A Sotchi, Netanyahu jure de faire cesser les attaques iraniennes
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A Sotchi, Netanyahu jure de faire cesser les attaques iraniennes

Lors d'un voyage préélectoral s'intéressant aux électeurs nés en Russie, le Premier ministre a estimé que la présence en Syrie de Téhéran était intolérable"

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre Poutine à Sotchi, en Russie, le 12 septembre 2019. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)
Le Premier ministre Poutine à Sotchi, en Russie, le 12 septembre 2019. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

L’Iran a renforcé ses agressions contre l’Etat juif de manière spectaculaire ces dernières semaines, a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu au président russe Vladimir Poutine à Sotchi dans la journée de jeudi.

Netanyahu s’est rendu dans cette station balnéaire de la mer Noire pour évoquer la coopération militaire entre Moscou et Jérusalem ainsi que les efforts livrés pour empêcher Téhéran de s’enraciner en Syrie.

La Russie est l’une des principales alliées de Damas.

« La coordination sécuritaire entre nous est toujours importante mais elle l’est tout particulièrement aujourd’hui parce que, le mois dernier, il y a eu une hausse très nette des tentatives d’attaques contre Israël depuis le territoire syrien, ainsi que des initiatives visant à installer des missiles de précision contre nous », a expliqué Netanyahu.

« C’est une menace intolérable de notre point de vue et nous agissons pour la faire disparaître. Et nous sommes donc dans l’obligation de garantir que notre coordination empêchera les frictions. Et nous faisons déjà cela, en effet, et nous continuerons à le faire – dans la conversation que nous allons avoir aujourd’hui aussi, j’en suis sûr », a clamé le Premier ministre.

Netanyahu se référait là au mécanisme dit de « déconfliction » mis en place entre les armées russe et israélienne rapidement après la décision prise par Poutine d’établir une présence militaire en Syrie.

La rencontre de jeudi – qui a commencé avec près de trois heures de retard, Poutine se trouvant au Dagestan pour y commémorer le vingtième anniversaire de la guerre civile qui avait éclaté là-bas – est la treizième rencontre organisée entre les deux hauts-responsables depuis le mois de novembre 2015.

Dans ses propos, le leader israélien, qui s’est rendu en Russie moins de deux semaines avant le scrutin du 17 septembre, a salué les relations bilatérales, disant qu’elles n’ont jamais été meilleures. Il a cité deux raisons à cela : plus d’un million de russophones vivent actuellement en Israël, construisant une « passerelle humaine » entre les deux pays ainsi que la « relation directe » l’unissant lui-même à Poutine.

Les électeurs israéliens originaires de l’ex-Union soviétique sont l’une des principales audiences ciblées par le parti du Likud de Netanyahu pendant la campagne électorale en cours pour tenter d’affaiblir l’un de ses adversaires politiques les plus déterminants, Avigdor Liberman, le chef de la formation Yisrael Beytenu qui est né en Moldavie.

Poutine, qui s’est exprimé avant le Premier ministre, a souligné dans son allocution les engagements de la Russie en faveur de la sécurité israélienne. Il n’a pas évoqué la chaleur ostensible de ses propres relations avec Netanyahu mais a toutefois tenu un propos qui, selon les observateurs, a laissé entendre qu’il avait favori pour le prochain scrutin israélien.

« La Russie se préoccupe beaucoup de qui sera élu à la Knesset et j’espère que ceux qui y siégeront continueront à entretenir les liens bilatéraux entre nos deux pays et à faire avancer nos relations », a-t-il dit.

De plus, Poutine a annoncé qu’il comptait se rendre en Israël au mois de janvier 2020 pour prendre part à une cérémonie commémorant la libération du camp de la mort d’Auschwitz et pour dévoiler un monument érigé en l’honneur des soldats soviétiques qui ont combattu et qui sont morts pendant le siège de Leningrad.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, deuxième à gauche, rencontre le ministre russe de la Défense Sergei Shoigu à Sochi, en Russie, le 12 septembre 2019 (Crédit : GPO)

Jeudi dans la matinée, Netanyahu, qui est aussi ministre de la Défense, a rencontré le chef de la Défense du Kremlin Sergueï Choïgou.

« La première question dont nous avons discuté est celle de la sécurité, ce qui signifie maintenir la liberté d’action de l’armée israélienne et notamment celle de l’armée de l’air face aux tentatives de l’Iran de s’enraciner dans notre région et contre nous au niveau militaire », a-t-il dit après l’entretien.

« Nous sommes constamment en opération et il est important de prévenir les collisions non-nécessaires. C’est ce que nous faisons dans les rencontres telles que celles-ci et aussi, bien sûr, dans notre nombreuses conversations téléphoniques, entre chaque réunion de visu ».

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