A Palmachim, un littoral magnifique et chargé d’histoire
Rechercher

A Palmachim, un littoral magnifique et chargé d’histoire

L’implantation a été établie ici il y a 3 500 ans ; elle est passée sous contrôle canannéen, phénicien, romain et juif. Des archéologues y font des fouilles depuis plus de 20 ans

  • La zone de pique-nique à Palmachim (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    La zone de pique-nique à Palmachim (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • La grotte d'une carrière de Palmachim (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    La grotte d'une carrière de Palmachim (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Les restes d'une forteresse musulmane à Tel Yavne Yam (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Les restes d'une forteresse musulmane à Tel Yavne Yam (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • La côte de Palmachim (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    La côte de Palmachim (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • lycium épineux à Palmachim (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    lycium épineux à Palmachim (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Des bains à Tel Yavne Yam (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Des bains à Tel Yavne Yam (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Les nageurs bravent les eaux froide au Palmachim (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Les nageurs bravent les eaux froide au Palmachim (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Chaque matin, pendant la saison de nidation, des rangers du Parc National de Palmachim patrouillent. Ils cherchent des œufs que des tortues de mer ont pu pondre dans le sable.

Quand ils les trouvent, le jour où ils ont été pondus avec de la chance, les rangers emportent les oeufs à la couveuse de leur ferme, avec des nids de sables dans lequels ils se trouvaient.

De cette manière, des animaux prédateurs comme les goélans, hérons ne peuvent pas les attraper et les humains ne marcheront pas dessus. Ou les manger : des milliers ont été tués lors du mandat britannique, lorsque les officiers avaient un faible pour la soupe de tortues. Peut-être que c’est pourquoi une des deux seules espèces restantes en Méditerrannée (des huit qui vivaient une fois dans ces eaux) est si rare.

Heureusement, des rangers à Palmachim, juste au sud de Tel Aviv, font de leur mieux pour préserver la population de tortues. Effectivement, des centaines de tortues en bonne santé naissent chaque saison, sortent la nuit et rampent vers l’océan.

A l’aide de transmetteurs, des officiels du parc savent où certains des adultes se trouveront : dans des zones pour se nourrir comme la Turquie, Chypre et la Tunisie. Et un jour, toute femelle tortue qui a pu survivre aux étranglements provoqués par des filets des pêcheurs, aux blessures des moteurs de bateaux et la pollution fatale dans l’eau reviendra sur le sable de Palmachim, car les tortues pondent leurs œufs où elles sont nées.

Négligées pendant des décennies, et souvent le lieu de fêtes vraiment sauvages, Palmachim n’est passé sous le contrôle de l’Autorité des Parcs et de la Nature d’Israël en 2003. Il est étonnant qu’il ait fallu autant de temps pour y parvenir, car au-delà de la faune, des animaux sauvages et des antiquités fabuleuses, les 250 dunams du Parc, du kibboutz de Palmachim à 200 mètres de la plage de Tel Yavne, comprennent un long littoral splendide.

Les nageurs bravent les eaux froide au Palmachim (Crédit : Shmuel Bar-Am)
Les nageurs bravent les eaux froide au Palmachim (Crédit : Shmuel Bar-Am)

En été, 10 000 à 15 000 nageurs et personnes venant bronzer visitent le parc chaque jour. Cependant, à part si vous êtes uniquement intéressé par le soleil et l’eau, le meilleur moment pour visiter est un jour frais au printemps, en automne ou en hiver.

C’est alors que l’un des deux chemins faciles de Palmachim (inconfortable en été à cause de la chaleur) est le plus divertissant. Nous avons essayé la piste la plus courte un jour d’hiver avec du vent, nous promenant à travers une faune naturelle luxuriante et des cavités peu communes, avec quelques vues superbes sur l’océan. Nous avons même espionné un curieux renard, mais un autre jour, nous aurions pu voir des gazelles, des gerbilles, de porc-épics, des sangliers et d’autres créatures.

Les pistes conduisent à travers une véritable jungle de plantes mélangées et des fleurs en floraison sur une arête faite de kurkar, une dune de sable qui s’est fossilisée au cours de millénaires pour se transformer en rocher.

lycium épineux à Palmachim (Crédit : Shmuel Bar-Am)
lycium épineux à Palmachim (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Une partie de cette petite piste est appelée lycium épineux (atad hahof) du fait de sa présence partout. Florissant du printemps jusqu’à novembre, le lycium porte des fuits rouges et des charmantes fleurs en forme de coupe avec de subtiles nuances de violet.

L’atriplex (maluach) est une plante du désert qui se trouve le long de deux chemins. Elle apparaît sur la côte seulement dans les zones où il y avait une ancienne implantation, dans des endroits comme Apollonia et Ashkelon ou ici, à Yavne Yam. Certains disent que les voyageurs dans la zone ont apporté l’atriplex comme de la nourriture pour leurs chameaux et les ânes ; d’autres que les animaux ont laissé des graines ici dans leurs crottes.

Les feuilles d’atriplex sont savoureuses et mentionnées dans le livre de Job comme de la nourriture pour les hommes exténués et affamés qui errent dans les plaines désertiques. « Dans le bursh ils ont rassembé des herbes de sel » (Job 30:4). Ce qui aide l’atriplex à survivre dans le désert c’est le mécanisme qui fait ressortir le sel en excès de ses feuilles. La fine couche blanche portège la plante des rayons du soleil et empêche les feuilles de se dessécher.

