82 ans après la Nuit de Cristal, Rivlin dénonce un « virus de l’antisémitisme »
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82 ans après la Nuit de Cristal, Rivlin dénonce un « virus de l’antisémitisme »

Les présidents autrichien et allemand ont pris part à un évènement commémorant les pogroms commis dans leurs pays et ont promis d'œuvrer contre les discriminations anti-juives

Le président Reuven Rivlin (au centre) lors d'un évènement commémorant le 82a anniversaire de la Kristallnacht le 9 novembre 2020. (Crédit : Koby Gideon/GPO)
Le président Reuven Rivlin (au centre) lors d'un évènement commémorant le 82a anniversaire de la Kristallnacht le 9 novembre 2020. (Crédit : Koby Gideon/GPO)

Le président Reuven Rivlin a mis en garde contre le « virus de l’antisémitisme » lundi lors d’un évènement marquant le 82e anniversaire du pogrom de la Nuit de Cristal.

« Nous nous souvenons des victimes et nous nous rappelons comment la propagande de haine extrémiste, quand elle atteint des sommets de polarisation, peut pulvériser les fondements mêmes d’une société, de l’humanité et droits humains, en mille morceaux. Semer la destruction, la catastrophe, permettre la descente dans les recoins les plus sombres, au-delà de toute imagination », a déclaré Rivlin lors de l’événement commémorant les pogroms déclenchés par les nazis en Allemagne et en Autriche, au cours desquels 91 Juifs ont été tués, 30 000 Juifs ont été arrêtés, 1 400 synagogues ont été incendiées et d’innombrables maisons et entreprises ont été vandalisées.

Rivlin est revenu sur le Forum mondial de la Shoah qui s’est tenu à Jérusalem au début de cette année, au cours duquel les dirigeants du monde entier se sont engagés à se dresser contre l’antisémitisme et le racisme.

« Dans les mois qui ont suivi [le forum], le monde entier a été confronté à la menace du coronavirus. Même la lutte contre le nouveau virus, qui exige solidarité et collaboration, n’a pas réussi à effacer l’ancien fléau, celui de l’antisémitisme », a-t-il déploré. « Le virus de l’antisémitisme, du racisme et de la xénophobie est plus résistant que le coronavirus. Il change de forme, se met à l’abri et menace de s’infiltrer par n’importe quelle fissure. Mais il peut et il doit y avoir un vaccin pour lui aussi ».

Un homme regarde les décombres d’un magasin juif à Berlin, le 10 novembre 1938, au lendemain de la Nuit de cristal. (Photo AP)

Le président autrichien Alexander Van der Bellen et son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier ont également pris la parole lors de cet événement.

« Les pogroms de novembre n’ont pas marqué le début des persécutions des Juifs allemands. Ils ont été une explosion de violence nauséabonde faisant suite à de nombreuses années de discrimination, de harcèlement et d’hostilité. Ils préfiguraient les crimes innommables de la Shoah commis par mes compatriotes quelques années plus tard. Et ils constituent un avertissement brutal pour notre époque », a souligné Steinmeier.

Tout en se félicitant de constater que « la vie juive est à nouveau florissante en Allemagne », Steinmeier a déploré la montée de l’antisémitisme dans son pays.

« J’ai honte que les Juifs ne se sentent pas en sécurité en portant la kippa dans la rue. J’ai honte que les lieux de culte juifs aient besoin de protection. J’ai honte que seule une lourde porte en bois ait empêché une attaque meurtrière contre la synagogue de Halle à l’occasion du Yom Kippour l’année dernière », a-t-il déclaré, en faisant référence à une fusillade commise l’année dernière.

Van der Bellen a tenu à « reconnaître » que « l’Autriche a sa part de responsabilité » dans la Shoah.

« Beaucoup d’Autrichiens, trop nombreux, ont été parmi les auteurs. Reconnaître notre responsabilité signifie avant tout prévenir résolument et courageusement toute forme de racisme, de discrimination et d’antisémitisme – où que nous le croisions », a-t-il appelé de ses vœux.

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