« À notre tour », un documentaire sur le tour de France de jeunes Juifs et Arabes
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« À notre tour », un documentaire sur le tour de France de jeunes Juifs et Arabes

En 2018, le projet "Shalom Salam Salut Tour" a mené une quinzaine de jeunes Juifs et Arabes sur les routes de France, à la rencontre de leurs concitoyens

Capture d’écran du documentaire « À notre tour » de la journaliste Hanna Assouline. (Crédit : Gogogo Films & Chaï Chaï Films)
Capture d’écran du documentaire « À notre tour » de la journaliste Hanna Assouline. (Crédit : Gogogo Films & Chaï Chaï Films)

Le documentaire « À notre tour » de la journaliste Hanna Assouline, diffusé lundi sur France 3 Pays-de-la-Loire, narre le parcours de Dan et Marouane, deux jeunes militants de l’association SOS Racisme.

En novembre 2018, ils ont lancé ensemble le projet « Shalom Salam Salut Tour ». Celui-ci, qui vise à lutter contre le racisme et l’antisémitisme, les a menés en compagnie d’une quinzaine de jeunes Juifs et Arabes sur les routes de France, à la rencontre de leurs concitoyens.

« Leur but ? Permettre de parler librement des clivages et des tensions entre leurs deux communautés et ainsi porter la parole brute d’une jeunesse souvent apolitique ; qui espère ajouter sa pierre à l’édification d’une forme de paix, dans cette guerre qui les dépasse », explique la note d’intention du film, produit par la société Chaï Chaï Films.

Leur rencontre nantaise en juin 2019 avec les jeunes du quartier Bellevue a été très marquante.

Interrogée par France 3 sur le titre de son film, la réalisatrice explique : « Ces jeunes ont fait un tour de France pour aller à la rencontre de leurs concitoyens partout. Ce titre y fait référence mais il veut surtout dire que c’est au tour de la jeunesse de reprendre une parole trop souvent confisquée. Entre les polémiques des plateaux télé et des réseaux sociaux et les assignations identitaires, ces jeunes ne veulent plus que l’on parle à leur place. Ils sont de cette génération méprisée et pourtant lumineuse qui veut aujourd’hui faire entendre sa voix. »

Selon elle, le film permet de constater que « dans les situations les plus difficiles, face à la force des préjugés ou la violence de certains propos tenus, on peut se dire qu’il n’y avait plus vraiment d’espoir… Et pourtant, on constate qu’un simple échange entre deux personnes, la possibilité de voir l’Autre, de l’écouter, d’entendre ses blessures, ses doutes… peut tout d’un coup ébranler toutes les certitudes. »

Elle se dit ainsi frappée par « l’ampleur de la méconnaissance des uns et des autres ».

« Ces jeunes nantais qui disent n’avoir jamais vu de Juifs de leur vie, ni même savoir ce qu’est un Juif. Mais aussi ces jeunes lycéens d’un établissement confessionnel juif de Seine-Saint-Denis qui racontent n’avoir jamais rien connu d’autre que le milieu communautaire. Ce film dresse ce constat glaçant tout en témoignant de la nécessité absolue de recréer du lien entre tous ces jeunes français. »

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