Les feuilles d’atripex sont délicieuses, mais les eaux des pluies peuvent enlever une partie du sel. Des chercheurs ont découvert que les feuilles sont une bonne sources d’insuline : on a découvert que des gros rats des sables, qui se nourrissaient exclusivement d’atriplex, développaient du diabète lorsqu’ils étaient privés de ces feuilles.

Une ancienne forteresse, dont les murs bordent une bande de terre au-dessus de l’océan, longe les pistes. La forteresse se tient sur Tel Yavne Yam, à une époque une ville florissante et célèbre pour son port pratique et stratégique. De là, il y a une vue splendide sur la côte d’Ashdod à d’Ashkelon au sud, les tours de Tel Aviv dans le nord, et entre les deux du sable vierge.

L’implantation de Yavne Yam a commencé il y a 3 500 ans, et a continué par intermittence jusqu’au Moyen âge. Au début, elle était peuplé par des Cananéens qui étaient sous contrôle egyptien, mais à la fin du 7e siècle avant l’ère chrétienne, la région est passée sous contrôle judéen. Des résidents étaient des populations mélangées, allant des israélites au phéniciens.

Après que les Grecs aient pris les rênes de la terre d’israël, les phéniciens, et peut-être les Juifs, ont adopté de nombreux aspects de la culture grecque. Ainsi, lors de la Révolte Juive contre les grecs, Yavne Yam favorisait les Grecs. Judah Maccabee a mis le feu à la ville (selon le Deuxième Livre de Maccabés pour sauver les Juifs de la ville) mais elle a seulement été détruite, par un des rois Hasmonéens.

Un port trop important pour être ignoré, il a été reconstruit par les Romains, dont les historiens mentionnent Yavne Yam à plusieurs reprises. Et tout au long de l’époque byzantine (4-7e siècle), les pèlerins sont souvent venus sur la Terre d’Israël à travers le port de Yavne Yam.

La ville a été très fortifiée par les musulmans qui ont conquis la terre d’Israël au 7e siècle, et il a continué à être un port très populaire. En effet, Yavne Yam est devenu connu pour être le « deuxième port », Ashdod étant le premier. Il a finalement été abandonné au 12e siècle pour des raisons restées inconnues.

Les restes d'une forteresse musulmane à Tel Yavne Yam (Crédit : Shmuel Bar-Am)
Les restes d’une forteresse musulmane à Tel Yavne Yam (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Des archéologues mènent des fouilles à Tel Yavne depuis 1992, et ont fait de nombreuses découvertes fascinantes. En plus des mosaïques du 6e siècle et une lampe en argile décorée avec une menorah, ils ont découvert des correspondances entre les citoyens de Yavne Yam et l’Empereur Antioche V (le fils très jeune du « cruel » Antioche dont le comportement a conduit à la révolte des Maccabées au 2e siècle avant l’ère chrétienne).

Un morceau d’une poterie très importante a également été découvert immédiatement au sud de Yavne Yam. Ecrit en hébreu biblique, il date du roi Josiah (à la fin du 7e siècle avant l’ère chrétienne). Sur le morceau, une main fait appel au gouverneur au sujet d’une confiscation injuste de sa cape et mentionne la fin de son travail avant le Shabbat. C’est la plus ancienne référence au Shabbat connue, en dehors de la Bible.

Des bains à Tel Yavne Yam (Crédit : Shmuel Bar-Am)
Des bains à Tel Yavne Yam (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Une maison de bain en style romain est l’un des plus intéressants vestiges sur le tel. On peut voir sa pièce « chaude » avec un double sol et un four, des conduits en argile pour que l’air puisse circuler à travers les murs, des petites piscines pavées en marbre et un canal de drainage. C’est, pour l’instant, l’unique maison de bain en style romain dans le monde à avoir été trouvée dans une citadelle musulmane.

La zone de pique-nique à Palmachim (Crédit : Shmuel Bar-Am)
La zone de pique-nique à Palmachim (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Palmachim propose une zone de picnic avec de nombreuses informations sur l’histoire du site et la vie de sauvage, avec une toute nouvelle aire de camping.

En développant le site de camping, un tracteur a découvert une carrière utilisée par les Cananéens il y a mille ans pour construire Yavne Yam et probablement d’autres villes dans la région. Plus tard, des populations vivaient dans les caves qui ont été créées, comme en témoignent des jarres et des bouteilles de parfum trouvées à l’intérieur. Un des résidents a taillé une fenêtre dans la roche, toujours visible aujourd’hui, et même construit une cour pour sa famille.

La grotte d'une carrière de Palmachim (Crédit : Shmuel Bar-Am)
La grotte d’une carrière de Palmachim (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Horaires : toute la journée, chaque jour. Le prix d’entrée est par voiture. Information au (Israël) : 03-7265633, 03-7263902.

Aviva Bar-Am est l’auteur de sept guides en anglais sur Israël. Cet article est adapté d’un des chapitres dans son livre.

Shmuel Bar-Am est un guide officiel qui propose de circuits personnalisés en Israël pour des individus, des familles et des petits groupes.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...