À Lens, le projet de lieu de mémoire juive reste toujours d’actualité
Malgré le gel du projet de musée porté par le Mémorial de la Shoah, le CRIF Hauts-de-France affirme poursuivre son engagement pour la création, à Lens, d’un lieu de mémoire dédié à l’histoire des Juifs du bassin minier

Le projet n’est pas abandonné. Malgré l’annonce, fin septembre, de la mise sur pause du musée porté par le Mémorial de la Shoah, le CRIF Hauts-de-France assure rester mobilisé pour la création, à Lens, d’un lieu de mémoire consacré à l’histoire de la communauté juive du bassin minier. « Projet gelé mais pas stoppé », insiste l’organisation, citée par La Voix du Nord.
Initialement pensé comme un musée dédié à la rafle du 11 septembre 1942, qui devait être aménagé dans la synagogue de la rue Casimir-Beugnet, le projet pourrait évoluer vers une forme plus large. Le CRIF défend désormais l’idée d’une maison de la mémoire autour de l’immigration juive polonaise dans le bassin minier, arrivée dans les années 1920 pour participer à la reconstruction après la Première Guerre mondiale.
« L’objectif est de sauver et transmettre la mémoire, pour qu’elle ne s’éteigne pas, d’une communauté juive arrivée dans les années 1920 pour la reconstruction post Première Guerre mondiale et qui est désormais sur le déclin », explique à La Voix du Nord François Goguenheim, co-président du CRIF Hauts-de-France. Le projet intégrerait également la Seconde Guerre mondiale, avec le rappel de la rafle du 11 septembre 1942, tout en se voulant un lieu de partage. « Ce serait aussi un lieu de partage entre cultures », ajoute-t-il.
Si le lieu précis reste à définir, le CRIF se montre ferme sur un point : l’implantation devra se faire à Lens. « Dans tous les cas, il doit être à Lens car c’est là que tout a commencé », précise François Goguenheim, originaire du bassin minier béthunois. Selon lui, ce futur lieu de mémoire viendrait renforcer la valorisation du patrimoine lensois, déjà marqué par le classement Unesco du bassin minier et par la mémoire de la Grande Guerre.
De nombreuses questions restent ouvertes, notamment sur le pilotage du projet, les partenariats éventuels — avec le Mémorial de la Shoah ou le musée juif de Varsovie — et les financements. « On est là pour aider, être facilitateur, pas pour faire à la place de la communauté lensoise », souligne le co-président du CRIF, qui entend engager des échanges avec la Ville de Lens et la Région Hauts-de-France, dotée d’une élue en charge de la mémoire.
Sollicitée par La Voix du Nord, la municipalité lensoise indique n’avoir reçu « aucune demande officielle concernant un nouveau projet » à ce stade, tout en assurant qu’elle étudiera « avec la plus grande attention » toute sollicitation future. Dans un contexte d’année électorale, le dossier ne devrait toutefois pas connaître d’évolution significative avant 2026.







