A Tel Aviv, l’espoir a cédé la place aux larmes chez les partisans de Clinton
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A Tel Aviv, l’espoir a cédé la place aux larmes chez les partisans de Clinton

Des démocrates se sont réunis pour regarder les résultats, secouant la tête de dépit face à la défaite de leur candidate sur le point de tout perdre

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Les partisans de la candidate démocrate Hillary Clinton observent les résultats de l'élection américaine de 2016 à l'auberge Abraham Hostel de Tel Aviv le 9 novembre 2016. (Judah Ari Gross / Times of Israel)
Les partisans de la candidate démocrate Hillary Clinton observent les résultats de l'élection américaine de 2016 à l'auberge Abraham Hostel de Tel Aviv le 9 novembre 2016. (Judah Ari Gross / Times of Israel)

Secouant la tête, le mot à quatre lettres prononcé en signe d’incrédulité profonde, les démocrates en Israël ont regardé les résultats de l’élection projetés sur un mur de l’Abraham Hostel de Tel Aviv, aux premières heures de la matinée de mercredi.

Les choses ne se sont pas passées comme ils s’y attendaient.

Hillary Clinton, considérée pendant longtemps comme la favorite dans la course à la présidentielle 2016, a connu un départ boÎteux et n’est pas parvenue à rebondir en remportant des victoires éclatantes dans les états où elle aurait dû s’affirmer.

“Je suis resté debout toute la nuit pour assister à ça ?” se sont mutuellement interrogés les deux douzaines environ de partisans de Clinton réunis dans le hall alors que l’aube se levait sur la ville blanche.

A 7 heures 45, Clinton enregistrait 238 électeurs au Collège électoral.

“Je souhaiterais que ce soit déjà dans la poche, mais je suis encore optimiste”, dit Tali Zinger, une représentante de la campagne.

Les démocrates se sont assis dans l’obscurité sur des chaises longues désassorties et des rocking chairs, sur des hamacs attachés au plafond et des balançoires « love swing ».

Les démocrates de Tel Aviv regardent la soirée électorale à l'Abraham Hostel, le 9 novembre 2016. (Crédit : Judah Ari Gross/ Times of Israel)
Les démocrates de Tel Aviv regardent la soirée électorale à l’Abraham Hostel, le 9 novembre 2016. (Crédit : Judah Ari Gross/ Times of Israel)

La déception et le choc peuvent clairement se lire sur les visages, illuminés par les écrans de smartphone et d’ordinateur utilisés pour actualiser frénétiquement les pages du New York Times et du site FiveThirtyEight pour suivre les dernières prédictions.

Joachim, un Norvégien moustachu arborant un tatouage du leader de guérilla socialiste Che Guevera sur son biceps, jure dans sa langue natale en regardant l’écran.

“Comment les Américains peuvent-ils être si stupides ?” se demande-t-il. Il ne s’agit pas d’une question rhétorique, Joachim cherche des réponses.

“J’ai été dans 50 pays. J’ai rencontré des Américains. J’ai pensé qu’ils étaient intelligents. Est-ce que c’est possible ? » s’interroge-t-il.

Zinger, le regard accroché à CNN et son ventre de femme enceinte venant tendre un tee-shirt bleu Clinton-Kaine, reconnaît ne pas avoir envisagé qu’une victoire de Trump puisse être assurée.

“Je pensais que les électeurs américains voteraient pour l’optimisme et un avenir diversifié, pas pour la rhétorique raciste et de division que Trump a utilisée”, dit-elle.

Shifra Sered, née au Massachusetts et qui vit avec sa compagne à Tel Aviv, ne partage pas l’espoir de Zinger.
Les larmes aux yeux, elle explique qu’elle imagine un avenir sombre pour les Etats-Unis.

« J’ai vraiment peur de ce qui va arriver en Amérique. J’ai peur de camps d’internement pour les musulmans. J’ai peur de déportations de masse », dit-elle.

“Je n’ai pas peur pour moi. Je vis ici. J’ai peur pour mes voisins », explique-t-elle.

En plus de ces idées peut-être irréalistes, Sered indique être inquiète concernant des questions qui surviendront probablement au cours des quatre prochaines années, notamment concernant la nomination d’un nouveau juge à la Cour Suprême et de réformes potentielles des programmes de sécurité sociale et d’aide sociale.

“Je ne pense pas être hyperbolique quand je dis que ces politiques pourront tuer des gens”, dit-elle.

« Nous devons nous aimer les uns les autres, pas de manière mièvre ou hippie, mais réellement »

Après avoir regardé les résultats abonder pendant une heure, elle et sa compagne ont annoncé qu’elles devaient partir. Sered doit se rendre à son travail au sein d’une organisation de défense des droits de l’Homme et sa conjointe doit aller à son école.

Elles ont prévu de se retrouver avec des amis pour se réconforter si Donald Trump devait en effet remporter les élections.

“Nous devons nous aimer les uns les autres”, dit Sered, « et pas de manière mièvre ou hippie – mais réellement”.

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