A l’ONU, Israël votre contre des amendements US sur le harcèlement sexuel
Rechercher

A l’ONU, Israël votre contre des amendements US sur le harcèlement sexuel

Israël s'est aligné au vote des Européens en faveur de la conservation d'une résolution non contraignante, sur l'accès à des services de santé reproductive, l'avortement sécurisé

À titre d’illustration : le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, prend la parole devant la 73e Assemblée générale des Nations Unies, le 25 septembre 2018 à New York. (Crédit : AFP / Timothy A. Clary)
À titre d’illustration : le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, prend la parole devant la 73e Assemblée générale des Nations Unies, le 25 septembre 2018 à New York. (Crédit : AFP / Timothy A. Clary)

Les Etats-Unis ont échoué lundi à édulcorer une résolution de l’ONU sur la lutte contre le harcèlement sexuel et les violences faites aux femmes, malgré le soutien de la Russie, la Chine, l’Inde, de plusieurs pays musulmans et du Vatican.

L’administration Trump souhaitait notamment supprimer un paragraphe de cette résolution non contraignante, portant sur l’accès à des services de santé reproductive, l’avortement sécurisé et le droit des femmes à décider librement des questions concernant leur sexualité.

« Nous ne reconnaissons pas l’avortement comme une méthode de planification familiale, pas plus que nous ne soutenons l’avortement dans nos services de santé reproductive », a argué la diplomate américaine Courtney Nemroff.

La France et les Pays-Bas ont mené les négociations sur le projet de résolution, qui pour la première fois cette année, face à l’émergence du mouvement #MeToo, mentionne la lutte contre le harcèlement sexuel.

Deux amendements au texte, présentés par les Etats-Unis, ont été rejetés par une commission de l’Assemblée générale. Israël, qui a pourtant pour habitude de suivre les positions de Washington aux Nations unies, a voté contre, à l’instar des pays européens.

Capture d’écran François Delattre (Crédit : YouTube)

« Ces amendements, ne nous trompons pas, sont hostiles », a déclaré à l’assemblée l’ambassadeur français à l’ONU François Delattre, soulignant que les termes utilisés dans le projet de résolution provenaient de textes ratifiés, comme la déclaration de Pékin sur les droits des femmes, et ne devraient pas prêter à discussion.

La résolution a été adoptée par consensus par la commission, mais les Etats-Unis ont fait savoir qu’ils se dissociaient du vote.

Une manœuvre similaire de Washington, concernant l’accès des filles à la santé reproductive, avait déjà échoué la semaine dernière dans le cadre d’une résolution sur les mariages forcés.

L’ambassadeur français a critiqué le virage pris par les Etats-Unis, alignés sur les positions de certains gouvernements les moins progressistes en matière de droit des femmes.

« Nous avons besoin de l’Amérique dans ce combat contre le harcèlement sexuel, en cohérence avec les valeurs que l’Amérique a toujours portées avec nous », a confié M. Delattre à l’AFP.

Selon des diplomates onusiens, ces efforts américains sont dictés par les partisans ultra-conservateurs du vice-président Mike Pence, farouche opposant à l’avortement.

Le vice-président des États-Unis, Mike Pence, prend la parole à la réunion ministérielle sur l’avancement de la liberté de religion à Washington, le 26 juillet 2018. (Alex Wong/Getty Images/AFP)

L’administration Trump a arrêté l’an dernier de contribuer au Fonds des Nations unies pour la population, qui permet notamment à certains pays de bénéficier de services de planification familiale.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a annoncé dans le même temps lundi le lancement d’une campagne de sensibilisation sur la « pandémie mondiale » que représentent les violences faites aux femmes.

« Nous ne pourrons jamais vraiment dire que nous vivons dans un monde juste et équitable tant que la moitié de notre population, constituée des filles et des femmes, ne pourra pas vivre à l’abri de toute peur, violence et insécurité quotidienne », a déclaré M. Guterres.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...