Abbas a « perdu la raison » et abandonné la paix, dit Liberman
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Abbas a « perdu la raison » et abandonné la paix, dit Liberman

Le ministre israélien de la Défense affirme que l'AP a choisi la confrontation avec Israël et les Etats-Unis, pour Bennett, le discours féroce d'Abbas marque la fin de son règne

Le ministre de la Défense et chef du parti Yisrael Beytenu Avigdor Liberman dirige une réunion de sa faction à la Knesset, le 8 janvier 2018 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le ministre de la Défense et chef du parti Yisrael Beytenu Avigdor Liberman dirige une réunion de sa faction à la Knesset, le 8 janvier 2018 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a déclaré lundi que le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a « perdu la raison » suite à un discours féroce prononcé contre le président américain Donald Trump.

Liberman a expliqué au micro de la radio militaire israélienne que l’allocution prononcée dimanche par Abbas symbolisait son abandon des perspectives de négociations de paix et son choix d’une confrontation avec Israël et les Etats-Unis.

« Ce discours signale qu’il a perdu le contrôle de lui-même, qu’il a perdu le soutien du monde arabe modéré et qu’il a clairement abandonné les négociations », a dit Liberman à propos d’Abbas.

« C’est sa maison qu’il détruit », a-t-il ajouté.

Lundi, durant la réunion de son parti Yisrael Beytenu, le ministre a déclaré qu’Abbas cherchait des excuses pour éviter les négociations de paix avec Israël.

« Il est évident que [Abbas] ne veut pas la paix. Il ne veut pas d’accord, et il cherche une excuse pour l’éviter. L’annonce de Trump était une excuse pour esquiver les négociations directes ».

Il a évoqué le refus qu’avait essuyé le Premier ministre Ehud Olmert en 2008, comme preuve supplémentaire de l’inflexibilité d’Abbas.

« Vous pouvez accuser ce gouvernement de ne pas vouloir la paix, d’être de droit, [mais] vous devez vous rappeler que même quand [Abbas était assis en face d’Ehud Olmert à Annapolis – et on ne peut rien donner de plus que ce qu’Olmert proposait à Annapolis – là encore, [Abbas] avait dit ‘non’. »

En effet, les dirigeants palestiniens étaient réunis lundi pour tenter d’élaborer la riposte aux coups portés selon eux à leur cause par le président américain Donald Trump.

Le conseil central de l’OLP, l’un des organes de l’organisation internationalement reconnue comme la représentante de tous les Palestiniens, avait été convoqué à titre extraordinaire pour répondre à la décision annoncée le 6 décembre par M. Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël.

Mais Abbas a violemment durci sa rhétorique dimanche, éreintant Trump en raison de ses initiatives politiques récentes, notamment la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël.

Abbas a également critiqué une déclaration récente de Trump qui menaçait de couper l’aide aux Palestiniens et prétendant que ces derniers ne désiraient plus négocier un accord de paix avec Israël.

« Depuis quand rejetons-nous les négociations ? », a ainsi dit Abbas aux membres du Conseil central palestinien. « C’est une honte », a ajouté Abbas, s’adressant à Trump.

Provoquant les rires de l’assistance, Abbas a alors ajouté la phrase « Yekhreb beitak », qui peut se traduire littéralement par « Que Dieu détruise votre maison ».

En arabe palestinien, la phrase peut avoir des connotations différentes avec différents degrés d’insultes. Mais son usage dans un discours très observé a paru discordant.

Les Américains sont censés présenter à une échéance encore peu claire un plan pour tenter de ranimer l’entreprise de paix moribonde. Mais les Palestiniens ont gelé les contacts depuis décembre.

Le vice-président américain Mike Pence se rendra à Jérusalem la semaine prochaine, mais ne devrait rencontrer aucun dirigeant palestinien.

A la place, M. Abbas a appelé à un processus sous médiation internationale.

Le conseil central de l’OLP doit s’achever lundi soir par une déclaration commune. Entre les moyens de pression américains et les divisions et les faiblesses palestiniennes, la marge de manœuvre paraît très limitée pour l’OLP.

M. Abbas a assuré que le processus de paix d’Oslo était révolu par la faute d’Israël et que toutes les options étaient sur la table.

Il s’est toutefois abstenu d’aborder deux d’entre elles évoquées avant la réunion de l’OLP : la fin de la reconnaissance d’Israël et de la coopération sécuritaire avec les Israéliens.

Le groupe terroriste palestinien du Hamas, qui ne fait pas partie de l’OLP et qui a décliné l’invitation au conseil central, a accusé M. Abbas dans un communiqué de « ne pas satisfaire les ambitions de notre peuple ».

Israël, pour sa part, semble très peu susceptible d’accepter un autre intermédiaire que les Etats-Unis.

Le ministre de la Défense et chef du parti Yisrael Beytenu Avigdor Liberman dirige une réunion de sa faction à la Knesset, le 8 janvier 21018 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le ministre de l’Education Naftali Bennett, chef du parti de droite HaBayit HaYehudi, a estimé que sur la base de son contenu et de son style, le discours était le chant du cygne d’Abbas, et que l’ère de « état palestinien était révolue ».

« Abu Mazen est à la fin de son parcours, vers la fin de son règne et la fin de sa vie », a-t-il déclaré à la radio militaire en se référant à Abbas sous son nom de guerre. « Il semble qu’il n’y ait pas de [partenaire] palestinien pour la paix et il est peu probable qu’il y en ait un à l’avenir ».

Pour Bennett, Mahmoud Abbas « est déconnecté de la réalité ». Il a affirmé « l’ère de la souveraineté a commencé » et appelle à l’annexion de parties de la Cisjordanie.

Dans un discours prononcé depuis la Maison Blanche le 6 décembre, Trump avait reconnu Jérusalem en tant que siège du gouvernement israélien. Cette initiative avait été saluée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et par les dirigeants d’une grande partie du spectre politique. Trump avait spécifié qu’il ne présumait pas des frontières de la souveraineté israélienne dans la ville et avait demandé à ce qu’aucun changement n’ait lieu dans le statu-quo mis en place dans les lieux saints.

Abbas avait alors déclaré qu’en s’alignant sur les Israéliens sur une question sensible, Trump avait détruit la crédibilité des Etats-Unis en tant que négociateur de paix au Moyen-Orient.

« Nous avons dit à Trump que nous n’accepterons pas ce projet, ‘l’accord du siècle’ qui est devenu ‘la claque du siècle' », a dit Abbas dimanche. « Mais nous giflerons en retour ».

« Nous ne prenons nos instructions de personne et disons ‘non’ s’il s’agit de notre destinée, de notre cause, de notre pays et de notre peuple… 1000 fois non », a-t-il dit.

Le ministère des Affaires étrangères et le bureau du Premier ministre n’ont pas fait de commentaires sur le discours d’Abbas.

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