Abandon des sanctions contre une station de radio ultra-orthodoxe
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Abandon des sanctions contre une station de radio ultra-orthodoxe

Une pétition contre Kol Barama qui requerrait une amende de 20 millions de shekels a été rejetée par la Cour suprême ; la radio interdisait d'antenne les femmes entre 2009 et 2011

Marissa Newman est la correspondante politique du Times of Israël

Dudi Shumenfeld de la station de radio ultra-orthodoxe Kol Berama, le 1er juillet 2009 (Crédit :  Yaakov Naumi/Flash90)
Dudi Shumenfeld de la station de radio ultra-orthodoxe Kol Berama, le 1er juillet 2009 (Crédit : Yaakov Naumi/Flash90)

Une station de radio ultra-orthodoxe s’est félicité jeudi après qu’un groupe féministe a retiré l’appel qu’il avait déposé auprès de la Cour suprême. Celui-ci réclamait de plus grandes sanctions à l’égard de la station pour sa politique passée qui interdisait les femmes sur ses ondes.

S’il avait été approuvé par la cour, l’amende de 20 millions de shekels (5 millions d’euros) réclamée par ce recours collectif aurait sans doute entraîné la fermeture de la radio Kol Barama.

En septembre 2018, dans le cadre d’une condamnation jurisprudentielle pour discrimination, le tribunal de district de Jérusalem avait réclamé 1 million de shekels d’amende (246 000 euros) à Kol Barama pour son refus de faire passer des femmes sur son antenne entre 2009 et 2011.  Ce recours collectif avait été déposé par le Centre d’action religieuse d’Israël (IRAC) du mouvement réformé pour le compte du groupe de défense des droits des femmes religieuses, Kolech. Depuis, la station payait l’amende en plusieurs fois, comme autorisé par le tribunal.

Lors de l’appel jugé jeudi par la Cour suprême, l’IRAC et Kolech réclamaient que l’amende soit multiplié par vingt, suscitant l’inquiétude de Kol Barama.

Les juges Neal Hendel, Anat Baron et George Kara ont critiqué la motion, la qualifiant de disproportionnée, et convaincu les deux parties d’abandonner les poursuites, clôturant une affaire commencée il y a 7 ans.

« Le combat d’aujourd’hui n’était pas seulement celui de Kol Barama, mais celui de toute la communauté haredi et religieuse souhaitant conserver son indépendance et son mode de vie [religieux] », a déclaré le directeur général de la radio, Ariel Deri. « L’organisation Kolech a tenté de toutes ses forces de faire fermer Kol Barama, mais avec l’aide de Dieu et le soutien de nos auditeurs et de nos employés, cet objectif a échoué. »

L’IRAC n’a pas encore répondu à notre demande de commentaires.

Fondée en 2009, la station ultra-orthodoxe a refusé d’avoir des femmes dans ses émissions pendant les deux premières années de son existence, citant les sensibilités religieuses de ses auditeurs. Depuis 2012, après des réformes introduites par la Seconde autorité de ma télévision et de la radio, la radio incorpore progressivement des animatrices et a levé son interdiction de recevoir des femmes.

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