A la rencontre de la meilleure coureuse d’Israël
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Interview

A la rencontre de la meilleure coureuse d’Israël

Lonah Chemtai Salpeter, née au Kenya, a connu la maladie, la malchance et la bureaucratie. Aujourd'hui, elle défie tous les records et a remporté l'argent à Prague samedi

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

L'Israélienne Lonah Chemtai Salpeter avec son fils Roy, en décembre 2018 (Crédit : Luke Tress/Times of Israël)
L'Israélienne Lonah Chemtai Salpeter avec son fils Roy, en décembre 2018 (Crédit : Luke Tress/Times of Israël)

Ce samedi, l’athlète israélienne Lonah Chemtai Salpeter a remporté la médaille d’argent au semi-marathon de Prague – l’un des plus rapides au monde –, en préparation du marathon de Prague organisé le mois prochain. L’athlète a ainsi parcouru les 21 kilomètres de course en 1h06’09’’. « J’ai apprécié courir ici à Prague, défiant de forts prétendantes devant une foule venue nombreuse », a-t-elle réagi sur Facebook.

Les rêves de Lonah Chemtai Salpeter – participer aux Jeux olympiques et obtenir la citoyenneté israélienne – s’étaient presque effondrés au cours de l’hiver 2016.

Chemtai Salpeter, originaire du Kenya, vivait alors en Israël depuis huit ans. Elle avait épousé un Israélien et un fils était né de cette union au sein de l’Etat juif, mais les autorités lui refusaient encore sa naturalisation. Athlète de course en moyenne et longue distances, elle était inscrite au club sportif du Maccabi Tel Aviv depuis 2010 et les responsables du sport israélien lui avaient affirmé qu’une qualification pour l’épreuve olympique de marathon aiderait son dossier à avancer.

Alors, elle a tout d’abord pris le départ du marathon de Berlin – mais elle n’est pas parvenue à le terminer. Son fils, qui était à ce moment-là un nouveau-né, Roy, avait la fièvre et la lui avait transmise. Elle ne pouvait plus reprendre son souffle et avait abandonné la course au 18ème kilomètre.

Quelques mois plus tard, elle avait participé à un marathon à Tibériade, dans le nord d’Israël, lors d’une journée pluvieuse. Au 35ème kilomètre, elle avait été prise de vertiges.

« Je me souviens qu’on m’a dit d’arrêter mais j’ai répondu que je continuerai malgré tout », explique Chemtai Salpeter au Times of Israel au cours d’une interview accordée chez elle, à Shoham, dans le centre du pays. « Puis, au 39ème kilomètre, j’ai cessé de courir. J’ai été emmenée à l’hôpital parce que ma température avait baissé à cause de la pluie et que je me trouvais en hypothermie ».

Elle est donc restée vivre en Israël avec un statut temporaire et sans savoir combien de temps elle pourrait encore séjourner sur le territoire.

L’athlète hésitante

Chemtai Salpeter a grandi dans un petit village sans électricité et sans eau courante, situé dans le comté de West Pokot, au Kenya. Les sports ne font pas réellement partie de la culture du pays et la majorité des membres de sa tribu, qui parlent le Pokot et le Swahili, n’aiment pas courir, dit-elle.

« Il y a tellement de coureurs extraordinaires, mais ils ne courent pas… Notre tribu, les Pokot, est constituée de guerriers, ils aiment combattre pour obtenir des vaches mais ce sont également de bons coureurs », dit-elle.

Lonah Chemtai Saltpeter aux abords de son habitation de Shoham, dans le centre d’Israël, le 9 décembre 2018 (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

Elle était alors une athlète talentueuse mais hésitante – qui faisait partie des équipes de football et de heptathlon de son lycée après avoir été recrutée par ses professeurs. Elle a arrêté le foot après s’être fait une entaille à la tête sur le terrain qui lui a laissé, aujourd’hui encore, une cicatrice. Elle a renoncé à participer à une course à une occasion parce que ses concurrents s’étaient présentés avec des chaussures à crampons – ce qu’elle n’avait pas – et ce qui l’avait intimidé, raconte-t-elle.

