Abbas affirme que Lauder a proposé d’être un relais entre lui et Netanyahu
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Abbas affirme que Lauder a proposé d’être un relais entre lui et Netanyahu

Le dirigeant palestinien a déclaré à d’anciens députés qu’il avait accepté l’idée mais que rien n’avait abouti ; Abbas aurait conditionné ces discussions à un gel des implantations

Ronald Lauder à Leipzig, en Allemagne, le 30 août 2010. (Sean Gallup / Getty Images, via JTA)
Ronald Lauder à Leipzig, en Allemagne, le 30 août 2010. (Sean Gallup / Getty Images, via JTA)

Le président du Congrès juif mondial, Ronald Lauder, a proposé de servir de relais entre le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, a déclaré le dirigeant palestinien cette semaine, mais l’initiative a finalement échoué.

Abbas a déclaré à un groupe d’anciens législateurs israéliens que Lauder, qui était impliqué depuis des décennies dans les relations entre Netanyahu et les dirigeants arabes, lui avait suggéré l’idée il y a plusieurs mois, a indiqué l’ancien ministre de la Justice Yossi Beilin.

Abbas a déclaré avoir donné à Lauder, qui était autrefois proche de Netanyahu et ami du président américain Donald Trump, son engagement à participer à cette chaîne de communication, mais que rien ne s’était jamais produit, a déclaré Beilin au Times of Israël.

L’ancien député travailliste Efi Oshaya, qui était également présent à la réunion, a confirmé le discours d’Abbas concernant cette proposition de Lauder.

Le président palestinien Mahmoud Abbas préside une réunion du comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) au siège de l’Autorité palestinienne à Ramallah, en Cisjordanie, le 15 septembre 2018. (AFP / Abbas Momani)

Beilin et Oshaya ont tous deux déclaré qu’Abbas n’avait fourni aucune explication quant à la raison pour laquelle le réseau de communication n’avait pas été établi.

« Abbas a dit qu’il avait accepté l’offre de Lauder et que rien ne s’était produit », a déclaré Beilin.

Ces commentaires ont été exprimés lors d’une réunion dimanche soir au siège de la présidence de l’AP à Ramallah. Les anciens législateurs Ophir Pinez-Paz, Yair Tzaban, Yosef Vanunu et d’autres y ont participé.

Un responsable du bureau d’Abbas, qui a demandé à rester anonyme, a déclaré que M. Lauder avait déjà par le passé suggéré de diriger un réseau de communication entre le dirigeant palestinien et Netanyahu. Le fonctionnaire a toutefois déclaré qu’Abbas avait dit à Lauder qu’il ne participerait à la ligne de communication que si Israël décrétait un gel de la construction dans les implantations.

Yossi Beilin à la Conférence sur la démocratie d’Israël à Tel Aviv, le 17 février 2015. (Crédit : Amir Levy/Flash90)

Nabil Shaath, conseiller d’Abbas pour les affaires internationales, a déclaré qu’il n’avait pas été informé d’une telle proposition de ligne de communication entre Abbas et Netanyahu.

Ces dernières années, Abbas et Netanyahu ont rarement communiqué entre eux. Des discussions de moindre importance ont été lancées en 2014 mais n’ont pas permis une quelconque avancée et ont finalement échoué.

Un porte-parole de Lauder a déclaré que le milliardaire ne souhaitait pas commenter ces affirmations, tenues lors de conversations privées.

Le cabinet du Premier ministre a lui aussi refusé de commenter une quelconque proposition de Lauder concernant l’ouverture d’une ligne de communication entre Netanyahu et Abbas.

Abbas et Lauder, héritier de l’empire des cosmétiques Estee Lauder et dirigeant du Congrès juif mondial, se sont rencontrés à plusieurs reprises par le passé. Le magnat a également servir d’intermédiaire entre Netanyahu et des dirigeants arabes, dont le président syrien Bashar al-Assad.

En mai 2017, Maariv a rapporté que Lauder avait accueilli Abbas chez lui à New York pour le préparer à sa première rencontre avec Trump, le 3 mai 2017. Le même mois, le New York Times a rapporté que Lauder avait « poussé M. Trump à forger une alliance avec Abbas ».

Trump a depuis reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël, a cessé de financer l’Office de secours et de travaux des Nations unies, organisme des Nations unies chargé d’aider les réfugiés palestiniens (UNRWA), et coupé toute aide civile à des projets en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, provoquant la colère d’Abbas et des autres dirigeants palestiniens.

En mars 2018, Lauder a publié dans le New York Times une tribune dans laquelle il affirmait que les principaux dirigeants palestiniens étaient « prêts à entamer dans l’immédiat des négociations directes ».

Lauder et Netanyahu ont jadis maintenu une relation étroite, mais leurs relations se seraient détériorées en 2011 après que la Dixième chaîne, dans laquelle Lauder a des parts, a diffusé un documentaire critique sur l’épouse de Netanyahu, Sara.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre le comité de direction et le président du Congrès juif mondial, Ronald Lauder, au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 11 septembre 2016. (Haim Zach / GPO via Flash90)

Beilin, un architecte des accords d’Oslo, a également déclaré qu’Abbas avait affirmé aux anciens législateurs qu’il ne regrettait pas l’accord historique, malgré ses déclarations passées dans lesquelles il avait menacé de quitter le pacte.

« Il a expliqué que les populations israélienne et palestinienne disaient que lui et moi étions des traîtres à cause de nos rôles dans le processus d’Oslo », a déclaré Beilin. « Mais il a affirmé qu’il ne regrettait pas le processus et continuait à croire que nous avions fait la chose la plus importante pour nos peuples. »

Le 25e anniversaire de la signature du premier des accords d’Oslo a eu lieu la semaine dernière. Les accords d’Oslo ont établi l’Autorité palestinienne et mis en place les mécanismes de coopération entre ce pays et Israël.

Plusieurs dirigeants palestiniens ont célébré l’anniversaire du premier des accords d’Oslo en les condamnant, notamment le chef adjoint du Hamas à Gaza, qui les a qualifiés de « catastrophiques ».

Pour sa part, Abbas a déclaré à plusieurs reprises l’année dernière que les accords d’Oslo « étaient morts ».

Lors d’une récente réunion du Conseil central palestinien, deuxième organe de décision suprême de l’OLP, il a également suggéré que les Palestiniens renoncent à certains de leurs engagements concernant les accords d’Oslo.

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