8 mois de prison pour jets de pierres sur des manifestants anti-Netanyahu
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8 mois de prison pour jets de pierres sur des manifestants anti-Netanyahu

Dennis Potodinsky, qui a des antécédents de problèmes psychiatriques, est la première personne condamnée pour avoir agressé des manifestants anti-Premier ministre

Dennis Potodinsky lance des pierres sur des manifestants anti-Netanyahu. (Capture écran/Twitter)
Dennis Potodinsky lance des pierres sur des manifestants anti-Netanyahu. (Capture écran/Twitter)

Un sans-abri de Haïfa a été condamné mercredi à huit mois de prison pour avoir attaqué des manifestants anti-Netanyahu. C’est la première fois qu’une personne est condamnée pour s’en être pris à des Israéliens qui manifestaient contre le Premier ministre.

Dennis Potodinsky, 36 ans, a été condamné par le tribunal de Haïfa pour avoir jeté des pierres sur un groupe de manifestants anti-Netanyahu en septembre, ce qui a entraîné l’évacuation d’une femme vers le centre médical Rambam, situé dans le nord de la ville.

Il a également été reconnu coupable d’avoir tenu des propos racistes à l’un des agents qui l’ont arrêté, car insulter un fonctionnaire est une infraction pénale dans le droit israélien.

Il aurait craché sur l’officier, lui disant « je suis blanc et tu es noir » et l’aurait traité « d’Éthiopien dégoûtant », selon un rapport de Walla news.

Dennis Potodinsky qui a des antécédents de problèmes psychiatriques, d’hospitalisations et de toxicomanie, a déclaré au tribunal qu’il était ivre au moment de l’incident.

Samedi, des manifestants anti-Netanyahu ont été victimes de nouvelles attaques à Haïfa. Ils auraient été aspergés de gaz poivré en plusieurs endroits de la ville, et la police de Haïfa a arrêté trois résidents de Kiryat Yam, âgés d’une vingtaine d’années, soupçonnés d’être à l’origine de ces agressions, selon Walla.

Dans un autre quartier de la ville, une altercation a éclaté entre anti-Netanyahu et contre-manifestants pro-gouvernement, qui a donné lieu à l’agression d’une femme, rapporte Walla.

Ces derniers mois, des dizaines d’attaques contre des manifestants anti-Netanyahu ont été signalées, dont beaucoup au gaz poivré.

Un résident de Pardes Hannah a été arrêté la semaine dernière pour s’en être pris à eux avec un extincteur lors d’une mobilisation anti-Netanyahu à un rond-point dans la ville du nord il y a trois semaines.

La police a également arrêté quatre militants d’extrême droite pour avoir harcelé des manifestants qui protestaient contre le Premier ministre dans la ville de Holon, dans le centre du pays, alors que des images vidéo montraient l’un d’entre eux en train d’asperger des manifestants de gaz poivré.

Par ailleurs, des anti-Netanyahu à Jérusalem ont été la cible de jets de légumes par des passants, a rapporté mardi la Douzième chaîne.

Un autre incident grave s’est produit en juillet, lorsque plusieurs militants d’extrême droite présumés ont attaqué des manifestants alors qu’ils participaient à un rassemblement à Tel-Aviv. Des images vidéos les ont montrés frapper les manifestants avec des bouteilles de verre, des massues et des chaises et de les asperger de gaz lacrymogène. Une dizaine de personnes ont été hospitalisées, dont deux ont reçu des coups de couteau dans le dos.

Capture d’écran d’une vidéo semblant montrer des attaques de manifestants par des activistes d’extrême droite suspectés à Tel Aviv, le 28 juillet 2020. (Screen grab/Facebook)

Dans deux incidents distincts, des automobilistes auraient également tenté de renverser des manifestants.

Netanyahu est jugé pour une série d’affaires dans lesquelles il aurait reçu des cadeaux somptueux de la part d’amis milliardaires et accordé des faveurs réglementaires à des magnats de la presse en raison d’une couverture plus favorable de lui-même et de sa famille. Le Premier ministre nie tout méfait, accusant les médias et la justice d’une chasse aux sorcières destinée à l’évincer de son poste.

Depuis que de nouvelles restrictions sur les manifestations ont été approuvées le mois dernier, des dizaines de milliers d’Israéliens ont organisé des manifestations au coin des rues et sur les places publiques près de chez eux contre Netanyahu et contre la mauvaise gestion de la crise du coronavirus et de ses retombées économiques par le gouvernement.

Ces mesures ont depuis été levées.

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