Golan: Paris répond urgemment à la demande d’Assad, réunion d’urgence à l’ONU
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Golan: Paris répond urgemment à la demande d’Assad, réunion d’urgence à l’ONU

Après la colère de pays européens, dont la France en particulier, le dictateur réclamait une réunion pour évoquer la décision américaine

Bashar el-Assad (Crédit : capture d'écran Youtube/Fox News)
Bashar el-Assad (Crédit : capture d'écran Youtube/Fox News)

Le Conseil de sécurité de l’ONU devrait discuter prochainement de la souveraineté sur le plateau du Golan, à la demande de la Syrie qui exige la restitution de ce territoire conquis par Israël en 1967, et que Donald Trump considère aussi maintenant comme israélien.

La question a ressurgi brusquement avec la décision des Etats-Unis lundi de reconnaître la souveraineté de l’Etat hébreu sur ce territoire stratégique de 1 200 km2 notamment par sa richesse en eau, conquis en 1967 et où la loi israélienne a commencé à être appliquée en 1981.

Damas a demandé mardi une réunion d’urgence du Conseil de sécurité, ont indiqué mardi des sources diplomatiques. Présidente en exercice du Conseil de sécurité en mars, la France a proposé à ses 14 partenaires de transformer une réunion à huis clos prévue de longue date sur la force de l’ONU présente au Golan (Fnuod) en une réunion d’urgence publique pour répondre à la demande syrienne, a dit l’ambassadeur français François Delattre.

Mercredi, l’ambassadeur israélien à l’ONU Danny Danon a affirmé dans un communiqué que « pendant 19 ans, la Syrie avait utilisé le Golan comme une position avancée contre Israël ». « Aujourd’hui, c’est l’Iran qui veut mettre ses soldats sur les bords de la mer de Galilée (Lac de Tibériade). Israël n’acceptera jamais que cela se réalise et il est temps que la communauté internationale reconnaisse que le Golan restera sous souveraineté israélienne pour toujours », a ajouté le diplomate.

Il faudrait qu’un des 15 pays membres du Conseil demande un vote de procédure, et que lors de ce vote neuf pays s’opposent à sa tenue.

Mardi matin, lors d’une réunion mensuelle consacrée au conflit israélo-palestinien, plusieurs membres du Conseil avaient laissé transparaître leur exaspération face au choix des Etats-Unis de briser le consensus international. Des résolutions de l’ONU attribuent à la zone un statut de « territoire occupé » illégalement.

Ces Etats dénoncent la politique du « fait accompli » suivie par la Maison Blanche, qui avait décidé en 2018 de reconnaître unilatéralement Jérusalem comme capitale d’Israël.

En particulier, les cinq pays européens membres du Conseil (Allemagne, France, Royaume-Uni, Belgique et Pologne) avaient rappelé dans une déclaration solennelle qu’ils ne reconnaissaient « pas la souveraineté d’Israël sur les territoires occupés par Israël depuis juin 1967, incluant le plateau du Golan ».

« L’annexion d’un territoire par la force est interdite par le droit international », avaient-ils souligné. « Toute déclaration sur un changement unilatéral de frontière va à l’encontre des règles sur l’ordre international et la Charte des Nations unies ».

Capture d’écran François Delattre (Crédit : YouTube)

Lors de la discussion, l’ambassadeur français François Delattre avait dénoncé de manière virulente l’attitude de Washington.

Les fondements d’une paix durable au Proche-Orient sur lesquels s’est entendue la communauté internationale « ne sont pas des options ou un menu dans lequel il serait possible de piocher à sa guise », faisait-il valoir.

« La reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le Golan est contraire au droit international, en particulier l’obligation pour les Etats de ne pas reconnaître une situation illégale », ajoutait-il, en visant directement les Etats-Unis. « Le silence du Conseil sur ce sujet est de plus en plus assourdissant, de plus en plus incompréhensible, et pour la France de plus en plus inacceptable », avait conclu l’ambassadeur.

De son côté, son homologue américain Jonathan Cohen avait déclaré que « permettre aux régimes syrien et iranien de contrôler le plateau du Golan reviendrait à fermer les yeux sur les atrocités commises par le régime d’Assad et sur la présence déstabilisante de l’Iran dans la région ».

Les pays arabes ont condamné lundi et mardi la nouvelle position américaine, y compris l’Arabie saoudite, un allié des Etats-Unis, en plus de l’Irak, du Koweït, de la Jordanie et du Liban.

Hassan Nasrallah, chef du mouvement terroriste chiite libanais du Hezbollah, qui soutient le régime syrien, a appelé mardi à la « résistance », mot fréquemment utilisé et détourné de son sens premier par les groupes terroristes dont le Hamas palestinien pour tenter de légitimer leur propagande terroriste, face au « dédain pour le monde arabe et islamique ». La décision américaine est « un tournant crucial dans l’histoire entre les Arabes et Israël » qui montre « du dédain pour le monde arabe et islamique » afin de favoriser les intérêts israéliens, selon M. Nasrallah.

Elle porte « un coup fatal à ce qui est appelé +processus de paix+ dans la région et qui repose sur (le concept) d’échange de terres contre la paix », a-t-il ajouté. Il a appelé la Ligue arabe à passer à l’action, même si la Syrie est suspendue de cette organisation depuis la répression sanglante par le régime de manifestations pacifiques favorables à la démocratie en 2011.

L’Organisation de la coopération islamique (OCI), qui compte 57 Etats membres, a également critiqué mardi la décision américaine, qualifiée de « violation flagrante du droit international », a rapporté l’agence officielle saoudienne Saudi Press.

Israël accuse ce mouvement, qui a mené trois guerres contre lui, d’établir secrètement un réseau militaire dans la partie du Golan encore sous contrôle de la Syrie.

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