A Strasbourg, de premiers pavés en mémoire des victimes du nazisme
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A Strasbourg, de premiers pavés en mémoire des victimes du nazisme

Vingt "Stolpersteine" rendant hommage aux victimes du nazisme, ont été scellés dans les trottoirs de Strasbourg, un travail de mémoire en période de résurgence d'actes antisémites

Illustration d'un "Stolpersteine" (pierres d'achoppement, pierres sur lesquelles on peut trébucher) à Berlin, le 9 novembre 2013. (AFP/Johannes Eisele)
Illustration d'un "Stolpersteine" (pierres d'achoppement, pierres sur lesquelles on peut trébucher) à Berlin, le 9 novembre 2013. (AFP/Johannes Eisele)

Vingt premiers « Stolpersteine », des pavés de laiton rendant hommage individuellement aux victimes du nazisme, ont été scellés mercredi dans les trottoirs de Strasbourg, un travail de mémoire en période de résurgence d’actes antisémites.

A gauche de la porte d’entrée du 19 boulevard Clemenceau, quatre pavés dorés de 10 centimètres de côté viennent fraîchement d’être incrustés dans le trottoir.

Chacun décline l’histoire d’une vie terminée prématurément pendant la Seconde Guerre mondiale. « Ici habitait Lucie Brunschwig, née Meyer, née 1892, internée Drancy, déportée 1944 Auschwitz, assassinée 20.05.1944 » est gravé sur l’un d’entre eux.

La plaque d’à côté concerne son mari rabbin, tué le même jour dans le camp d’extermination nazi, à 56 ans.

Lucie et Robert Emmanuel Brunschwig étaient la grande-tante et le grand-oncle de Ruth Heckscher, venue spécialement de Londres à Strasbourg pour assister à la pose par l’artiste allemand Gunter Demnig des pavés en leur mémoire.

« C’est important qu’on parle encore d’eux, cela représente le fait qu’on ne les a pas oubliés, au-delà du cercle familial », a-t-elle expliqué à l’AFP.

1 MAI 2019, N'OUBLIEZ PAS CET ÉVÉNEMENT !!!Le 1er mai 2019 à Strasbourg aura lieu la pose de nos premières…

פורסם על ידי ‏‎Stolpersteine Bas-Rhin‎‏ ב- יום שלישי, 30 באפריל 2019

Imaginé en 1992 par Gunter Demnig, le concept de « Stolperstein », littéralement « pierre sur laquelle on trébuche » en allemand, consiste à rappeler le destin des victimes du nazisme en faisant « buter » le regard des passants sur ces pavés de béton recouverts de laiton et gravés à la main.

En six endroits de Strasbourg, vingt de ces pavés ont été insérés dans le trottoir, devant plusieurs dizaines de personnes et avec la lecture de témoignages sur ces victimes du nazisme, parfois des familles entières, comme la famille Loeb et leurs trois enfants.

L’objectif est que d’ici plusieurs années Strasbourg compte des « Stolpersteine » pour chacun des 850 Juifs de la ville déportés et tués par le régime nazi, a expliqué Fabienne Regard, présidente de l’association Stolpersteine67 qui porte le projet à Strasbourg.

« C’est l’idée qu’il faut réveiller la mémoire, ne pas se laisser endormir et qu’il faut trébucher pour se souvenir de ce qu’il s’est passé et éviter que cela ne se reproduise », a estimé le maire de Strasbourg, Roland Ries.

Alors que plusieurs actes antisémites et racistes ont eu lieu ces derniers mois en Alsace, « ce rappel de la Shoah, de jusqu’où on peut aller dans la folie, est plus que jamais nécessaire », a ajouté l’édile.

Mardi et mercredi, plusieurs dizaines de ces pavés de mémoire ont été fixés à Muttersholtz (Bas-Rhin) et Herrlisheim-près-Colmar (Haut-Rhin).

Plus de 70 000 « Stolpersteine » ont déjà été posés dans vingt-cinq pays d’Europe. En France, plusieurs ont déjà été scellés depuis 2013 dans le sud-ouest, en Vendée et en Saône-et-Loire.

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