En 2008, à l’âge de 20 ans, elle était partie en Israël pour travailler comme nourrice pour un diplomate kenyan à Herzliya. Elle avait été chargée de s’occuper de ses trois enfants, qui étaient tous âgés de moins de cinq ans, alors que leur mère faisait des études en Australie.

En 2010, l’ambassade avait voulu trouver des volontaires au sein de son personnel pour participer à une course de 10 kilomètres organisée à Tel Aviv. Sur un coup de tête, Chemtai Salpeter avait accepté – même si elle était débordée avec les enfants et qu’il lui restait peu de temps pour s’entraîner.

J’avais du temps libre le matin et le soir. Je m’ennuyais et j’ai commencé à courir. C’était un loisir pour moi, rien de sérieux

« On a demandé qui voudrait courir et j’ai répondu : ‘Je veux courir mais sans aucun entraînement’, » se rappelle-t-elle en souriant. « J’ai fait la distance en 47 minutes. J’étais très excitée ».

Peu de temps après, la mère des enfants dont la jeune femme s’occupait était revenue en Israël. Chemtai Salpeter faisait encore partie du personnel du service de la mission kenyane, mais n’avait plus beaucoup d’activités dans son travail. Ne connaissant pas de clubs de course dans le secteur, elle avait commencé à courir seule sur un chemin d’un parc bondé qui se trouvait à proximité de son domicile à Herzliya, ignorant où elle pouvait aller par ailleurs.

« Je n’avais rien à faire. J’avais du temps libre le matin et le soir. Je m’ennuyais et j’ai commencé à courir. C’était un loisir pour moi, rien de sérieux », dit-elle.

L’entraîneur d’un groupe de coureurs du parc, Moti Mizrahi, l’avait remarquée et l’avait invitée à se joindre à leur entraînement. Elle avait commencé à courir en leur compagnie plusieurs fois par semaine, prenant le départ de sa première course officielle à Tibériade, en 2011. Elle avait achevé le parcours de 10 kilomètres en 36 minutes, arrachant la deuxième place au classement.

‘Il m’a dit qu’il resterait avec moi’

Après une blessure à la jambe contractée au cours d’un entraînement, un coéquipier avait dirigé Chemtai Salpeter vers un physiothérapeute, Dan Salpeter, également coureur de compétition. Salpeter l’avait alors invitée à s’entraîner en sa compagnie dans de nouveaux secteurs pour échapper à la foule concentrée au parc de Herzliya. Il était devenu son coach en 2011.

Il n’y a pas eu d’étincelles à leur première rencontre, raconte-t-elle.

« La première fois que je l’ai vu, je n’ai rien ressenti du tout à son égard. Puis, un jour, il est arrivé avec une autre fille et j’ai commencé à être jalouse. Je me suis dit : ‘Qu’est-ce qu’il se passe en moi ?’ Et c’est là que j’ai compris », explique-t-elle. « Je me suis posé plein de questions. Je ne lui en ai pas parlé. J’étais trop nerveuse ».

Elle était également réticente à l’idée de se lancer dans une relation amoureuse, ayant conscience qu’il faudrait qu’elle reparte un jour au Kenya.

« Si je devais partir, cela me ferait souffrir et nous sommes donc devenus des amis », continue-t-elle.

Ils avaient donc continué à s’entraîner ensemble, participant notamment à des courses plus sérieuses en Europe. Son contrat de travail avec la mission kenyane avait expiré en 2013, la contraignant à retourner dans son pays.

« A ce moment-là, j’avais d’ores et déjà décidé que je resterais et je n’ai donc pas pris mes affaires. Je les ai emmenées chez Dan, parce que je l’aimais et qu’il m’avait dit qu’il resterait avec moi », déclare-t-elle.

Salpeter, Chemtai Salpeter et leur fils Roy suite à une course de 10 kilomètres à Rome, en Italie, le 31 décembre 2018 (Autorisation)

Elle a alors passé cinq mois au Kenya, consacrant la majorité de son temps à courir et à participer à des courses locales. Pour sa part, Salpeter avait terminé ses études en Israël. Aux côtés du club du Maccabi Tel Aviv, il s’est battu pour qu’elle soit autorisée à revenir dans le pays.

