A la rencontre des derniers juifs – flegmatiques – de la ville de Fès
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A la rencontre des derniers juifs – flegmatiques – de la ville de Fès

Une journaliste a rencontré ceux qui maintiennent en vie la petite communauté juive de Fès, où de nombreux juifs vivant hors du Maroc reviennent régulièrement péleriner

Le cimetière juif de Fès, qui compte de nombreux rabbins éminents, plus que tout autre cimetière juif du Maroc. (Crédit photo : Michal Schmulovich/Times of Israël)
Le cimetière juif de Fès, qui compte de nombreux rabbins éminents, plus que tout autre cimetière juif du Maroc. (Crédit photo : Michal Schmulovich/Times of Israël)

Il reste entre 50 et 100 juifs à Fès aujourd’hui. Une journaliste de Jeune Afrique est allée à leur rencontre.

Une enquête…compliquée pour la journaliste qui s’amuse du flegme des juifs marocains qu’elle a d’abord eu du mal à rencontrer.

« Vous pouvez demander à Monsieur Oliel. C’est notre boucher. Mais à cette heure-ci… Je pense qu’il dort, » explique une secrétaire du centre Maïmonide de Fès au journaliste. Le rabbin peut-être ? Je pense qu’il est en déplacement à Ouezzane, pour une hiloula » du nom des pèlerinages religieux sur la tombe d’une personnalité juive respectée.

Chou blanc également devant la synagogue du centre-ville, le bar Astor, certifié « casher » selon la pancarte ornant sa devanture. « Le propriétaire, Monsieur Edmond, est bien Juif… Mais il n’est pas là (…) Vous voulez lui parler ? Il faut demander ‘Idmo’, dans le Mellah. Il gère le cimetière juif. »

Finalement c’est au cimetière que la journaliste trouve des juifs, bien vivants : des juifs d’origine marocaine habitant hors du Maroc, venus rendre visite à leurs aïeux enterrés ici.

Elle trouve Edmond Gabay, 83 ans, qui a mis 8 ans à mettre au clair le registre du cimetière pour aider les visiteurs à retrouver les tombes de leurs proches. Il résume sa vie d’une formule : à sa naissance il y en avait entre 25 000 et 30 000. « Ils sont partis. Et moi, je suis resté ».

La ville où Maïmonide, le célèbre commentateur de la Torah aurait enseigné, dont les rabbins « sont surtout connus pour être de très grands grammairiens de l’hébreu » vit aujourd’hui au grès des visites des juifs d’origine marocaine revenant au pays pour les fêtes juives et les pèlerinages.

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