Rechercher

Bastion Social : La Ville de Lyon ferme le local du groupuscule d’extrême-droite

Le local du groupuscule identitaire situé en bord de Saône a été fermé par la municipalité de Lyon pour des raisons touchant à la sécurité des lieux

La Ville de Lyon a fermé le 6 novembre par arrêté le local du groupuscule identitaire « Le Bastion Social » pour des raisons touchant à la sécurité des lieux, a annoncé mardi l’Hôtel de Ville.

Cette décision a été « motivée par des manquements graves concernant la sécurité des personnes dans un établissement recevant du public », selon un communiqué confirmant une information du site Rue89 Lyon.

« L’état des locaux compromet gravement la sécurité du public et fait obstacle au maintien de l’exploitation de cet établissement », ajoute la mairie, évoquant notamment « l’absence de moyens d’alerte » et des « dysfonctionnements de l’éclairage de secours ».

Cette fermeture du « Pavillon noir », situé en bord de Saône dans le quartier du Vieux Lyon, survient à la suite d’une visite de contrôle effectuée en mai par la commission communale de sécurité. Cette dernière avait émis un « avis défavorable pour la poursuite de l’exploitation » du local ouvert fin 2017. Plusieurs mises en demeure pour des travaux étaient ensuite restées sans réponse, selon la mairie.

Affiche du Bastion social portant le slogan « Préférence nationale » (Crédit: capture d’écran France 2/Gizor/Youtube)

Le mouvement du « Bastion Social » a été créé au printemps 2017 à Lyon par des membres du Groupe union défense (GUD), syndicat étudiant d’extrême droite, qui avaient occupé un immeuble municipal pour en faire un lieu d’accueil de SDF, avec un critère de « préférence nationale », avant d’être délogés par la police.

Ce groupe qui a essaimé dans plusieurs villes (Strasbourg, Chambéry, Aix-en-Provence notamment) s’inspire du mouvement italien CasaPound et adhère aux thèses du « grand remplacement », qui prophétise la disparition des « peuples européens », tout en affirmant lutter contre le « capitalisme ultralibéral ». Il veut aussi offrir son aide aux plus démunis, mais français seulement.

Le mois dernier, il avait fermé, de lui-même, son « bar associatif » de Clermont-Ferrand en évoquant des « pressions policières, administratives et juridiques », alors que trois de ses membres étaient poursuivis en justice pour des faits de violence. Ils ont été condamnés trois jours plus tard.

En octobre, deux de ses militants ont également été condamnés pour des violences – sur un gendarme en civil et un ami guadeloupéen – à Aix-en-Provence. Son leader national, le Lyonnais Steven Bissuel, s’est retiré, lui, en septembre après avoir été condamné en août à de fortes amendes pour incitation à la haine raciale. Il est poursuivi par ailleurs pour une rixe survenue en avril.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...