75 % des Israéliens veulent décharger le rabbinat des procédures de divorce
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75 % des Israéliens veulent décharger le rabbinat des procédures de divorce

99 % des sondés non-religieux voudraient que le divorce relève de la compétence exclusive des tribunaux publics

Une bague de fiançailles. Illustration. (Crédit : Shay Levy/Flash90)
Une bague de fiançailles. Illustration. (Crédit : Shay Levy/Flash90)

Les trois quarts des personnes interrogées dans une enquête sur le divorce en Israël ont déclaré soutenir la décharge de compétence du rabbinat concernant les procédures de divorce afin que celle-ci soit transmise à l’autorité des tribunaux publics de la famille.

L’enquête sur le divorce, qui selon le droit israélien est pris en charge pour les couples juifs par les juges rabbiniques ayant la même autorité que les magistrats des tribunaux de la famille, a été publiée mardi et est basée sur les réponses de 500 adultes juifs, selon le quotidien en hébreu Makor Rishon.

Conduit par l’agence de sondages Rafi Smith pour trois NGO œuvrant à mettre fin à la compétence du rabbinat concernant les litiges conjugaux, le sondage a également révélé un faible taux de soutien aux tribunaux de la famille, avec seulement 52 % des sondés déclarant qu’ils avaient confiance en ces tribunaux.

Parmi les sondés non-religieux, le transfert de compétence sur le divorce aux tribunaux publics a reçu un taux d’approbation écrasant de 99 % et un taux de désapprobation de 93 % chez les Juifs haredi.

Les sondés identifiés comme « traditionalistes » ont indiqué une cote de soutien de 73 % tandis que les « orthodoxes modernes » interrogés se sont largement opposés à ce transfert de compétence, avec 66 % des sondés se prononçant contre.

Parmi les arguments en faveur de ce changement figure le fait que les juges de la famille sont déliés des contraintes posées par les lois juives, qui déterminent qu’il est impossible de dissoudre un mariage à moins que l’homme ne l’accepte. Un refus de sa part fait de la femme une « agunah », incapable de se marier conformément à la loi juive et d’inscrire un remariage au registre public israélien.

Le soutien des femmes en faveur des divorces non-religieux est de 79 %, tandis que 71 % des hommes ont répondu de même.

« Les Israéliens en ont assez des tribunaux rabbiniques qui sont discriminatoires à l’égard des femmes », a déclaré Uri Regev, avocat et rabbin réformiste en Israël et directeur de Hiddush, l’une des organisations à l’origine de l’initiative du sondage.

L’an dernier, les tribunaux rabbiniques ont infligé des peines à 47 hommes ayant refusé d’accorder le divorce à leurs épouses. Les peines comprenaient, entre autres, la révocation du permis de conduire, le gel des comptes bancaires, l’interdiction de quitter le territoire et l’émission de 23 mandats d’arrêts, selon le rabbinat. Ces étapes ont conduit à la « libération » de 180 femmes, a déclaré le rabbinat dans un rapport annuel publié mercredi.

Le rabbinat a traité 11 114 affaires de divorce en 2015, soit à peu près le même nombre que l’an dernier. Parmi ces affaires, 763 se situaient à Tel Aviv et à Jérusalem 728.

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