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« A Sinner in Mecca », le pèlerinage à la Mecque vu par un musulman gay

Le documentaire de Parvez Sharma se veut un appel au réveil pour une religion partagée par le quart de l'humanité

Cette photo non datée montre le cinéaste Parvez Sharma. (Crédit : AFP PHOTO / DOCUMENT / autorisation DE MURPHY PR)
Cette photo non datée montre le cinéaste Parvez Sharma. (Crédit : AFP PHOTO / DOCUMENT / autorisation DE MURPHY PR)

A quoi peut ressembler le pèlerinage de la Mecque, en Arabie saoudite, le premier lieu saint de l’islam, lorsqu’on est homosexuel ? Le réalisateur d’origine indienne Parvez Sharma raconte son « Haj » dans un documentaire et espère qu’il pourra servir d’électrochoc.

Le documentaire « A Sinner in Mecca », que l’on peut traduire par « Un pécheur à la Mecque » et qui doit sortir dans les salles américaines le 4 septembre, offre une plongée très subjective dans le cinquième pilier de l’islam, qui a valu à son réalisateur et personnage principal des menaces de mort et une violente campagne sur internet.

Il ne s’agit pas seulement d’une critique de l’Arabie saoudite et de son wahhabisme, vision ultra-rigoriste de l’islam, mais également de l’histoire d’un homme qui tente de réconcilier sa foi et sa sexualité.

Le documentaire, dans lequel on voit des scènes du mariage de Parvez Sharma avec son mari new-yorkais, se veut un appel au réveil pour une religion partagée par le quart de l’humanité et que le réalisateur estime otage d’une minorité violente.

« L’islam est en train d’imploser et il y a une énorme crise », explique M. Sharma à l’AFP.

Une réforme de l’islam « arrive, mais elle arrive trop lentement et nous manquons de temps. Le changement doit intervenir au sein du wahhabisme, qui est la racine de tous les problèmes » ajoute celui qui a réalisé « Jihad, au nom de l’amour », en 2007.

Perspective ‘selfie’

Il a effectué son pèlerinage en 2011, quatre mois après que l’ancien chef d’Al-Qaïda, Oussama ben Laden, ne soit tué et sept mois après le début du printemps arabe.

« J’ai senti que ça pouvait être le moment le plus intéressant pour y aller, avec toute cette agitation dans le monde musulman », se souvient-il. Il a filmé son périple avec un téléphone portable et deux petites caméras, sans autorisation saoudienne.

Au début, explique-t-il, son « iPhone avait été emporté par la police religieuse et ils ont effacé tout le début du tournage ».

« Ces mecs se baladent avec des bâtons et vous frappent si vous faites quelque chose qu’ils considèrent comme anti-islam », raconte M. Sharma, qui dit s’être retrouvé « du mauvais côté du bâton plusieurs fois ».

Dans son documentaire, on voit la foule autour de la Kaaba, le site vers lequel se tournent les musulmans pour prier, le centre commercial géant à proximité ou encore le trajet d’une nuit, debout dans un bus, pour atteindre le mont Arafat.

Lorsqu’il atteint la Kaaba, c’est « probablement la nuit la plus violente de toute ma vie », estime Parvez Sharma, qui a alors enroulé une caméra autour de son cou et laissé tourner.

La plus grande partie du documentaire se focalise sur lui. On y voit seulement deux entretiens.

Un Arabe se plaint notamment que sa femme a été touchée par un autre homme, tandis qu’un pakistanais confie chercher l’expiation après avoir commis, dit-il, un crime d’honneur.

« Le fait que (Parvez) Sharma filme constamment son visage et ses réactions à ce qu’il voit confère au film une perspective ‘selfie’ parfois pénible », écrit le critique David Savage dans Cut Print Film.

Il estime toutefois qu’il s’agit d’un documentaire « important et rare », compte-tenu des « menaces de violences et de mort qui ont poussé nombre de ses camarades gays musulmans à se cacher ».

Le réalisateur, lui, considère que l’accueil réservé au documentaire, présenté lors de récents festivals, a été positif.

Il a toutefois reçu une avalanche de messages de haine et des menaces de mort en ligne, provenant notamment de serveurs au Pakistan et en Arabie saoudite.

« J’espère qu’au final, les musulmans vont y réagir positivement », dit-il.

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