Au mois de mai 2013, elle a reçu un visa et elle est revenue en Israël. Elle a participé à des semi-marathons et à des épreuves de 10 kilomètres au sein de l’Etat juif mais, même quand elle remportait la victoire, elle était catégorisée comme non-israélienne.

Peu après son retour en Israël, elle était tombée enceinte et son médecin lui a dit qu’elle ne devait plus prendre part à des compétitions.

Elle et Salpeter, qui est Juif, n’ont pas pu se marier légalement en Israël. Ils se sont alors rendus à Nairobi au mois d’août 2014 et ils se sont dit « Oui » au cours d’une petite cérémonie à laquelle seuls les proches de la jeune femme ont assisté.

Ils ont amené leur certificat de mariage au ministère israélien de l’Intérieur, mais la citoyenneté a été refusée à Chemtai Salpeter, même après la naissance au sein de l’Etat juif de leur fils, Roy. Deux mois après que Roy est venu au monde, elle a recommencé à s’entraîner et à participer à des compétitions et le couple s’est surpris à rêver des Jeux olympiques de 2016 au Brésil. L’Association d’athlétisme israélien la soutenait alors, lui disant qu’une qualification aux Olympiades aiderait à faire avancer son dossier – aucun coureur israélien n’étant en mesure de se qualifier pour l’épreuve de marathon.

Après son effondrement à Tibériade, sous la pluie, Chemtai Salpeter a encore eu une opportunité supplémentaire de se qualifier pour les Jeux olympiques : Le marathon annuel de Tel Aviv, qui devait se disputer trois semaines plus tard.

Et elle l’a gagné, terminant le parcours en deux heures, quarante minutes et 16 secondes – presque cinq minutes de moins que le temps qualificatif aux Jeux olympiques.

« C’est là que ma vie a complètement changé. J’ai eu ma qualification et cela m’a octroyé la citoyenneté israélienne », dit-elle. « Je me sentais si heureuse, très excitée – et j’étais aussi excitée de savoir que j’allais participer aux Jeux olympiques. C’était deux bonheurs d’affilée ».

Grâce à sa victoire, son dossier a attiré l’attention nationale. Elle s’est une nouvelle fois présentée à la citoyenneté en tant que sportive d’exception, la Dixième chaîne lui a consacré un reportage, la ministre de la Culture et des sports a témoigné en sa faveur et elle a reçu le soutien de l’ambassadeur vétéran kenyan au sein de l’Etat juif, Augostino Njoroge. Njoroge a ainsi déclaré à la Dixième chaîne que le Kenya comptait un grand nombre de coureurs de marathon et qu’il serait heureux de ce que Chemtai Salpeter puisse se présenter sous les couleurs israéliennes.

« Le Kenya et Israël sont de bons amis. On ne peut pas vous donner la médaille mais on peut vous donner quelqu’un qui vous la ramènera », a dit le diplomate à la Dixième chaîne. « C’est bien pour ça que les bons amis sont là ».

Peu de temps après, au mois de mars 2016, elle est devenue citoyenne israélienne, ce qui lui a permis de s’aligner sur la ligne de départ des Jeux olympiques de Rio.

Déchirement et critiques à Rio de Janeiro

Les Jeux olympiques ne se sont toutefois pas passés comme elle l’avait espéré.

Les responsables, au Brésil, avaient recommandé qu’elle laisse Roy en Israël, inquiets que l’enfant ne tombe malade. Chemtai Salpeter l’allaitait encore et malgré un départ en force, elle a commencé à ressentir des douleurs à mi-chemin de la course, probablement en raison du lait qu’elle portait en elle.

Des femmes sur l’épreuve du marathon des Jeux olympiques d’été de Rio de Janeiro, au Brésil, le 14 octobre 2016 (Crédit : Johannes Eisele/Pool Photo via AP)

« Au 33ème kilomètre, pendant le marathon de Rio, j’ai ressenti une douleur profonde et je me suis dit : ‘Non, je ne vais pas m’arrêter, je vais continuer’. Alors j’ai continué jusqu’au 35ème kilomètre et là, j’ai dit : ‘Je ne peux plus’, » raconte-t-elle. « C’était comme si on m’enfonçait un poignard dans la poitrine. J’ai été tellement déçue ».

