natalie Portman a pris un accent (non israélien) pour obtenir une nomination dans « Jackie ».

Dans le biopic consacré à la vie de Jacqueline Kennedy Onassis après l’assassinat de son mari, la manière de perler de Portman, qui est née en Israël, est difficilement reconnaissable.

La jeune femme a étudié très sérieusement pour ressembler à l’ancienne Première dame, dont l’accent excentrique aux tonalités new-yorkaises avait été décrite comme une « voix traînante insolite qui défie les classifications linguistiques simples ».

Mais ce n’est pas la première fois que Portman est amenée à perfectionner un accent pour cette interprétation de Jackie O – en fait, elle avait travaillé en 2015 l’amélioration de son accent israélien pour jouer dans « A Tale of Love and Darkness », sa première réalisation, qui était l’adaptation d’un roman autobiographique d’Amos Oz.

Portman jouait la mère d’Oz dans le film, dont les dialogues sont entièrement en hébreu.

Un compositeur juif mis à l’honneur ce soir ?

Justin Hurwitz, qui était le camarade juif de chambrée de Damien Chazelle à Harvard, est prêt à se faire, lui aussi, un nom. Sa bande originale du film « La La Land », écrite avec des auteurs comme Benj Pasek (lui aussi Juif) et Justin Paul, est en lice pour remporter l’Oscar de la meilleure musique de film.

Le titre « City of Stars » pourrait également se distinguer lors de la remise du prix de la meilleure chanson. Hurwitz et Chazelle ont connu une relation fructueuse : le compositeur juif a travaillé sur la musique de tous les précédents films de Chazelle, dont « Whiplash », acclamé par la critique et le public.

Le réalisateur au nom aux consonances irlandaises de “Manchester By the Sea” est aussi Juif

Kenneth Lonergan a un nom qui sonne très certainement catholique – et le père du réalisateur était en effet irlandais.

Mais sa mère était juive, ce qui fait de lui un membre par défaut de la communauté. Lonergan, qui a également écrit plusieurs pièces et « Gangs of New York », a été élevé dans un environnement plutôt laïque par sa mère et un beau-père juif près de Central Park à New York.

« J’ai toujours supposé que tout le monde était Juif », avait-il déclaré l’année dernière au New Yorker évoquant ses jeunes années. « Je ne savais pas que c’était quelque chose d’inhabituel. Et finalement, j’ai rencontré certaines personnes qui n’étaient pas juives et je me suis dit : ‘Oh, tout le monde n’est pas Juif – D’accord. Mais ça a pris un moment pour que ça rentre' ».

Un documentaire en compétition s’intéresse à une famille juive dont l’enfant est autiste.

Le journaliste juif Ron Suskind a remarqué que son fils Owen commençait à montrer des signes d’autisme à l’âge de trois ans, lorsqu’il a cessé de parler et de communiquer comme il le faisait auparavant.

Mais Suskind a trouvé une source improbable pour aider à extraire Owen de sa frustration et de son silence : les dessins animés de Disney.

Owen s’est immergé dans les films et a commencé à communiquer en répétant des extraits de phrase. L’oeuvre touchante réalisée par Roger Ross Williams, « Life, Animated », qui suit Owen – âgé dorénavant d’une vingtaine d’années – le long d’une année cruciale, celle de sa recherche d’indépendance, est nommée au prix du meilleur documentaire.

Dans la mesure où la forme suit souvent le fond, le film comprend plusieurs séquences animées.

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