A l’appel des autorités, rassemblement « anti-émeutes » à Téhéran
Rechercher

A l’appel des autorités, rassemblement « anti-émeutes » à Téhéran

"Cette guerre est finie", a lancé le général Hossein Salami, commandant des Gardiens de la Révolution aux manifestants qui scandaient "A bas l'Amérique", "A bas Israël"

Des Iraniennes manifestent à Téhéran, le 25 novembre 2019. (Crédit : ATTA KENARE / AFP)
Des Iraniennes manifestent à Téhéran, le 25 novembre 2019. (Crédit : ATTA KENARE / AFP)

Des Iraniens ont défilé lundi en masse à Téhéran à l’appel des autorités pour dénoncer « les émeutes », après une vague de contestation et de violences ayant secoué l’Iran la semaine précédente.

« Cette guerre est finie », a lancé le commandant en chef des Gardiens de la Révolution, le général de division Hossein Salami, aux manifestants qui scandaient « A bas l’Amérique », « A bas Israël », « A bas les séditieux ».

« Le coup de grâce a été porté » à l’ennemi, a ajouté l’officier à la tête de l’armée idéologique de la République islamique d’Iran.

Composée de femmes en tchador, d’hommes en civil ou de clercs chiites enturbannés, jeunes et moins jeunes, la foule a convergé par différentes avenues vers la place Enghelab (« Révolution » en persan), selon des journalistes de l’AFP sur place et des images diffusées en direct par la télévision d’Etat.

Le commandant des Gardiens de la Révolution Hossein Salami salue la foule lors d’une manifestations à Téhéran, le 25 novembre 2019. (Crédit : ATTA KENARE / AFP)

Nombre de participants brandissaient des portraits de l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la République islamique, dont le général Salami a vanté les « compétences », appelant chaque Iranien à le suivre.

Sans donner d’estimation précise de la participation, plusieurs agences iraniennes on qualifié la manifestation de « grand rassemblement populaire ».

La République islamique dit avoir ramené le calme après plusieurs jours de manifestations de colère et de violences ayant éclaté le 15 novembre, quelques heures après l’annonce d’une hausse surprise du prix de l’essence

Le drapeau américain incendié lors des manifestations à Téhéran, le 25 novembre 2019. (Crédit : ATTA KENARE / AFP)

L’accès à l’internet mondial, qui avait été coupé par les autorités dès le 16 novembre au soir dans l’ensemble du pays, n’avait toujours pas été rétabli à son niveau d’avant la crise lundi en fin d’après-midi.

Les autorités iraniennes ont fait état de cinq décès dans ces troubles, mais Amnesty International estime que plus de 100 contestataires auraient été tués, et l’ONU a dit craindre « des dizaines » de morts.

Depuis plusieurs jours, les autorités répètent que la contestation, au cours de laquelle des stations-service, des commissariats, des mosquées et des bâtiments publics ont été incendiés ou attaqués, est le résultat d’un « complot » ourdi à l’étranger.

S’adressant « une nouvelle fois aux ennemis » que sont « l’Amérique, la Grande-Bretagne, Israël, la maison des Saoud (la famille royale d’Arabie saoudite, ndlr) », le général Salami a lancé : « si vous violez nos lignes rouges, nous vous détruirons ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...