900 civils enlevés par une milice chiite en Irak
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900 civils enlevés par une milice chiite en Irak

L'ONU se dit inquiète de leur sort ; ils ont été enlevés pendant l'offensive de l'armée irakienne pour reprendre Fallouja

Les forces de sécurité irakiennes se rassemblent aux frontières de Falloujah pendant qu'elles préparent une opération pour reprendre la ville à l'Etat islamique, le 22 mai 2016. (Crédit : AFP/Ahmad al-Rubaye)
Les forces de sécurité irakiennes se rassemblent aux frontières de Falloujah pendant qu'elles préparent une opération pour reprendre la ville à l'Etat islamique, le 22 mai 2016. (Crédit : AFP/Ahmad al-Rubaye)

L’ONU s’inquiétait mardi du sort de quelque 900 civils enlevés début juin par une milice chiite lors de l’offensive de l’armée irakienne pour reprendre la ville de Fallouja au groupe jihadiste Etat islamique (EI).

« Le 1er juin (…) environ 8 000 civils, dont 1 500 hommes et jeunes garçons âgés de plus de 14 ans, ont quitté le village de Saqlawiya, près de Fallouja », a expliqué le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al-Hussein, dans un communiqué.

Au loin, des unités qui ressemblaient à celles du gouvernement leur ont assuré par haut-parleur qu’ils n’avaient rien à craindre, ajoute le communiqué. Mais une fois à leur hauteur, des témoins ont aperçu le drapeau de la milice Kataëb Hezbollah.

Les femmes et des enfants ont été immédiatement transférés dans le camp d’Amriyat al-Fallouja, géré par le gouvernement irakien.

Les hommes et jeunes garçons ont eux été transportés dans divers lieux pendant plusieurs jours, dans les environs de Fallouja. Entassés dans des locaux sans eau, nourriture ni arrivée d’air frais, ils ont été menottés et abattus.

Certains ont été torturés, parfois jusqu’à la mort, s’ils demandaient de l’aide, selon le Haut-Commissaire de l’ONU. D’autres ont été décapités et deux brûlés.

Des responsables locaux estiment qu’une cinquantaine de personnes auraient été exécutées de manière sommaire ou torturés à mort, ajoute l’ONU.

Le 5 juin, les détenus ont été séparés en deux groupes : 605 personnes ont pu rejoindre les femmes et les enfants. L’ONU est en revanche sans nouvelle du second groupe, constitué d’environ 900 personnes. Le Haut-Commissaire dispose pour l’instant des noms de 643 d’entre eux.

Prince Zeid Raad Zeid Al-Hussein (Crédit : capture d'écran YouTube)
Prince Zeid Raad Zeid Al-Hussein (Crédit : capture d’écran YouTube)

Zeid Ra’ad Al-Hussein a dénoncé « le pire – mais pas le premier – incident » perpétré par des milices pro-gouvernementales en Irak. « Ces crimes ne sont pas seulement horribles. Ils sont contre-productifs. C’est une forme de propagande pour l’EI », a souligné le responsable onusien.

Fallouja avait été la première ville d’Irak à tomber aux mains de l’EI en janvier 2014. Sa reprise « totale » a été proclamée le 26 juin après une opération de plus d’un mois.

Des milices chiites irakiennes ont participé activement à la libération de la ville. Mais leur implication avait suscité des inquiétudes, certaines d’entre elles ayant été accusées de violences à l’encontre de civils sunnites au cours de précédentes opérations.

La bataille de Fallouja a entraîné une crise humanitaire avec le déplacement de quelque 90 000 habitants.

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