Abbas, « furieux », condamne la violence après l’attentat meurtrier
Rechercher

Abbas, « furieux », condamne la violence après l’attentat meurtrier

Le chef de l'AP a expliqué à d'anciens députés israéliens que "tout le monde perd au jeu de la violence" quelques heures après la mort d'un Israélien lors d'une attaque au couteau

Le président de l'AP Mahmoud Abbas préside une rencontre du comité exécutif de  l'Organisation de libération de la Palestine au siège de l'Autorité palestinienne à Ramallah, en Cisjordanie, le 15 septembre 2018 (Crédit : / AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)
Le président de l'AP Mahmoud Abbas préside une rencontre du comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine au siège de l'Autorité palestinienne à Ramallah, en Cisjordanie, le 15 septembre 2018 (Crédit : / AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)

Le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas a expliqué s’opposer à la violence, dimanche, réagissant à une attaque terroriste au cours de laquelle un adolescent palestinien de 17 ans a poignardé à mort un Israélien, Avi Fuld.

Abbas a tenu ces propos au cours d’une rencontre avec d’anciens politiciens israéliens, avec notamment Ophir Pinez-Paz, Efi Oshaya, Yair Tzaban, Yosef Vanunu et d’autres au siège présidentiel de l’AP à Ramallah, dimanche soir, selon l’ancien ministre de la Justice Yossi Beilin qui était également présent.

Ari Fuld, 45 ans, a été tué lors d’un attentat terroriste commis aux abords du centre commercial Harim au carrefour d’Etzion, au sud de Jérusalem, en Cisjordanie. Fuld, ressortissant américano-israélien qui vivait dans l’implantation d’Efrat et qui était père de quatre enfants, est parvenu à pourchasser et à ouvrir le feu sur son attaquant avant de s’écrouler au sol.

Selon Beilin, Abbas a paru « visiblement furieux au sujet de cet attentat » et a évoqué son opposition à la violence de son propre gré au commencement de la réunion avec les anciens députés israéliens.

« Il a expliqué qu’il était contre la violence et que tandis qu’il soutient l’opposition aux politiques israéliennes, il ne soutient qu’une opposition pacifique et non-violente », a déclaré Beilin au Times of Israel dans la soirée de dimanche.

« Il a dit que tout le monde perd au jeu de la violence », a-t-il ajouté.

Les soldats et les secours israéliens sur les lieux d’un attentat meurtrier au couteau à proximité du carrefour de Gush Etzion en Cisjordanie, le 16 septembre 2018 (Crédit :Gershon Elinson/Flash90)

Le site d’information officiel de l’AP, Wafa, a également fait savoir qu’Abbas avait expliqué à ses invités israéliens qu’il soutenait la non-violence.

« Le président de l’état de la Palestine Mahmoud Abbas a affirmé l’engagement des Palestiniens à réaliser la paix et leur engagement envers la résistance pacifique et populaire parce que les meurtres, les constructions d’implantations, la destruction et le déracinement des individus ne permettront pas la paix et la sécurité pour les parties prenantes dans la région », a établi le communiqué de Wafa.

Toutefois, Wafa n’a pas spécifiquement indiqué que les propos d’Abbas concernant la résistance « populaire et pacifique » avaient été tenus en réponse à l’attaque au couteau.

Ari Fuld, poignardé à mort par un terroriste palestinien aux abords d’un centre commercial de Cisjordanie, le 16 septembre 2018 (Crédit : Facebook)

L’attaquant a été identifié comme étant Khalil Jabarin, 17 ans, originaire de Yatta, un village situé au sud de Hébron. Il a été modérément blessé par balles et pris en charge dans un hôpital israélien.

Yossi Beilin à la Conférence sur la démocratie d’Israël à Tel Aviv, le 17 février 2015. (Crédit : Amir Levy/Flash90)

Contrairement au président de l’AP, le haut-responsable du Hamas Husam Badran a salué l’attentat au couteau qu’il a qualifié « d’héroïque ».

« Notre peuple palestinien aujourd’hui a appris la nouvelle de l’attaque héroïque que le révolutionnaire Khalil Jabarin a mené dans l’implantation de ‘Gush Etsion’, dans le sud de Jérusalem », a expliqué Badran dans un communiqué.

Le Jihad islamique a lui aussi fait l’éloge de l’attentat dans une déclaration, le décrivant de « réponse naturelle à l’agression et aux crimes commis par le terrorisme sioniste au détriment des Palestiniens, de leurs terres et de leurs lieux saints », selon Palestine Today, une publication liée à l’organisation.

Abbas avait expliqué à des militants pacifistes israéliens, il y a deux semaines à Ramallah, qu’il soutenait la sécurité israélienne, soulignant que les forces de sécurité palestiniennes et israéliennes travaillent ensemble « au quotidien » et que lui et sa population « font tout pour qu’aucun préjudice ne soit porté à Israël », avait annoncé La paix maintenant, dont le directeur avait assisté à la rencontre avec le président de l’AP.

Israël et l’Autorité palestinienne maintiennent une coopération sécuritaire en Cisjordanie.

Un haut-responsable de l’AP basé dans le sud de la Cisjordanie a indiqué que le père de Jabarin avait averti les forces de sécurité palestiniennes que son fils était porté-disparu dans la matinée de dimanche, après qu’il s’est disputé avec l’adolescent qui ne voulait pas aller à l’école, mais que l’information n’avait pas été transmise aux autorités israéliennes.

« Tout ce que nous savions, c’est que l’enfant s’était enfui. Et nous n’en avons donc pas informé le côté israélien », a déclaré le responsable palestinien. « Nous ignorions qu’il se préparait à commettre une attaque au couteau ».

Khalil Jabarin, 17 ans, qui a mortellement poignardé l’Israélien Ari Fuld dans un attentat terroriste commis le 16 septembre 2018 (Capture d’écran /Twitter)

La mère de Jabarin s’est toutefois rendue au check-point avoisinant de Meitar, dans le sud de la Cisjordanie et a dit aux soldats, approximativement au moment où l’attentat avait lieu, que son fils programmait une attaque, selon l’armée israélienne.

Elle n’a pas fourni de détails spécifiques sur l’endroit où le moment où Jabarin serait susceptible de commettre un attentat, ont ajouté les militaires.

Les forces de sécurité israéliennes prévoient d’arrêter les membres de la famille du terroriste afin d’enquêter de manière plus approfondie sur les informations qu’ils pouvaient avoir sur ses plans avant qu’il ne commette l’attaque, ont-ils continué.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...