Les critiques en Israël ne l’ont pas épargnée.

« Ils ont été en rage contre moi, mais je me suis dit qu’il fallait que je reste moi-même. Je ne regarde pas ce qu’ils peuvent dire », explique-t-elle.

Elle est ensuite retournée au marathon de Berlin, terminant avec succès et retrouvant confiance en elle. Puis elle a commencé à battre des records israéliens – d’abord sur 15 kilomètres, ensuite sur 10. Lors du marathon des championnats du monde de Londres, en 2017, elle est arrivée 41ème au classement avec un chrono de deux heures et quarante minutes.

Le haut du podium en 2018

Elle a gagné une attention nouvelle en 2018 et elle a commencé à prendre plus au sérieux son entraînement. Frustrée par les marathons, ses chronos ne s’améliorant pas, elle a décidé de se concentrer sur des distances plus courtes.

« En 2018, j’ai complètement changé d’état d’esprit. Je me suis dit : ‘Un peu de sérieux. S’entraîner, c’est s’entraîner et courir, c’est courir’. Mon coach m’avait toujours dit que mon entraînement n’était pas à 80 % mais à 50 % », dit-elle.

Avant les championnats européens d’athlétisme de Berlin, au mois d’août, elle s’est donc entraînée pendant deux mois dans les montagnes du Kenya. Elle a remporté la médaille d’or dans l’épreuve des 10 000 mètres, terminant à neuf secondes devant sa plus proche rivale et devenant la toute première athlète israélienne à monter sur la plus haute marche du podium aux championnats. Et c’est enlacée dans le drapeau israélien qu’elle a chanté fièrement l’hymne de l’Etat juif, Hatikvah

Elle a également commencé à travailler avec un nutritionniste qui contrôle étroitement ses repas et son poids, et la famille de Salpeter lui a apporté son aide en s’occupant de Roy au cours de ses entraînements, qui ont été financés par l’Association d’athlétisme israélien et le comité olympique du pays. Depuis, elle fait éclater les records israéliens – et ses propres performances personnelles – sur des parcours de 10 kilomètres et de 15 kilomètres en Europe. Elle a aussi gagné des compétitions internationales.

Avant les championnats européens d’athlétisme de Berlin, au mois d’août, elle s’est donc entraînée pendant deux mois dans les montagnes du Kenya. Elle a remporté la médaille d’or dans l’épreuve des 10 000 mètres, terminant à neuf secondes devant sa plus proche rivale et devenant la toute première athlète israélienne à monter sur la plus haute marche du podium aux championnats. Et c’est enlacée dans le drapeau israélien qu’elle a chanté l’hymne de l’Etat juif, Hatikvah, fière de représenter son nouveau pays.

« Même avant, j’avais demandé à mon entraîneur : ‘Mais quand pourrais-je brandir le drapeau israélien ?’, » raconte-t-elle. « Et c’était important parce que mon pays a été fier de moi, ma famille a été fière de moi et j’ai été moi aussi fière de moi ».

Deux jours plus tard, toutefois, la malchance devait s’abattre sur l’athlète dans l’épreuve des 5 000 mètres. Ayant mal compté le nombre de tours dans la course, Chemtai Salpeter devait s’arrêter trop tôt, une erreur qui l’aura empêché de ramener une deuxième médaille – qui était pourtant quasiment certaine – à Israël. Elle était à la deuxième place avant de s’arrêter et de réaliser son erreur et elle a finalement terminé en quatrième position, établissant néanmoins encore une fois un record israélien. Elle devait être plus tard disqualifiée par les officiels pour avoir franchi les couloirs sur la piste.

En franchissant la ligne d’arrivée, c’est une Chemtai Salpeter frustrée qui est tombée au sol, en larmes.

Malgré sa malchance, son exploit a été salué par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

« Lonah Chemtai, vous êtes une vraie star ! Vous avez fait largement honneur à votre pays », a-t-il tweeté après l’épreuve, aux côtés d’une photo montrant Chemtai Salpeter brandissant le drapeau israélien.

