A l’approche des élections, les partis arabes peinent à fusionner leurs listes
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A l’approche des élections, les partis arabes peinent à fusionner leurs listes

Selon la commission chargée de constituer une liste commune, les partis Balad et Taal s'opposent à la constitution d'une liste de candidats, retardant ainsi la fusion promise

Les candidats de la Liste arabe unie, de gauche à droite : le député Jamal Zahalka, Ayman Odeh, chef de la Liste, et le député Ahmad Tibi au siège de la formation dans la ville de Nazareth, alors qu'ils réagissent aux sondages de sortie des urnes, le 17 mars 2015. (Crédit : AFP/Ahmad Gharabli)
Les candidats de la Liste arabe unie, de gauche à droite : le député Jamal Zahalka, Ayman Odeh, chef de la Liste, et le député Ahmad Tibi au siège de la formation dans la ville de Nazareth, alors qu'ils réagissent aux sondages de sortie des urnes, le 17 mars 2015. (Crédit : AFP/Ahmad Gharabli)

Deux semaines avant la date limite du 1er août à laquelle les factions doivent soumettre leurs listes à la commission centrale électorale, les quatre principaux partis à majorité arabe n’ont pas encore trouvé un accord final pour reconstituer la Liste arabe unie, qui s’est scindée en deux listes avant le vote national d’avril dernier.

Les quatre factions – Hadash, Taal, Raam et Balad – ont exprimé l’urgence de former à nouveau une liste commune pour les prochaines élections à la suite de la participation extrêmement faible des Arabes israéliens lors du dernier vote, mais ils peinent à atteindre un consensus sur la composition des listes.

De nombreux analystes ont déclaré que l’échec des partis à relancer la Liste arabe unie avant les dernières élections avait entraîné une baisse de la participation arabe aux élections. L’Institut israélien de la démocratie a estimé la participation arabe aux élections d’avril dernier à 49,2 % ; il a indiqué que 63,5 % des Arabes israéliens avaient voté lors du scrutin national de mars 2015.

Les partis se sont engagés dans une déclaration commune à la mi-juin à se présenter sous la forme d’une liste unique et ont ensuite autorisé la commission de réconciliation, un groupe d’universitaires arabes, de dirigeants locaux et d’autres personnalités, à constituer une liste en leur nom.

« Nous donnons à la commission de réconciliation le mandat de constituer la Liste arabe unie pour les élections à la Knesset », a déclaré le document signé par les quatre partis le 28 juin. « Nous nous engageons à accepter et à approuver sans objection ce que la commission de réconciliation décide. »

Mais peu de temps après que la commission de réconciliation a dévoilé comment elle avait décidé d’établir une liste avec les candidats des quatre partis, Balad et Taal ont formulé des objections, mettant en suspens l’annonce officielle de la recréation de la Liste arabe unie, a déclaré Mustafa Kabha, le porte-parole de la commission, refusant de développer.

Les députés arabes du parti Hadash-Taal lors d’une conférence de presse après une réunion avec le président Reuven Rivlin, le 15 avril 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La commission de réconciliation, créée en 1993 pour régler les différends politiques au sein de la communauté arabe, a décidé de la composition de la Liste arabe unie pour les élections législatives en 2015.

La Liste arabe unie a remporté 13 sièges à la Knesset, qui compte 120 membres, cette année-là. En avril, Hadash-Taal et Raam-Balad ont remporté séparément 10 sièges au total.

Le président de Balad, Jamal Zahalka, a suggéré que la liste de la commission de réconciliation ne donnait pas à son parti ce qu’il méritait.

« Balad a un programme politique que nous voulons mettre en œuvre », a dit Zahalka. « Nous n’accepterons pas une réduction de son statut. Nous ne nous préoccupons pas des sièges, mais nous nous assurons plutôt de pouvoir faire avancer ce que nous croyons être juste. »

Il a déclaré que Balad souhaiterait que la commission de réconciliation déplace Mazen Ghnaim de sa faction, à qui elle a accordé la 13e place sur sa liste, à la 12e.

Un porte-parole du président de Taal Ahmad Tibi n’a pas répondu aux demandes de commentaires.

Mansour Dahamshe, le Secrétaire général de Hadash, a déclaré qu’il jugeait inacceptables les demandes visant à modifier ce que la commission de réconciliation avait décidé.

« Nous avons tous signé un document dans lequel nous nous engagions à respecter les décisions de la commission de réconciliation », a dit M. Dahamshe. « Nous devons respecter cet engagement. »

Zahalka et Dahamshe ont déclaré que les quatre parties avaient l’intention de poursuivre les discussions en vue de rétablir la Liste arabe unie dans les prochains jours.

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