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A peine nommé, le futur PDG de NSO claque la porte

Le groupe avait annoncé en octobre une refonte de sa direction dans laquelle le vice-président Isaac Benbenisti était promu PDG et le PDG Shalev Hulio devenait "président mondial"

Isaac Benbenisti (autorisation)
Isaac Benbenisti (autorisation)

Le futur PDG du géant israélien de la cybersécurité NSO, concepteur du logiciel espion Pegasus, a claqué la porte du groupe jeudi, moins de deux semaines après sa nomination et des difficultés aux Etats-Unis, a indiqué à l’AFP une source proche du groupe.

Le 31 octobre dernier, le groupe NSO, établi dans la banlieue de la métropole israélienne Tel-Aviv, avait annoncé une refonte de sa direction dans laquelle le vice-président Isaac Benbenisti était promu PDG et le PDG Shalev Hulio devenait « président mondial ».

Mais cette réforme n’a pas eu le temps d’être mise en œuvre dans la mesure où M. Hulio a décidé de rester en selle et M. Benbenisti de quitter le groupe, a indiqué jeudi à l’AFP une source proche du groupe, confirmant des informations de la presse spécialisée israélienne.

Selon cette source, la décision de Shalev Hulio, fondateur du groupe, de rester en poste comme PDG s’explique par la décision de Washington la semaine dernière de placer la société sur la liste noire américaine des entreprises menaçant la sécurité d’Etat.

« Après les problèmes aux Etats-Unis, Shalev a décidé de rester à la tête du groupe », a indiqué cette source requérant l’anonymat.

Shalev Hulio, PDG de NSO Group, parle avec le journal Calcalist, le 20 avril 2020. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Le groupe NSO s’est retrouvé exposé cet été après des enquêtes publiées par un consortium de 17 médias internationaux, révélant que son logiciel Pegasus aurait permis d’espionner les numéros de journalistes, hommes politiques, notamment le président français Emmanuel Macron, des militants et des chefs d’entreprises de différents pays. L’entreprise nie que Macron ait été espionné.

« Piratage »

Une fois installé dans un téléphone mobile, Pegasus permet d’espionner son utilisateur, accédant à ses messageries, ses données, ou activant l’appareil à distance à des fins de captation de son ou d’image.

Le logiciel Pegasus ne peut être vendu qu’à des Etats, et ces ventes doivent obtenir le feu vert d’une commission spéciale du ministère israélien de la Défense, responsable de l’approbation des ventes d’armes.

« Je ne pense pas qu’il y ait un autre pays au monde qui a des règles plus strictes en matière de cyberguerre », avait déclaré samedi dernier le chef de la diplomatie israélienne, Yaïr Lapid, interrogé sur la désignation de NSO par les Etats-Unis, premier allié de l’Etat hébreu.

NSO s’était dit « consterné » par cette désignation, affirmant avoir un programme « rigoureux », en conformité avec les droits de l’Homme, et avait exhorté les Etats-Unis à revoir leur position.

Un logo orne un mur sur une succursale de la société israélienne NSO Group, près de la ville de Sapir, dans le sud d’Israël, le 24 août 2021. (Crédit : AP/Sebastian Scheiner)

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