Chemtai Salpeter couchée au sol après avoir arrêté de courir un tour trop tôt dans la finale féminine des 5000 mètres au championnat européen d’athlétisme, au stade olympique de Berlin, en Allemagne, le 12 août 2018 (Crédit : AP Photo/Matthias Schrader)

« J’ai été encore plus motivée après ça et maintenant, je sais comment me battre. Aller faire une course, c’est combattre pour aller vers la victoire, pas vers la défaite », dit-elle.

Elle a décidé de se relancer sur les marathons en commençant par une course organisée à Florence, en Italie, au mois de novembre. Elle est repartie s’entraîner au Kenya pendant six semaines, dans la ville d’Iten, à une altitude de 2 400 mètres.

Elle a remporté le marathon de Florence, brisant de 11 minutes le record israélien avec un chrono de deux heures et 24 minutes. Elle a établi ce jour-là à la fois un record féminin et un record personnel.

« Lonah Chemtai prouve une fois encore qu’il n’y a aucun record qu’elle ne puisse dépasser et améliorer », a commenté Regev après sa victoire. « Notre Lonah achève une année de rêves avec des résultats et des records inespérés et elle transmet dans ce qui est seulement son cinquième marathon un message d’intention clair en amont des Jeux olympiques de Tokyo, en 2020 ».

Elle détient dorénavant les records israéliens dans les épreuves du 1 500 mètres, du 3 000 mètres, du 5 000 mètres et du 10 000 mètres, ainsi que dans le semi-marathon et le marathon. Après cette année féérique, elle a cessé de compter le nombre de records qu’elle a établis. Alors qu’elle est assurément la meilleure coureuse israélienne sur longue distance, elle est sans doute également la sportive la plus en vue du pays à l’heure actuelle.

Je fais ce que j’aime et je fais ce que mon coeur me dit de faire

« Je ne veux pas compter, je veux obtenir plus encore », s’exclame-t-elle. « L’année qui vient tout juste de s’achever pour moi est celle qui m’a permis de savoir ce que je veux faire, qui je suis, et où je veux aller ».

Aujourd’hui, elle se sent chez elle en Israël, regrettant les produits alimentaires du pays, ses routes et sa ville d’adoption lorsqu’elle se trouve au Kenya – et elle veut rendre fiers les Israéliens. Elle affirme qu’elle est heureuse d’avoir réussi en tant qu’athlète, même si gagner des courses n’a jamais été une question de rédemption.

« Je pense que, même si je suis parvenue à le faire, je n’ai pas voulu prouver ma valeur. Je n’ai pas envie de prouver à qui que ce soit que je suis performante », explique-t-elle. « Je fais ce que j’aime et je fais ce que mon coeur me dit de faire ».

L’Israélienne Lonah Chemtai Salpeter fête la victoire lors de l’épreuve féminine du 10 000 mètres aux championnats européens d’athlétisme à Berlin, en Allemagne, le 8 août 2018 (Crédit : AP Photo/Michael Sohn)

A l’avenir, elle prévoit de concourir sur des distances plus courtes et plus longues pour développer à la fois sa vitesse et son endurance, et elle ignore dans quelles épreuves elle s’alignera au cours des Jeux olympiques de 2020. Prochaine échéance majeure : Les championnats du monde d’athlétisme 2019 qui sont organisés à Doha, au Qatar, au mois de septembre et au mois d’octobre.

Chemtai Salpeter, humble et amicale lors de notre entretien, reconnaît avec un peu de timidité qu’elle est dorénavant parfois reconnue dans la rue, et qu’elle n’est pas très à l’aise avec ce surcroît d’attention. Mais elle veut utiliser sa réussite pour donner envie à plus de jeunes israéliennes de courir en compétition.

« Je vois ça au judo, en gymnastique et j’espère qu’un jour, il y aura plus de femmes (dans les courses)… Je vois que les hommes sont plus nombreux que nous en Israël, ils courent beaucoup », explique-t-elle. « Je pense que je peux inspirer plus de femmes à l’avenir. Je voudrais être un modèle pour les jeunes Israéliennes ».

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