A Lyon, la Licra lance un manifeste contre l’extrême-droite qui s’implante
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A Lyon, la Licra lance un manifeste contre l’extrême-droite qui s’implante

Mario Stasi, le président de la Ligue contre le racisme et l'anti-sémitisme, s'est rendu dans la ville de Gérard Collomb où Marion Maréchal Le Pen a ouvert son école, l'ISSEP

A pied dans les rues de Lyon, Mario Stasi, secrétaire général de la Ligue contre le racisme et l’anti-sémitisme (Licra), Alain Blum patron de la Licra locale et des élus de Lyon, se sont rendus devant quelques-unes des adresses phares de groupuscules de l’extrême droite locale. Cette visite a été l’occasion de lancer un appel à la dissolution de ces mouvements d’extrême-droite.

La Licra Auvergne-Rhône-Alpes a pris l’initiative de lancer cet appel, « un manifeste pour réveiller les consciences auprès d’un certain nombre de décideurs et d’acteurs de la vie de la Cité » pour demander la dissolution « des mouvements identitaires radicaux dont l’activité contrevient aux dispositions de l’article L 212-1 du Code de la Sécurité Intérieure ».

Lyon est souvent considéré comme une terre accueillante pour la droite radicale. C’est d’ailleurs dans cette ville que Marion Maréchal Le Pen a choisi d’ouvrir son école, l’ISSEP.

Le premier arrêt du groupe s’effectue devant le « Pavillon noir » le nom du local du « Bastion social« , fermé le 6 novembre dernier par arrêté de la mairie pour des raisons touchant à la sécurité des lieux.

En août dernier le chef du Bastion social Steven Bissuel, a été condamné à 20 000 euros d’amende pour avoir publié en 2015 un dessin assorti d’un texte antisémite sur les réseaux sociaux.

Il était poursuivi pour « provocation à la haine raciale et à la violence en raison d’une origine ethnique, en état de récidive légale » et « apologie de crime contre l’humanité ».

En janvier 2015, il avait publié sur le compte Twitter et la page Facebook du syndicat étudiant d’extrême droite GUD (qui a donné naissance par la suite au Bastion social) un dessin de l’étiquette des bouteilles Oasis, avec l’inscription « Shoasis ».

On y voyait des ananas portant des étoiles jaunes et des pyjamas rayés, évoquant les prisonniers du camp de concentration, avec en sous-titre la mention « teneur garantie : 6 millions au Zyklon B », cet agent toxique utilisé par les nazis dans les chambres à gaz. Le tout assorti de la mention « Joyeux anniversaire Auschwitz. 70 ans de business, ça commence à
faire ».

Affiche du Bastion social portant le slogan « Préférence nationale » (Crédit: capture d’écran France 2/Gizor/Youtube)

Le patron de la Licra s’est ensuite rendu devant « La Traboule », un bar-salle de boxe qui « sert toujours de QG aux identitaires lyonnais, » affirme France 3 Auvergne-Rhone-Alpes qui a suivi Mario Stasi.

La Licra demande aujourd’hui la fermeture du lieu. « C’est une demande que formule la Licra auprès du ministre de l’Intérieur, et du précédent ministre de l’Intérieur ». La Licra demande également la dissolution de Génération identitaire « qui se comporte comme une milice privée » et a affrété « un bateau xénophobe pour jouer aux gardes-côtes pour refouler les migrants ».

« Nous assistons à Lyon à plusieurs phénomènes qui convergent dans la même direction, et nous devons faire face à des mouvements qui ont entrepris de ‘coloniser’ le Vieux Lyon pour en faire une base arrière de combats menés au niveau local, régional, national et européen, affirme un communiqué de la Licra. Prosélytes, ayant adopté une stratégie de séduction de la jeunesse, ces mouvements n’en sont pas moins violents, sur une base idéologique qui n’a pas varié. Il s’agit de groupes violents, racistes et antisémites à l’image de Bastion Social, émanation du GUD, dont le président fondateur a été condamné en première instance (appel en cours) en août dernier et dont le procès a montré l’affiliation de ce mouvement au néo-nazisme puisqu’on a retrouvé chez lui, outre un arsenal de matraques, de taser, et de bombes lacrymos, des cartes postales à l’effigie d’Adolf Hitler, de la Wehrmacht, des textes négationnistes qui réécrivent l’histoire d’Oradour-sur-Glane, de collaborateurs, de Léon Degrelle, l’Ave Europa un chant à la gloire de la Panzerdivision ».

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