A cause du coronavirus, les enfants sont moins vaccinés, selon l’Unicef
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A cause du coronavirus, les enfants sont moins vaccinés, selon l’Unicef

"Les enfants des familles les plus pauvres des pays touchés par les conflits et les catastrophes naturelles sont les plus exposés", a déclaré la directrice du Fonds pour l'enfance

Des enfants masqués attendent d'être vaccinés dans une clinique de santé d'Apia, aux îles Samoa, au mois de novembre 2019 (Capture d'écran : TVNZ via AP)
Des enfants masqués attendent d'être vaccinés dans une clinique de santé d'Apia, aux îles Samoa, au mois de novembre 2019 (Capture d'écran : TVNZ via AP)

Le nouveau coronavirus, qui a poussé des milliards de personnes au confinement, empêche la vaccination de nombreux enfants, les conséquences s’annonçant particulièrement graves pour les plus pauvres d’entre eux, qui vivent dans des pays en conflit ou affectés par des catastrophes naturelles, a averti l’Unicef jeudi.

« La distanciation physique conduit les parents à prendre la décision difficile de reporter les vaccinations de routine », dans un contexte de « rareté » des produits médicaux du fait de chaînes d’approvisionnement sous tension et des « perturbations dans les transports », a observé Henrietta Fore, la directrice de l’Unicef, dans un communiqué.

« Les enfants des familles les plus pauvres des pays touchés par les conflits et les catastrophes naturelles sont les plus exposés », a-t-elle observé, se disant « particulièrement préoccupée » par l’Afghanistan, la République démocratique du Congo, la Somalie, les Philippines, la Syrie ou le Soudan du Sud, « qui luttent contre des épidémies de rougeole, de choléra ou de polio tout en répondant aux cas de Covid-19 ».

« Dans un moment comme celui-ci, ces Etats peuvent difficilement se permettre de faire face à de nouvelles épidémies de maladies évitables par la vaccination », a relevé Henrietta Fore, appelant « tous les gouvernements à commencer dès maintenant une planification rigoureuse afin d’intensifier les activités de vaccination une fois la pandémie de Covid-19 maîtrisée ».

Un avis partagé par Ann Lindstrand, qui dirige le programme élargi de vaccination de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

« Ce sera un défi particulier là où la couverture vaccinale est déjà faible », a-t-elle déclaré à l’AFP. « Il y a un risque que davantage de personnes meurent à cause de l’impact indirect du Covid-19, car la vaccination va diminuer. Il y aura certainement plus de décès dus à la rougeole ».

Afin de lutter contre l’épidémie de rougeole, certains pays d’Europe ont adopté des lois rendant obligatoire la vaccination des enfants. (Illustratif. Miriam Alster/FLASH90)

L’Alliance mondiale pour les vaccins et vaccinations (Gavi), une organisation internationale qui met des fonds à disposition des pays pauvres pour répondre à la crise du nouveau coronavirus, a également appelé à la poursuite des vaccinations de routine.

« Nous ne pouvons pas avoir deux épidémies mondiales sur les bras », a mis en garde sa présidente Ngozi Okonjo-Iweala dans un communiqué.

L’Afghanistan est l’un des trois pays, avec le Pakistan et le Nigeria, où la polio reste endémique.

Même avant l’apparition du nouveau coronavirus, Kaboul peinait à faire accepter la vaccination des enfants, les campagnes étant vues avec suspicion en milieu rural. Certains talibans et des religieux ultra-conservateurs font courir la rumeur que les vaccins contiennent des ingrédients interdits par l’islam, comme du porc, ou qu’ils rendent stériles.

La semaine dernière, les talibans ont affirmé vouloir coopérer avec la sphère humanitaire pour lutter contre le coronavirus.

L’Afghanistan compte officiellement deux morts du Covid-19 et 80 autres cas de contamination parmi les Afghans et quatre parmi les militaires étrangers.

Mais la réalité pourrait être bien pire dans ce pays d’environ 35 millions d’habitants aux capacités de soins très limitées après 40 ans de conflits.

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